Aylan, mort sur une plage turque: l’histoire de l’enfant derrière la photo

Ils étaient au moins une vingtaine à prendre la mer ce mercredi depuis Akyarlar, sur la péninsule de Bodrum en Turquie, direction la Grèce à bord de deux embarcations. Parmi eux, Aylan, trois ans, et sa famille. Quelques heures plus tard, le corps sans vie vêtu d’un t-shirt rouge et d’un short est retrouvé sur une plage de la péninsule par un garde-côte turc.

Les faits sont photographiés et les clichés de l’enfant syrien décédé font le tour du monde. De la presse européenne à l’ouverture des journaux télévisés américains.

Lire aussi : La photo qui rend la presse européenne unanime face à la crise migratoire

Aylan n’est pas le seul à avoir été retrouvé mort ce mercredi, son frère Galip, cinq ans, et sa mère Rihan, trente-cinq ans, ont eux aussi péri en plein exil, rapporte The Independant. Ils sont en réalité douze au moins, à ne jamais avoir atteint l’Europe, parmi lesquels trois autres enfants. La mer Egée a rapporté leurs corps et leurs effets personnels sur le sable.

Reporters / Photoshot

Aylan Kurdi et sa famille, originaire de Kobané en Syrie, tentaient coûte que coûte de rejoindre l’Europe pour se mettre à l’abri des bombes. La famille kurde, dont seul le père a survécu, fuyait depuis le début l’année. Depuis que le siège de Daesh sur la ville a enclenché une lutte armée et mortifère entre djihadistes et combattants kurdes.

« J’ai appris la nouvelle à 5h du matin », a confié Teema Kurdi au National Post. La tante des deux enfants Kurdi a reçu un appel de leur père Abdullah : « Ma femme et mes deux garçons sont morts ». Cette coiffeuse émigrée au Canada il y a vingt ans, explique au quotidien canadien que la famille faisait partie d’une procédure d’accueil privée, un programme canadien qui permet à ses citoyens de sponsoriser un réfugié pour qu’il soit accueilli dans le pays. Mais le ministère de l’Immigration avait rejeté leur demande en juin, évoquant les difficultés à accueillir des réfugiés en provenance de Turquie, raconte Teema.

La tante, qui était aussi leur sponsor, explique que comme pour nombre de Kurdes-Syriens réfugiés en Turquie, les Nations Unies ne leur reconnaissent pas le statut de réfugiés, et les autorités turques refusaient dès lors de leur fournir un visa de sortie.

Voilà pourquoi Aylan et sa famille ont pris la mer. Comme des centaines d’autres.