Attaque dans un Thalys: le suspect prétend qu’il voulait braquer le train

Trois Américains ont maîtrisé un homme lourdement armé qui a blessé deux personnes, lors d’une attaque terroriste vendredi soir.

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L’essentiel

► Un homme a ouvert le feu dans un Thalys entre Amsterdam et Paris, vendredi en fin d’après-midi.

► Trois personnes, dont deux soldats américains, ont pu maîtriser l’homme avant qu’il ne tire sur les passagers.

► Les militaires sont blessés : l’un souffre de coupures sur la tête, la gorge et le cou et l’autre est blessé par balle.

► L’assaillant, un homme marocain connu des services de renseignements, nie le caractère terroriste de son acte.

Un carnage a été évité vendredi dans un train Thalys reliant Amsterdam à Paris lorsque des militaires américains ont maîtrisé un homme lourdement armé qui a ouvert le feu, une attaque vraisemblablement terroriste.

Les militaires ont été blessés, l’un par balle, l’autre par arme blanche, mais leurs jours ne sont pas en danger.

Le déroulement de l’enquête

Des enquêteurs belges ont été envoyés à Paris pour épauler les services antiterroristes français chargés de l’enquête. Les faits se seraient déroulés sur le territoire français, même s’il est possible, selon le témoignage de voyageurs, que l’empoignade entre le suspect et les militaires américains ait commencé alors que le TGV se trouvait toujours en Belgique pour s’achever en territoire français.

-- Le parquet fédéral, a confirmé le substitut Eric Van der Sijpt, a ouvert une enquête sur pied « des lois antiterroristes ». Cette enquête porte sur les actes préparatoires effectués en Belgique et sur l’existence éventuelle de complicités à Bruxelles ou en Belgique. Il s’agit, notamment de reconstituer, les circonstances du départ d’Ayoub El Khazani de la gare du Midi, vendredi à 17h40, d’identifier ses moyens de paiement ou les personnes qui auraient pu l’accompagner.

-- Les caméras de surveillance de la SNCB seront sollicitées comme celles permettant de retracer son trajet jusqu’aux quais du Thalys. Les enquêteurs belges s’intéresseront aussi à l’armement (une Kalachnikov pourvue de 9 chargeurs, un pistolet et un chargeur de réserve) du suspect. Bruxelles a la réputation d’être une plaque tournante du trafic d’armes de guerre issues des anciens de l’Est.

-- Au cours de ses interrogatoires, Ayoub El Khazani, qui a dans un premier temps refusé de s’exprimer, a réfuté toute intention terroriste. Il a expliqué qu’il aurait trouvé le sac de voyage et les armes qu’il contenait « dans un parc de Bruxelles » et qu’il aurait aussitôt formé le projet de rançonner des passagers d’un train. Il aurait été en train « d’essayer les armes » lorsqu’il a été pris à partie par les passagers.

Cette version est considérée comme fantasque par les enquêteurs.

Les mesures de sécurité renforcées en Belgique

Le gouvernement belge a décidé samedi de renforcer les mesures de sécurité dans les trains et les gares du pays. Cette décision a été prise lors d’une réunion du Conseil national de sécurité qui s’est tenue samedi à l’initiative du Premier ministre Charles Michel, ont indiqué ses services dans un communiqué.

Plusieurs mesures ont été décidées et devaient être appliquées « dès ce week-end », notamment une « intensification des patrouilles mixtes franco-belges dans les Thalys au quotidien », ainsi qu’un « renforcement des patrouilles et des contrôles dans les gares internationales en collaboration avec les zones de police locale ». Les contrôles de bagages seront également renforcés.

La réunion a aussi été l’occasion de rappeler aux services de police la nécessité de faire preuve d’une « vigilance accrue envers les comportements suspects pour tous les grands événements et les grands rassemblements de personnes ».

Y participaient plusieurs ministres ainsi que des représentants du parquet fédéral, de la Sûreté de l’Etat et de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam).

La vidéo sur mobile

Les faits

Il était 17h50 quand au moins un coup de feu a été tiré dans le train à grande vitesse Thalys 9364, à hauteur de Oignies, dans le nord de la France.

Deux militaires et un étudiant américain ont neutralisé le tireur, selon une source proche de l’enquête. Le militaire blessé par balle a été héliporté à l’hôpital de Lille. La deuxième victime, blessée par un coup de cutter au niveau du coude, portant une plaie superficielle et souffrant également d’une fracture au doigt, a été hospitalisée à Arras, selon une source proche du dossier.

Attention cette vidéo peut heurter les plus sensibles.

La vidéo du suspect maîtrisé, sur votre mobile

L’acteur Jean-Hugues Anglade reproche aux membres du personnel du Thalys d’avoir abandonné les passagers. Contacté par nos soins, Thalys a défendu son personnel par l’intermédiaire de sa directrice générale, Agnès Ogier.

Le président français François Hollande recevra les personnes ayant maîtrisé le tireur du Thalys dans les prochains jours.

Qui est le suspect ?

Le suspect de l’attentat manqué était connu des services antiterroristes belges a confirmé samedi le ministre de la Justice Koen Geens qui participait samedi midi au Conseil national de Sécurité convoqué par le Premier ministre Charles Michel.

L’homme, qui a déclaré aux policiers s’appeler Ayoub El Khazzani (une identification désormais confirmée) est un Marocain de 25 ans identifié par les services de renseignement espagnols comme un islamiste fréquentant assidûment une mosquée radicale à Algésiras. Il n’était pas connu comme délinquant.

Son nom avait été communiqué à plusieurs services étrangers, dont la Belgique, après son départ d’Espagne pour la France en 2014. Il avait été identifié en mai 2015 alors qu’il prenait un vol pour Istanbul (Turquie) au départ de l’Allemagne avec l’intention soupçonnée de se rendre en Syrie y rejoindre les rangs des combattants étrangers enrôlés par Daesh.

À son retour, qui remonterait au mois de juillet, il se serait établi à Bruxelles à une adresse qui n’a pas été identifiée.

L’auteur des tirs, qui était en possession d’un fusil d’assaut kalachnikov, d’un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d’un cutter, selon une source policière, a été maîtrisé par deux militaires américains qui l’auraient entendu recharger une arme dans les toilettes.

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