Charles Michel: «Non à un statut spécial pour les réfugiés»

Charles Michel est revenu sur le plus grave et le plus important des dossiers de ces derniers temps : la crise de l’asile. Il a accordé un long entretien à nos confrères de Sudpresse, l’occasion pour le Premier ministre de mettre au clair sa position sur le sujet.

« Le réfugié n’a pas les mêmes droits et devoirs »

À la question faut-il un statut spécial pour les réfugiés, comme ce qui a été prôné par Bart de Wever et la N-VA, le Premier ministre est catégorique : « Non. On peut prendre beaucoup de décisions pour être plus efficace. Il y a déjà un statut différent en matière de droits et devoirs entre un candidat réfugié et un réfugié reconnu. Comme d’ailleurs entre ces derniers et des citoyens belges ».

Le plus important pour lui c’est de permettre l’intégration des réfugiés, notamment par le travail, et cela passe par l’apprentissage d’une des trois langues.

Au sujet du travail, des membres de la N-VA et du VLD avaient justement évoqué un service à la collectivité obligatoire en échange de l’aide aux réfugiés. Encore une fois Charles Michel garde ses distances : « Je veux davantage raisonner en termes d’encouragement que de punition ».

« L’Europe n’en fait pas assez »

Pour le Premier ministre, une chose est sûre, l’Europe n’en fait pas assez. « Il n’est pas acceptable que quelques pays européens qui bénéficient largement de la solidarité européenne pour financer leur développement refusent de faire preuve de solidarité pour aider à gérer cette crise de l’asile ».

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Ses propositions

Face à cette crise, Charles Michel évoque une de ses propositions : « la mise en place d’antennes consulaires, de centres de l’autre côté de la Méditerranée ou sur le sol européen pour examiner les dossiers puis envisager un transport en sécurité pour ceux qui sont dans les conditions. C’est un des points que je vais mettre à l’agenda du prochain sommet européen ».

Pour conclure, le Premier ministre condamne les débordements racistes sur ce dossier des migrants : « Ce n’est pas une invasion c’est un exode  », et de rappeler qui si ces personnes fuient leur pays, c’est pour fuir la guerre.