Syriza déchiré avant le vote du plan d’aide au Parlement

Syriza, le parti du Premier ministre grec Alexis Tsipras, était au bord de l’éclatement jeudi soir à quelques heures du vote crucial par le Parlement du troisième plan d’aide au pays, auquel une partie des députés de Syriza sont opposés.

Zoé Konstantopoulou, la présidente du Parlement, a critiqué le ministre des Finances Euclide Tsakalotos, tandis que l’ancien ministre de l’Energie Panagiotis Lafazanis appelait à la création d’un mouvement national anti-austérité, s’attirant les foudres du gouvernement.

« La décision de Panagiotis Lafazanis d’annoncer aujourd’hui (...) l’esquisse d’une nouvelle entité politique, concrétise sa décision très prévisible d’écarter son chemin de celui du gouvernement et de Syriza, avant même le congrès extraordinaire du parti » prévu en septembre, a réagi une source gouvernementale.

Cette source a poursuivi sur le mode ironique: « Nous devons rappeler qu’un retour à la drachme, présenté comme un objectif central [par l’ex-ministre] est peut être une position adoptée par [le ministre allemand des Finances] Wolfgang Schäuble, mais n’a jamais été un engagement électoral de Syriza ».

De son côté, Mme Konstantopoulou a attaqué M. Tsakalotos, l’accusant de vouloir donner « le sceau du Parlement à Schäuble, Dijsselbloem (président de l’Eurogroupe) et (Angela) Merkel », la chancelière allemande.

Le Parlement grec doit entériner l’accord pour une nouvelle aide de 85 milliards d’euros sur trois ans à la Grèce, avant un Eurogroupe (réunion des ministres des Finances de la zone euro) prévu vendredi à Bruxelles.

Si le soutien des députés de la coalition tombait en-dessous de 120 au cours du vote à venir, M. Tsipras aurait automatiquement à convoquer des élections législatives anticipées. Il a paru récemment y songer de toute façon.