Banksy, le graff derrière le masque

Le mystérieux street artist, dont l’identité fait toujours l’objet de mille folles hypothèses, vient d’ouvrir Dismaland, un parc d’attractions pas comme les autres.

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Qui est Banksy ? Mystère et boule à facettes ! Si ses œuvres brillent comme des phares dans nos consciences embrumées, l’artiste, lui, est au centre de bien des spéculations. Certains prétendent même que l’homme n’existe pas et que son nom cache un collectif. Pour d’autres, il s’agirait tout simplement d’une femme. Pourquoi pas, après tout ? On a cependant vu des images de caméras de surveillance « prouvant » qu’il s’agirait bien d’un homme. Mais la définition était de mauvaise qualité et donc, le conditionnel reste toujours de mise. L’identité supposée de Banksy serait celle de Robert Banks. Ou de Robin Gunningham. Ou peut-être pas… Il aurait pu s’agir de Paul Horner, un « serial hoaxer » qui avait réussi à rouler quelques millions de gens via les réseaux sociaux, mais l’hypothèse a été démentie. La date et le lieu de naissance de Banksy sont tout autant mystérieux. 1974 ? Peut-être. A Stoke-on-Trent ? Qui sait ? Mieux vaut avouer que personne n’en sait rien : Banksy tient à son masque comme peu d’autres de ses collègues le font encore aujourd’hui. Il demeure insaisissable. Oui, il donne parfois des interviews… mais par mail uniquement. Et ça commence toujours de la même manière : «  Je représente l’artiste Banksy et je voudrais vous parler le plus rapidement possible !  » Suit le nom et le numéro de téléphone d’un (authentique) agent d’artiste anglais. Après, patience, mais le contact se noue. Avec qui ? Heureux ceux qui font partie du cercle restreint de ceux qui savent…

« J’ai commencé à peindre dans la rue parce que c’était le seul lieu qui me permettrait d’exposer  », raconte-t-il ainsi au magazine Village Voice, dans une interview relayée par Artistik Rezo. «  Aujourd’hui, je dois continuer à peindre dans la rue pour moi-même, pour me prouver que ce n’était pas qu’un plan cynique. En plus, comme je ne suis pas obligé d’acheter des toiles, j’économise de l’argent. »

Voilà des années que Banksy joue ainsi à cache-cache avec le public et les autorités. Eh oui, rappelons-le : si ses œuvres font aujourd’hui valser les billets verts (et poussent certains à les voler en bas des murs où il les a un jour bombées), il fut un temps où le street art était étiqueté « vandalisme ». Mais ça, c’était avant. Il a d’ailleurs son propre avis sur la question : « Le succès commercial est tout simplement un signe d’échec pour un artiste de graffiti. Nous ne sommes pas censés être acceptés en ce sens. Quand on voit la façon dont la société récompense beaucoup de gens qui ne le méritent pas, il est difficile de ne pas voir la récompense financière comme un signe d’une certaine médiocrité et d’égoïsme. »

Heureusement, Banksy, ce n’est pas que de l’art (pour l’art), comme on le comprend à la vision de cet excellent film/documentaire qu’est Exit through the gift shop. Ses pochoirs, installations et même ce nouveau parc d’attractions, Dismaland, qu’il vient d’inaugurer en Angleterre, à Weston-Super-Mare, révèlent de l’activisme, de l’engagement, du questionnement social et politique né sur les murs de Bristol. Deux flics anglais s’embrassent. Un lanceur de cocktail Molotov balance… un bouquet de fleurs. Kim Phuc, la petite vietnamienne brûlée qui court entre Mickey et Ronald McDonald ou le « mur de la honte » israélien ouvert à coups de trompe-l’œil : derrière le masque, c’est ça, Banksy !

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