Une rappeuse indienne dénonce la pollution causée par Unilever

Ville de montagne, située dans le sud de l’Inde, Kodaikanal est une importante station touristique. Sa situation en fait un lieu idéal de vacances pour échapper à la chaleur estivale.

Contamination au Mercure

En 1983, Pond’s, une entreprise de cosmétique, installe une usine de fabrication de thermomètres au mercure à Kokaikanal. En 1997, cette entreprise est rachetée par Hinustan Lever, une filiale d’Unilever.

En 2001, les habitants découvrent une décharge. Les déchets contenant du mercure étaient revendus à de simples recycleurs locaux, sans tenir compte des règles environnementales. Cette pollution est alors dénoncée par Greenpeace qui se joint aux habitants et aux travailleurs de l’usine. Celle-ci ne tarde pas à fermer.

Comme le témoigne un ouvrier dans la vidéo ci-dessous, les conditions de travail ne tenaient aucun compte de la santé et de la sécurité des travailleurs. Non avertis des dangers du mercure, ils travaillaient sans les protections qui s’imposent et n’avaient rien pour se laver. Ils transportaient, à leur insu, du mercure partout où ils se rendaient, contaminant ainsi leurs foyers.

Le mercure a également contaminé la région. D’après Greenpeace, une étude menée par le ministère de l’énergie atomique a confirmé que le lac de Kodaikanal était contaminé. Des échantillons prélevés sur la mousse des arbres, les lichens, les poissons… démontraient des taux élevés de mercure.

Hindustan Lever minimise les faits

Face à ces accusations, Hindustan Lever a organisé un contrôle médical des travailleurs en mars 2001. La multinationale a conclu qu’aucun travailleur de l’usine ne souffrait d’une maladie pouvant être attribuée à l’exposition au mercure. D’après Greenpeace, l’entreprise a voulu éviter de payer des indemnités aux anciens travailleurs et à leurs familles.

Depuis, quarante-cinq travailleurs sont décédés, les survivants souffrent d’empoisonnement et plusieurs enfants sont également contaminés.

Face à la pression, Unilever a pris de mesures pour nettoyer son ancien site, mais « trop peu et trop tard » pour Greenpeace.

Un rap pour faire prendre conscience

Sofia Ashraf, une jeune indienne, rappeuse et militante dénonce les agissements d’Unilever dans un clip. « Kodaikanal Won’t » mis en ligne sur Youtube le 30 juillet, a été vu presque trois millions de fois.

Une pétition diffusée par l’ONG indienne Jhatkaa et liée au clip a déjà récolté plus de 80.000 signatures.

Suite à cette pression, Paul Polman, PDG d’Unilever a réagi via un communiqué et sur Twitter : « Nous travaillons activement pour trouver une solution à ’Kodai’ et nous sommes déjà déterminés à résoudre ce problème. Nous avons besoin des autres et de faits, pas de fausses émotions »

Même si Unilever propose de prendre la question au sérieux, la multinationale n’est toujours pas convaincue de la relation entre la pollution au mercure et les dégâts sur la santé des anciens travailleurs ainsi que sur l’environnement de kodaikanal.