Au Standard, Muslin livre le même combat que Jans

Le premier février dernier, le Standard s’imposait 2-3 au Lierse. Depuis, le néant. Neuf matchs à l’extérieur et six mois plus tard, le club principautaire est toujours à la recherche d’un succès loin de Sclessin. Même une visite chez la modeste lanterne rouge mouscronnoise n’a pas été de nature à relancer la mécanique liégeoise en termes d’efficacité et loin de ses bases. Après quatre victoires consécutives toutes compétitions confondues, le Standard a donc loupé l’occasion d’en ajouter une cinquième. Tout simplement parce que ce qu’il a proposé, samedi soir, là où la saison dernière il avait pris un cinglant 5-2, n’a pas répondu à l’attente. « On s’est fait rentrer dedans par une équipe qui n’avait pas encore pris un point, pestait Anthony Knockaert, auteur de son deuxième but de la saison. Nous n’avons pas joué notre jeu. »

Et le jeu du Standard s’appuie sur un 4-3-3 qui défraye déjà la chronique car c’est un système qui a rarement fonctionné au Standard où l’on a toujours privilégié deux attaquants. D’ailleurs, le dernier à s’être obstiné à évoluer de la sorte a été viré avec ses idées. C’était Ron Jans. Et, pour le moment, Muslin ne semble pas enclin non plus à faire marche arrière. « Je sais que la presse va parler toute l’année de ce 4-3-3. Mais si je passe au 4-4-2, elle va m’interroger sur un retour au 4-3-3 au premier faux pas. A Sclessin, on parvient à mettre la pression en évoluant de la sorte. Ce n’était pas le cas à Mouscron. Mais ce n’est pas le système qui était en question, mais bien le niveau de jeu. Qui plus est, nous avons marqué le but en 4-3-3. Et quand nous sommes passés à deux attaquants dans la dernière demi-heure, nous n’avons pas trouvé le chemin des filets. Et si nous avons malgré tout eu plus d’occasions à ce moment-là, c’est aussi parce qu’on mettait tout devant. Cela dit, si le Standard s’était imposé, personne n’aurait évoqué le sujet. »

Cette défense de ses choix est évidemment légitime dans le chef du coach serbe. Il n’empêche, quand on écoute ses joueurs, on n’entend pas une adhésion totale tant eux aussi regrettent l’isolement de Santini.

« On doit trouver des automatismes car Ivan est tout seul en pointe », analysait Knockaert. « Je ne veux pas parler du système, mais, quand je suis monté au jeu, on s’est naturellement trouvé, et rapidement, avec Santini », plaidait Yattara.

Le débat est lancé. Il risque de ne pas s’éteindre rapidement. A moins que Muslin ne parvienne a résoudre deux problèmes. D’abord, trouver des ailiers capables de donner de bons centres à un Santini de plus en plus perdu dans le grand rectangle. Ensuite, en trouvant une solution pour que les médians offensifs parviennent à apporter leur soutien à l’homme de pointe. Or, Trebel et de Sart ne s’infiltrent pas encore suffisamment au point d’aider l’attaquant. D’ailleurs, est-ce un hasard si le seul but liégeois est venu quand deux joueurs étaient enfin dans la surface de réparation ?

En observateur privilégié, Laurent Ciman prône néanmoins la patience.

« Le Standard est dans une phase de transition, d’adaptation avec un nouveau système, un nouveau coach et de nouveaux joueurs. On voit clairement qu’il y a encore un manque d’automatismes. Néanmoins, on a vu de belles choses. Il faut juste que les supporters soient patients. Si le Standard avait terminé ses actions, il rentrait à Sclessin avec les trois points. Ce renouveau demande du temps, même si le club n’en a peut-être pas beaucoup. »

En attendant, une qualification pour la phase des poules de l’Europa League ferait le plus grand bien. Et la première manche se déroulera, jeudi, à Molde…

Boumédiene : « Un rêve de gosse qui s’est concrétisé »

A entendre son accent chantant, cela ne fait aucun doute : Yahya Boumédiene a grandi du côté de Liège. Et plus précisément à portée de coup franc de Sclessin, où il allait régulièrement supporter le Standard étant gamin. Il y a quelques années, il fut même invité à y passer un test mais cette possibilité lui fut, à l’époque, refusée parce qu’il évoluait au FC Liège. Samedi, ce médian percutant, qui arpente le flanc gauche sans relâche a fêté sa première titularisation en D1 face à l’équipe qui le faisait rêver.

Après avoir joué une petite demi-heure à Charleroi puis la seconde période à Malines, la semaine passée, il a enfin reçu sa chance initialement, devant céder sa place pour les sept dernières minutes à Aksentijevic. « Je me suis bien donné pendant tout le match, mais, à la fin, j’étais cuit et cela ne servait à rien de forcer, expliquait-il, heureux. Pour moi, affronter le Standard, c’est un rêve de gosse qui s’est concrétisé. J’ai grandi à 300 mètres du stade, j’y suis régulièrement allé en tant que spectateur et je me suis lié d’amitié avec Mehdi Carcela. Il ne m’a pas encore envoyé de message mais il le fera, j’en suis sûr, parce qu’il suit ma carrière de près. Le Standard, c’est un grand club, l’un des plus grands de Belgique. Le fait d’avoir pu les accrocher, c’est génial. D’autant que je suis convaincu qu’on n’a rien volé à personne et qu’avec un peu de réalisme en fin de match, on aurait même pu gagner. »

Arrivé très tôt au Canonnier, alors que le club n’avait pas encore été repris par Pini Zahavi, Yahya Boumédiene essaie de se faire une place au soleil dans cette véritable Tour de Babel qui s’y crée. Fort d’une dernière saison tonitruante à Seraing, en D2, il doit encore apprendre beaucoup de choses, s’adapter au rythme de la D1 et à son nouvel environnement.

« Il ne faut pas oublier que j’évoluais encore quelques échelons plus bas voici cinq ans. Tout va vite, très vite, mais je travaille énormément. Pour le RMP, c’est pareil. On est une équipe en construction, et on sent, semaine après semaine, que nous sommes sur la bonne voie. J’espère que ce point arraché au Standard va définitivement nous lancer. »

Vincent Joséphy

Ciman : « En MLS, je suis respecté par les attaquants »

Parti cet hiver du Standard pour rejoindre l’Impact Montréal, Laurent Ciman a déjà tout connu au Canada. Il a disputé la finale de la Ligue des champions, marqué des buts, connu les affres d’une exclusion et même porté le brassard de capitaine. Tout cela avant de revenir cette semaine en Belgique où il a assisté au partage du Standard à Mouscron. Si le match contre Ostende n’avait pas été décalé à dimanche, il aurait également été présent à Sclessin le week-end prochain.

« J’ai profité d’une semaine de repos pour revenir en Belgique, explique l’ancien défenseur des Liégeois. Tout se passe bien pour moi sportivement et aussi sur le plan familial où tout est rentré dans l’ordre. Les propos de mon épouse avaient été déformés. Nous n’avons jamais dit qu’on voulait passer devant qui que ce soit dans les listes d’attente pour aider ma fille. On doit les respecter. Mais, dans le contrat, il est évoqué des soins privés et l’Impact a finalement réglé le problème. »

Sportivement, Ciman est déjà devenu une valeur sûre en MLS.

« Je ne suis pas une star. Mais, quand j’ai été au All Star Games, on m’a dit que j’étais respecté par les attaquants. Et quand ce sont des stars comme David Villa ou Kaka qui vous le disent, c’est appréciable. Disons que je fais mon petit bonhomme de chemin dans un championnat qui ne demande qu’à grandir. C’est beaucoup plus physique qu’en Belgique avec des défenseurs qui font le double de moi en poids et en hauteur. Il a fallu que je m’adapte car cela joue beaucoup plus avec les mains, un peu comme en Premier League. J’ai marqué des buts et j’espère que cela va continuer de la sorte. Néanmoins, Drogba arrive et ce sera plus son rôle que le mien pour résoudre nos problèmes de finition. »

Finalement, il ne lui reste plus qu’à savoir s’il fait encore partie des projets de Marc Wilmots.

« J’espère continuer à faire partie de cette équipe. Je serais déçu de ne pas être repris pour les prochains matchs même si je sais bien qu’un jour ou l’autre cela va s’arrêter car j’ai 30 ans et qu’il y a des jeunes qui poussent derrière. »