Une enquête révèle l’enfer des salariés d’Amazon

Les techniques de management pousseraient chaque employé au-delà de ses limites.

Temps de lecture: 3 min

Les nouvelles recrues d’Amazon débutent avec toutes les cartes en main. Elles sont au nombre de quatorze et schématisent les principes fondamentaux de l’entreprise. Un jeu indispensable pour oublier les « mauvaises habitudes » de travail apprises ailleurs, explique The New York Times.

Marche ou crève

Publiée le 15 août, l’enquête du quotidien sur les conditions de travail dans l’entreprise américaine a fait grand bruit. Plutôt que de miser sur l’ancienneté ou l’émulation positive, Amazon opte pour un « turn over » sans pitié. Marche ou crève. C’est le défi qui attendent les petits nouveaux lorsque, chaque lundi matin, ils font la file pour un entretien d’orientation censé les mettre sur les rails des bonnes pratiques.

Un bon « Amazonian » est unique. Et pour ce faire, mieux vaut s’assurer que les autres n’y parviennent pas, révèlent les journalistes. Outre la norme qui veut que tout mail obtienne réponse, même au milieu de la nuit (si tel n’est pas le cas, un SMS suivra pour vous faire sortir du silence), enfoncer ses collègues est presque un devoir. Amazon a développé pour ses employés un système permettant de secrètement dénoncer tout erreur ou manque d’investissement de son voisin, explique le New York Times. Qui précise, entre parenthèses, que pour donner un coup de pouce aux potentiels délateurs, l’outil offre des exemples de textes. « Je suis soucieux de son manque de flexibilité et de sa réticence face à de simples tâches » n’est qu’un exemple.

« Parmi toutes ses convictions managériales, la plus spécifique est peut-être son idée selon laquelle l’harmonie au sein du lieu de travail est surévaluée », écrivent les journalistes à propos de Jeff Bezos. La règle nº13 édictée par le fondateur et dirigeant d’Amazon le prouve : « Montrez votre désaccord et votre dévouement ». Un commandement qui encourage les cols blancs à toujours démonter les idées de leurs collègues pour ensuite s’aligner sur la décision finale.

« J’ai vu pleurer chaque employé »

« J’ai vu pleurer à son bureau presque chaque personne avec qui j’ai travaillé », confie Bo Olson, un ancien employé. Il fait partie de la centaine de travailleurs passés par Amazon auxquelles les enquêteurs ont pu parler. Car si Amazon fait partie du vocabulaire de chaque Américain, la vie au sein de l’entreprise est quant à elle tenue secrète grâce à un accord de confidentialité à long terme signé par chaque employé. Seuls certains d’entre eux ont été officiellement autorisés à parler, parmi lesquels des employés toujours en poste.

A l’enquête du New York Times, qui qualifie le management d’Amazon de « darwinisme volontaire », décrivant par là une entreprise qui élimine sans scrupule ses employés malades ou en difficulté pour ne garder que la crème de la crème, Jeff Bezos a répondu dans une note adressée à toutes ses recrues. Le patron, dont quelques piques emblématiques avaient filtré par le passé, a encouragé ses employés à lire les propos du quotidien. « J’espère que vous n’y reconnaîtrez pas l’entreprise », a-t-il ajouté à l’adresse des « Amazoniens ».

Amazon a récemment détrôné Walmart en tant que premier détaillant du pays, avec un capital estimé à 250 milliards de dollars. Jeff Bezos est le 5ème homme le plus riche au monde.

 

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