Une maison en Syrie = pas de logement social en Flandre

Liesbeth Homans, la ministre (N-VA) flamande du Logement, a annoncé vendredi que seule une poignée de réfugiés entreraient en ligne de compte pour l’obtention d’un logement social : ceux qui ne disposent ni d’un revenu de subsistance ni d’une habitation dans leur pays d’origine.

Pour Liesbeth Homans, les conditions d’accès à un logement social sont les mêmes pour tous. Y compris en ce qui concerne le délai d’attente. Pas question de passe-droit pour les réfugiés : « Ce serait totalement injustifiable à l’égard de tous ceux qui se sont inscrits sur une liste d’attente ». La ministre nationaliste du Logement s’en tient au règlement et n’a aucune intention de l’adapter. Que dit la réglementation flamande en la matière ? La même chose, en l’occurrence, que la ministre : le propriétaire d’une maison en Belgique ou à l’étranger ne peut revendiquer le bénéfice d’un logement social. La réglementation wallonne exclut aussi de la liste des demandeurs d’un logement social toute personne possédant « en pleine propriété, en usufruit ou en emphytéose un bien immobilier, sauf cas exceptionnel. »

Et à Bruxelles ? Là aussi, le règlement exclut les personnes détentrices d’un « logement en pleine propriété ou en usufruit, sauf s’il s’agit d’un logement non améliorable, inhabitable, et en cas de location ou d’occupation d’un logement géré ou mis en location par un opérateur immobilier, inadapté. »

Réactions indignées

Les réactions indignées n’ont pas tardé sur l’ensemble de l’échiquier politique flamand. Monica De Coninck (SP.A), ex-ministre fédérale de l’Emploi et ex-présidente du CPAS d’Anvers s’interroge sur la valeur d’une maison dans une zone de guerre ? « Liestbeth Homans pense-elle vraiment que les réfugiés vont la louer ou la conserver comme seconde résidence ? » Anne Brusseel, parlementaire VLD, rappelle à Liesbeth Homans que « ces réfugiés ne viendraient pas s’établir chez nous s’ils avaient encore la possibilité de rester chez eux. ». Pour la parlementaire CD&V Katrin Partika, les propos de Homans ne sont que « provocations inutiles ».

Pratiquement aussi, comment déterminer l’état de l’immeuble que le réfugié à laissé derrière lui, voire le localiser s’il a été soufflé par une bombe ou transformé en cratère ? Suite aux réactions révoltées à ses déclarations, Liesbeth Homans s’est résignée à les nuancer : « C’est au réfugié à déclarer sur l’honneur s’il dispose ou non d’une propriété. ».

Le parti d’extrême droite déplore la légère marche arrière de la ministre nationaliste. Le Vlaams Belang lui reproche de ne pas contrôler si cette déclaration sur l’honneur correspond bel et bien à la réalité, ajoutant que « des milliers de locataires de logements sociaux allochtones disposaient d’un immeuble à l’étranger sans le déclarer ».

Il y donc toujours moyen, pour certains, d’aller encore un peu plus loin dans l’inhumanité, dans l’absence totale de solidarité avec ceux qui, pour sauver leur peau, abandonnent leur maison, qu’elle soit en flammes, en ruines ou encore debout. Provisoirement.