Des casernes et des chalets pour les demandeurs d’asile

C ongé sacrifié mais c’était nécessaire »  : c’est par ce tweet que le secrétaire d’État à l’Asile, Theo Francken (N-VA), a clôturé le Conseil des ministres qui s’est tenu ce jeudi, en grande partie par voie électronique, le principal intéressé étant en vacances.

Concrètement, ça donne quoi ? 2.756 places supplémentaires seront créées pour accueillir les demandeurs d’asile arrivant en Belgique. Plusieurs casernes seront utilisées en ce sens : Saint-Jean à Tournai (de 450 à 790 places), Saint-Laurent à Liège (100 places), le quartier Asiat à Vilvorde (124 places), le quartier de Houthalen-Helchteren (600 places), le quartier Westakkers de Saint-Nicolas/Beveren-Waas (250 places).

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Le centre Fedasil de Florennes sera étendu et celui de Woluwe-Saint-Pierre va rouvrir. Le centre de Holsbeek, géré par la Rode Kruis, va lui aussi rouvrir ses portes. De plus, tant le Samu social que la Croix-Rouge vont étendre leur réseau d’accueil.

Un budget de 15 millions d’euros a été approuvé par le Conseil des ministres afin de permettre la création de ces places d’accueil supplémentaires. «  Pour cela, on fait appel aux réserves de Fedasil, l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, prévues spécialement pour ce genre de situation de crise. Aucun budget supplémentaire n’a été demandé au gouvernement » , a-t-il été précisé.

Theo Francken a annoncé que certaines places seraient opérationnelles dans deux semaines. Mais il est difficile de donner plus de détails à ce stade. « J’ai rendez-vous avec les directeurs de centres vendredi, explique Billy Jüngling, directeur du département accueil des demandeurs d’asile à la Croix-Rouge. Nous allons rouvrir notre centre de Beho, qui peut accueillir 70 personnes. Pour le reste, nous allons nous débrouiller en répartissant les personnes dans les centres existants. Nous allons mettre en place des structures comme des blocs modulables et des chalets dans les centres les plus étendus. » Les chalets, qu’on pourra aisément installer, enlever et réinstaller plus tard, permettent de loger six personnes, mais on pourrait grimper jusqu’à huit. « Ça devrait se faire rapidement, on avait prévu un mois et demi, vraisemblablement on s’organisera en un mois maximum. »

À Tournai et à Liège, les casernes seront gérées par la Croix-Rouge. Dans la première ville, qui aura la plus grande capacité d’accueil, Billy Jüngling estime qu’une équipe de 35 à 40 personnes sera nécessaire. Des personnes devraient être engagées sous contrat à durée déterminée de trois mois.

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Du côté du Samu social, où un budget pour 300 places a été débloqué par le fédéral, les places semblent bien plus lointaines. « Nous n’avons rien de concret à ce stade, explique Christophe Thielens, porte-parole. Cent places ont déjà été ajoutées à la capacité de 150 personnes de notre centre d’Ixelles. Nous nous sommes engagés à faire des recherches pour débloquer de nouvelles places, mais nous savons, par notre expérience avec le plan hiver, que la recherche de bâtiment est compliquée. » Pas question donc, de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Le Samu social manifeste d’ailleurs son inquiétude, à l’approche de l’hiver.

Pour que ce plan d’attaque soit efficace, la collaboration avec les autorités locales sera essentielle. Theo Francken a assuré avoir pris contact avec tous les bourgmestres concernés : jeudi soir, les réactions étaient contrastées, notamment en ce qui concerne la ville de Tournai.

Il était urgent de prendre des mesures supplémentaires. Ces deux dernières semaines, le réseau d’accueil était occupé à hauteur de 91 % au niveau général, et de 98 % dans le collectif. 2.960 demandes d’asile ont été enregistrées en juillet. « C’est bien loin au-dessus de la moyenne mensuelle durant la crise d’asile de 2011 qui était de 2.123 demandes », a précisé le secrétaire d’État, ajoutant qu’il souhaitait éviter un scénario similaire. Lundi dernier, cinquante personnes n’ont pas pu s’enregistrer à l’Office des étrangers et ont donc dû passer la nuit dehors.

Point final ? C’est suffisant… dans un premier temps, juge-t-on dans le secteur associatif. Et dans un second ? « Il faudrait réfléchir à des alternatives. » Mais en tout cas, « on ne peut pas dire que c’est négligé, tout est organisé et pris en charge », souffle-t-on.

Encore une fois, la majorité suédoise s’est montrée solidaire sur le dossier de l’immigration. Hier soir, Theo Francken s’est montré ravi de la collaboration avec les autres ministres de la suédoise : Steven Vandeput, de la Défense et Jan Jambon, de l’Intérieur, côté N-VA, et Hervé Jamar pour le Budget et « surtout », dit-il, le Premier Charles Michel, côté MR.