De Wever: «Un réfugié qui reçoit une indemnité, c’est difficilement explicable»

Le président de la N-VA Bart De Wever veut l’instauration d’un statut spécial pour les réfugiés. Lors de l’émission Terzake sur la VRT, il a ainsi proposé que les réfugiés reconnus en Belgique n’aient pas immédiatement accès à tous les droits sociaux.

Un statut spécial… interdit

«  Dès que quelqu’un est reconnu comme réfugié, il reçoit une indemnité, peut demander une habitation sociale et reçoit des allocations familiales. C’est difficilement explicable aux gens qui ont contribué toute leur vie au système », a expliqué M. De Wever.« Je pense donc qu’il faut penser à un statut spécial pour les réfugiés reconnus ».

Néanmoins, l’Union européenne interdit à l’heure actuelle l’attribution d’un statut spécial. Clamer haut et fort un changement de statut ferait donc partie de sa stratégie politique de la rentrée ?

En outre, comme nous l’avons déjà pointé, le demandeur d’asile ne bénéficie pas d’une aide financière automatique. Si le demandeur d’asile obtient gain de cause – le statut de réfugié – il a droit au revenu d’intégration, il doit pour ce faire s’inscrire dans un CPAS. Et qu’il est plus judicieux d’émarger au CPAS de la commune dans laquelle on vit… Donc d’avoir déjà trouvé un logement. Le statut de réfugié ou la protection subsidiaire donne droit au revenu d’intégration sociale, soit à peu près 800 euros pour une personne isolée, 400 euros pour une personne cohabitante et un peu plus de 1.000 euros pour un/une chef de famille. Avancés par les CPAS, entièrement remboursés par le fédéral.

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« Je suis absolument pro-Schengen, mais… »

En tout cas, le nationaliste flamand préconise, pour l’instant, une meilleure répartition de l’accueil des réfugiés entre les pays européens. Il cite en exemple la République Tchèque ou le Portugal qui, eux, n’accueilleraient pas beaucoup de réfugiés sur leur territoire. «  Je suis absolument pro-Schengen, mais cela suppose que l’arrière-porte soit fermée. L’Europe doit proposer une autre approche car sinon, il est presque inévitable que les états membres surveilleront leurs frontières ».

Enfin, il prône une « politique humanitaire coordonnée et correcte pour que tout le monde puisse prendre ses responsabilités. Mais cela n’existe pas encore. Je pense que certains Etats demanderont de contrôler eux-mêmes leurs frontières… Cela inéluctable ». Sauf que, encore une fois, l’Europe interdit formellement ce genre de contrôle.

« Les gens vont commencer à attaquer les centres d’asile »

L’eurodéputée Kathleen Van Brempt (sp.a) s’est dit choquée par les déclarations de Bart De Wever. « Cela crée un climat dans lequel les gens vont commencer à attaquer les centres d’asile, comme nous l’avons vu ces derniers jours en Allemagne », a-t-elle expliqué à l’agence Belga.

« Au Parlement européen, il y a une majorité qui est en faveur d’un plan de distribution de quota obligatoire pour chaque Etat membre, en tenant compte de divers facteurs. Si De Wever souhaite un tel plan, il doit veiller à ce que la Belgique soit un pionnier au Conseil européen », conclut-elle.

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