C’est vous qui le dites: «Tirer au sort au Sénat? Plutôt des référendums»

Laurette Onkelinx relance une idée qui n’est pas neuve : tirer au sort des citoyens pour le Sénat. Elle souhaite ainsi transformer l’institution en une assemblée mixte. Il s’agit de renouer le lien entre la politique « traditionnelle » et les « démarches citoyennes » qui se multiplient.

C’est vous qui le dites

Sur la page Facebook du Soir, les internautes saluent l’idée de renforcer la démocratie directe mais ne sont pas toujours satisfaits de la forme. «  Le seul moyen pour les électeurs de donner leur avis, c’est le référendum », explique ainsi Dominique V. « Évidemment, on va prétendre que cela coûte cher ! Mais si l’on impose aux gens de remplir leur déclaration d’impôts par internet, pourquoi ne serait-ce pas possible d’utiliser le même moyen pour demander leur avis ? »

Serge R. dit « oui » à la proposition « mais pour quelle durée, quels pouvoirs réels ? Ces élus, ne sont plus en phase avec le peuple car leurs émoluments sont trop élevés que pour vivre comme la majorité du peuple et ressentir comme le peuple les fins de mois difficiles, les problèmes concrets que vit la population. Je préconise cette solution depuis des années car les partis ont confisqué la démocratie. La constitution des listes électorales est la plus belle des démonstrations du déni de démocratie dans les partis. »

Certains craignent le risque de dérapage « populiste » avec une telle méthode, dans une assemblée qui se doit d’être le gardien de la démocratie et du débat pour tous. Pour Patrick B., il faut s’interroger sur « l’utilité du Sénat ». Pour Jean-Marie D., il est temps de « redéfinir les missions du Sénat et imposer une présence active sous peine de radiation et d’amendes ; les citoyens pourraient par exemple déposer plainte pour absentéisme ».Jean-Pierre B. va dans le même sens : « Avant de tirer des citoyens au sort, il faudrait définir la durée de la prestation et les limites de leur fonction ! »

L’avis de l’expert

Pour Marc Verdussen, professeur de droit constitutionnel à l’UCL, « c’est loin d’être une idée farfelue ». « A titre personnel, on peut être d’accord sur le fait que l’idéal démocratique réclame une participation plus active du citoyen dans la prise de décision politique, une participation qui ne se limite pas à un vote tous les cinq ans. Mais j’ai tendance à penser que si la volonté est de passer dans une culture de la participation, il faut mener une réflexion profonde, et ne pas accumuler les petites propositions qui ne formeraient pas un ensemble cohérent. »