Demotte refuse avec fracas le «plan Francken» à Tournai

N on au plan de Théo Francken et du Gouvernement fédéral ». Voilà comment Rudy Demotte a entamé son communiqué de presse qu’il a envoyé depuis son lieu de villégiature. La réaction du ministre-président et surtout bourgmestre en titre de Tournai était attendue d’autant que le bourgmestre faisant fonction, Paul-Olivier Delannois ne s’était pas fait prier pour dire tout le mal qu’il pensait de l’arrivée à Tournai des réfugiés politiques. « J’ai appris avec consternation que le secrétaire d’État Franken voulait concentrer sur Tournai entre 400 et 700 candidats réfugiés politiques ce qui revient à ghettoïser des poches entières de populations au statut précaire, explique Demotte. En tant que socialiste, je ne peux l’accepter. Je l’accepte d’autant moins que Tournai ne connaît pas des indices socio-économiques très favorables. Son CPAS doit déjà faire face à une précarisation importante. »

Comme Delannois, Rudy Demotte estime que la répartition des migrants doit être plus équitable entre les communes. « Quand j’étais membre du gouvernement fédéral, j’ai toujours plaidé – en tant que progressiste – pour un accueil de qualité pour les réfugiés en détresse, ce qui suppose une vision et une stratégie claires pour leur intégration. J’ai défendu alors une logique de partage de l’accueil, basée sur un équilibre géographique et socio-économique. Ainsi, je trouverais équitable que les communes plus riches fassent un effort plus conséquent. Je ne vois a priori aucune stratégie inspirée de ces valeurs dans le plan du Secrétaire d’Etat Franken. »

« Volonté de mettre à mal notre cité »

Demotte ne mâche pas ses mots et soupçonne même une stratégie politique derrière la décision. «  Qu’on ne vienne pas me dire que cette situation est liée à l’inoccupation de la caserne Saint-Jean : la Ville de Tournai a manifesté son intérêt pour ces bâtiments depuis longtemps. Sans aucune réponse du Fédéral, propriétaire. Était-ce déjà un agenda caché ?, s’interroge-t-il avant d’enchaîner : « D’après des sources militaires, la caserne n’a pas les capacités de logement pour héberger dignement autant de personnes ou alors les militaires, suivant des cours ou des formations à l’école de logistique, ne pourraient plus y résider avec, pour conséquence, la fermeture de la logistique à Tournai. Est-ce une volonté ? » Le bourgmestre conclut en dénonçant le manque de moyens octroyés par le Fédéral et enfonce le clou : « Je veux que Tournai soit une ville d’accueil pour la détresse dans la limite de ses moyens. Je vois dans l’attitude du gouvernement fédéral (MR et consorts) un calcul politique et peut être même une volonté implicite de mettre à mal la vie de notre cité. »