La roue de la Concorde débarquera à Bruxelles dès septembre

La Ville lancera ensuite un appel à propositions pour l’installation d’une attraction permanente.

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Ce n’était pas la grande roue des illusions. Les Bruxellois s’en souviennent, un forain bien connu en Belgique, René Bufkens, avait eu, l’hiver dernier, l’étrange idée de racheter la grande roue de la place de la Concorde à Paris – 55 mètres de diamètre tout de même, soit bien davantage que la grande roue des « Plaisirs d’hiver » (50 mètres) ou celle de la Foire du Midi (44 mètres), en vue de l’installer de façon permanente à Bruxelles. On l’avait un peu oubliée, mais la transaction s’est bien réalisée, comme l’indiquait le Standaard mercredi. Le forain a déboursé quelque 3,5 millions d’euros pour la prestigieuse attraction, qu’il ira enlever ce week-end dans la capitale française pour la ramener dans notre pays en pièces détachées à bord de pas moins de huit camions.

Destination Bruxelles ? Minute, papillon ! Si René Bufkens a bien obtenu un accord de principe de la part des autorités de la Ville pour une installation provisoire dans la capitale de son gigantesque engin qui compte 42 cabines à six places, a priori de septembre à novembre, le lieu d’atterrissage de la « grande roue de Paris » est toujours en négociations. « Il s’agit bien d’une installation provisoire, qui durera moins de trois mois et ne nécessite donc pas de permis d’urbanisme, insiste Isabelle Gelas, cheffe de cabinet de l’échevine bruxelloise du Commerce Marion Lemesre (MR). La Ville a donc proposé à M. Bufkens, dans ces conditions, cinq lieux susceptibles d’accueillir son attraction : la place Poelaert, la place de la Monnaie, la rambla de la rue de Stalingrad, la limite du piétonnier du côté de la gare du Midi et la proximité du Canal. » Le parc du Cinquantenaire ou la place d’Espagne, envisagés dans un premier temps, ont donc été abandonnés après examen.

Une installation permanente

Si c’est la place Poelaert qui semblait avoir les faveurs du forain, le collège de la Ville de Bruxelles s’est, semble-t-il, quelque peu ravisé depuis. « La perspective vers le palais de Justice sera bouchée, alors que, par ailleurs, le point de vue sur la Ville depuis la place est déjà magnifique, observe Isabelle Gelas. L’intérêt d’une grande roue à cet endroit est donc limité. Mais la négociation n’est pas clôturée. » Et la proposition de René Bufkens, en tout cas, a donné des idées à la Ville. Dont les autorités se sont mises d’accord sur le principe, ultérieurement, d’installer de façon définitive une grande roue dans la capitale de l’Europe. Une attraction populaire de prestige comme il en existe une à Londres ou à Vienne, et qui pourrait bien se révéler intéressante sur le plan économique pour la Ville comme pour l’exploitant.

Car le forain a fait ses comptes, précise le Standaard. A 15.000 visiteurs escomptés par an au tarif de 8 euros par adulte et 4 euros par enfant, l’affaire pourrait rapporter environ un million d’euros l’an. Il n’est pas dit, toutefois, que ce sera René Bufkens qui profitera de l’aubaine. « D’ici à la fin de l’année, la Ville aura eu le temps de sélectionner un lieu, de rédiger un cahier de charges et de lancer un marché public, commente Isabelle Gelas. Ensuite, les règles d’attribution seront respectées. » C’est que plusieurs entrepreneurs de fêtes foraines ont déjà approché de façon informelle les autorités bruxelloises ces derniers temps afin de leur proposer une autre grande roue. « Et parfois des horreurs », s’amuse l’échevin de l’Urbanisme Geoffroy Coomans (MR).

Nul ne sait donc si le forain l’emportera. Mais son attraction ira agrémenter en décembre le marché de Noël de Gand, et il espère bien ensuite la faire tourner au-dessus des toits d’Anvers. Avant, peut-être de revenir dans la capitale pour très longtemps.

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