Enzo Zidane sur les traces de son père au Real

A Madrid, un Zidane peut en cacher un autre et pas qu’un seul. Zinédine Zidane, l’ex-star du Real Madrid et de l’équipe de France dans les années 2000, reconverti entraîneur de l’équipe réserve du club merengue depuis l’an dernier, a confié le brassard de capitaine de la seconde formation madrilène à son fils Enzo, récemment promu au sein de l’effectif. Le fils aîné des Zidane, âgé de 20 ans, a disputé trois des quatre premiers matchs amicaux de pré-saison dans la peau du leader moral sur le terrain du Castilla, le nom donné à l’équipe réserve qui évolue en troisième division espagnole.

La décision technique de l’ancien champion du monde avec les Bleus en 1998 surprend de nombreux observateurs en Espagne, étant donné qu’Enzo militait il y a encore quelques mois dans les rangs inférieurs, le Real Madrid C, c’est-à-dire la troisième équipe. Elle confirme depuis une autre perspective une ascension rapide du joueur sous la houlette de son paternel, lui qui occupe le poste de meneur de jeu comme son géniteur. La saison dernière, Zinédine a en effet fait jouer à huit reprises son grand garçon avec l’équipe réserve, ce qui l’a sans doute aidé à franchir une nouvelle étape lors de l’intersaison.

Cette promotion inattendue s’explique en grande partie par le départ simultané de trois des joueurs cadres de l’équipe du Castilla de l’an dernier, selon des éléments rapportés hier par la presse espagnole, ainsi que par la fermeture temporaire du Real Madrid C, ce qui a précipité l’arrivée d’Enzo dans la catégorie supérieure entraînée par son père. Une partie des médias espagnols s’interroge néanmoins sur un possible excès de favoritisme de la part de Zizou pour son fils aîné, allégation que l’ex-Ballon d’Or rejette en bloc. «Je suis plus sévère avec lui qu’avec les autres», a-t-il affirmé en juin dernier au magazine So Foot. «C’est injuste, mais c’est comme ça, je n’arrive pas à m’en empêcher. J’aurais pu plus le faire jouer cette saison, mais j’ai été dur avec lui», dit-il.

La trajectoire ascendante d’Enzo a décollé en septembre 2011 lorsque José Mourinho, alors entraîneur des merengues, décida de l’incorporer à l’équipe première, aux côtés de Cristiano Ronaldo, Özil et Pepe, lors d’une session d’entraînement à Valdebebas, le centre technique du club madrilène. Enzo venait alors de fêter ses 16 ans, ce qui n’avait pas manqué de faire réagir sur la précocité d’une telle intégration. A titre de comparaison, la nouvelle pépite du football norvégien Martin Odegaard, acheté l’hiver dernier pour quatre millions d’euros, est l’un des seuls footballeurs à avoir rivalisé avec lui depuis en termes de précocité.

Le fils aîné des Zidane s’est vu confronter à de nouvelles critiques quelques années plus tard lorsqu’il accepta en février 2014 une convocation de la part de Francis Smerecki, l’entraîneur des moins de 19 ans avec l’équipe de France, afin de disputer un stage à Clairefontaine. Enzo, à l’image de ses trois autres frères, Luca, Théo et Elyaz, possède en effet la double nationalité espagnole et pouvait prétendre à intégrer à l’avenir la sélection de Vicente Del Bosque.

Cette saison Enzo aura pour mission de faire monter le Castilla en deuxième division espagnole, objectif pour lequel a échoué son père la saison dernière, terminant à la sixième place du classement. La pression sera donc sur les épaules de Zizou, qui a mis fin à la polémique entourant ses capacités à entraîner en recevant son diplôme en mai dernier, mais aussi sur celles de son fils aîné, qui étrennera probablement le chemin que devraient emprunter à l’avenir ses frères cadets, Luca (17 ans), Théo (13 ans) et Elyaz (9 ans), eux qui évoluent également dans les rangs de différentes équipes de jeunes du Real Madrid.