Mehdi Semoulin, chercheur d’images

Avant d’être derrière la caméra, Mehdi a eu la chance d’être de l’autre côté. Les fans de l’émission Belgium’s got talent le reconnaisse. Il a eu le droit à une brève démonstration de “pop & lock”, la danse funk des années 70, sous son pseudo “Funkazoïd” en 2012. Mais ça, c’était son ancienne vie. Lorsqu’il était encore danseur professionnel et qu’il donnait des cours de danse. Parfois, il allait danser dans la rue déguisé en robot pour amuser les gosses.

Il pensait faire carrière dans la danse. “J’ai compris que c’était très difficile à tenir si on n’est pas toujours au top. Je me suis dit que je devais construire un autre projet, quelque chose qui me plait pour en vivre”. Il reprend des cours d’infographie à l’école Lesite à Hornu. Il découvre le graphisme, l’animation et la vidéo. Lorsqu’il réalise un premier court métrage, c’est la révélation. “Ce film n’est pas une grande fierté, mais je me suis rendu compte que j’adorais gérer une équipe, mettre en valeur des talents, etc.” En attendant la fin de son cursus, il achète un appareil photo et commence à filmer des performances de danse.

On commence à parler de lui et de sa boite de production après le buzz de sa vidéo “Happy from Mons”. Les parodies du clip de Pharell Williams envahissent Youtube et chaque ville veut la sienne. Mehdi a envie “d’une vidéo citoyenne afin de fédérer les Montois”. Il réunit plus de 2.000 figurants pour son clip, des commerçants, des jeunes, des enfants, des basketteurs, des musiciens et personnes âgées…

La vidéo diffusée sur la Grand Place pendant la Coupe du monde de football attire l’attention de la ville. Celle-ci confie à Mehdi et à sa boite de production Magicowl, la réalisation de la vidéo “Mons Experience” pour l’ouverture de la capitale européenne de la culture. En 1 minute 43 un condensé de patrimoine montois, des belles vues du beffroi, et un aperçu du dynamisme de ses habitants. “J’avais carte blanche. Mon petit plus, c’est l’utilisation de drones pour les plans en hauteur. Maintenant, j’espère que la législation belge va changer pour pouvoir les réutiliser.”

Aujourd’hui, il ne rate aucune activité organisée en 2015 pour un film souvenir de 15 minutes à la fin de l’année, “L’Héritage”. Il ne regrette pas son changement de carrière, bien au contraire. Même s’il ne peut pas s’empêcher de descendre danser dans la rue au moins deux fois par semaine. “La danse m’a beaucoup apporté pour la réalisation de vidéo. Par exemple, je garde le sens du rythme dans l‘enchaînement des images.”

Le jeune homme de 29 ans n’est pas encore arrivé au bout de ses rêves. Ambitieux, il souhaite un jour percé dans le milieu du cinéma. Il garde le souvenir amer d’un refus à l’école de l’INSAS. D’après le jury, il n’était pas fait pour le cinéma d’auteur. “Cet échec à 19-20 ans m’a boosté pour la suite. ça me donne la pêche et me donne envie de prendre ma revanche. ”