Ekifin, nouvelle plateforme crowdfunding «de proximité»

Elle sera officiellement lancée le 23 octobre à Braine-le-Comte. Ekifin.be mise sur un retour aux origines du crowdfunding – le don et le don avec contrepartie – en ciblant essentiellement des projets « collaboratifs, responsables et de proximité ».

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Géraud Strens (24 ans) estime qu’il y a encore de la place en Belgique pour une plateforme de crowdfunding avec un positionnement bien précis. Jeune diplômé en comptabilité de HELHa Mons, il est arrivé à ce constat en réalisant un travail de fin d’études sur le crowdfunding, complété par un stage chez Look&Fin, à Bruxelles. Un an plus tard, il se prépare à lancer Ekifin – référence à « équitable » mais aussi à l’aspect collaboratif de « Wikipedia » –, avec un focus clair sur des projets « responsables d’un point de vue social et écologique. » Et en reposant uniquement sur le principe du don ou du don avec compensation (« reward »), tel que l’accès à des produits en exclusivité. « Nous voulons en revenir aux origines du crowdfunding, très participatives et axées sur l’échange, » explique Géraud Strens.

Ekifin organisera un premier « live crowdfunding » le 23 octobre, présentant au minimum trois projets, essentiellement dans le secteur alimentaire (bio, commerces de proximité). La plateforme est épaulée par Groupe One, structure d’accompagnement dans l’entrepreneuriat social. Entre parenthèses, Ekifin ressemble pas mal, en termes de cible en tout cas, à OksigenCrowd, plateforme de crowdfunding lancée en mai dernier à l’intention des entreprises sociales. La plateforme wallonne Crowd’In accorde également déjà une belle place aux projets « solidaires » et aux dons.

Géraud Strens est convaincu que le principe du don ou récompense est le plus viable. « Le crowdfunding basé sur le prêt est beaucoup trop cher pour les entrepreneurs, avec des taux autour de 5 % dans les meilleurs des cas, mais dépassant souvent les 10 %. » De telles plateformes, axées uniquement sur des projets à haut niveau de risque (à la différence de banques qui étalent davantage le risque), doivent en effet bien se couvrir. « Le crowdfunding par participation au capital (« equity ») est sans doute promis à un bel avenir car beaucoup d’investisseurs recherchent la simplicité, mais à la condition que le gouvernement assouplisse les règles. Et il est surtout essentiel de revoir le business model basé actuellement sur des commissions trop élevées (ndlr : 13 % dans le cas de MyMicroInvest, par exemple). » Ekifin, annonçant à ce stade une commission de 5 %, réfléchit à de nouvelles pistes de rétribution.

Pour l’heure, Géraud Strens ne se voit pas vivre avec Ekifin, qu’il compte faire grandir modestement en étant très sélectif sur les projets et se concentrant sur le Brabant wallon et le Hainaut. Il a développé le site tout seul, à l’exception du module de paiement en ligne, confié à une société française. Il compte essentiellement sur l’aide d’amis actifs dans l’audiovisuel pour valoriser les projets sur la plate-forme. Pour gagner sa croute, le jeune entrepreneur compte plutôt sur un autre projet : l’inauguration dans quelques semaines d’une épicerie bio au centre de Braine-le-Comte. Crowdfundée sur Ekifin ? On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même…

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