Deux bureaux d’accueil pour les primo-arrivants à Bruxelles

On attendait de connaître le candidat retenu par le gouvernement francophone bruxellois parmi quatre candidats pour la création d’un premier bureau d’accueil pour les primo-arrivants (bapa) dans la Région capitale. Jeudi, le gouvernement a créé la surprise en annonçant qu’il n’y aurait pas un, mais deux bureaux d’accueil qui seraient créés dans la capitale d’ici à la fin de l’année, « suite à la crise internationale ». Les deux ASBL retenues sont Via, un projet élaboré en commun par les communes de Schaerbeek et Molenbeek, et Bapa BXL, proposé par la Ville de Bruxelles et son CPAS.

Le budget initial prévu par la Cocof a donc été doublé, passant à quelque trois millions d’euros, puisque l’appel à candidatures initial prévoyait un budget annuel d’1,5 million d’euros. Il portait sur la création d’un bapa capable de prendre en charge deux mille dossiers par an. Cette capacité est donc également multipliée par deux, passant à quatre mille dossiers par an, sachant qu’à terme, la Cocof prévoit l’ouverture de six bureaux d’accueil du même type. Ce qui restera vraisemblablement en dessous des besoins réels, puisqu’en 2013, ce sont 40.000 primo-arrivants qui ont été accueillis sur le territoire bruxellois.

Le cahier de charges de ces bureaux d’accueil est l’organisation d’un parcours d’intégration en deux volets : une formation de dix heures sur les droits et devoirs des personnes qui résident en Belgique accompagnée d’un bilan personnel d’une part, et un programme d’accompagnement d’autre part, qui peut comporter une formation à la citoyenneté d’un minimum de cinquante heures ainsi que la mise en route d’autres formations orientées vers l’emploi ou l’apprentissage linguistique.

Il n’est nullement question à ce stade de rendre ce parcours d’intégration obligatoire, comme l’exigeait récemment le MR bruxellois (Le Soir du 5/9). Pour des raisons budgétaires, d’abord (il faudrait vingt bureaux d’accueil pour accueillir 40.000 primo-arrivants par an), mais aussi politiques. Le ministre-président Rudi Vervoort (PS) le rappelait dans nos pages mardi : «  Le caractère obligatoire est acté dans notre déclaration de politique générale » . Mais il ajoutait : « la Cocof ne peut pas légalement rendre ce parcours obligatoire, il faut donc effectivement une ordonnance de la Commission communautaire commune » (Cocom). Un accord de principe existe sur ce point entre la Région et la Cocom, « mais il faut encore en préciser les modalités », ajoutait Rudi Vervoort.

Pour Sarah Turine (Ecolo, Molenbeek) ou Faouzia Hariche (PS, Ville de Bruxelles), ce caractère obligatoire, de toute façon, est relativement secondaire : les primo-arrivants sont selon elles, dans leur toute grande majorité, en demande d’un tel accompagnement.

Schaerbeek et Molenbeek : « Via »

Vincent Vanhalewyn : « Une bonne décision »

« Je félicite le collège de la Cocof. C’est une bonne décision de créer deux bapas, réagit le Premier échevin schaerbeekois Vincent Vanhalewyn (Ecolo), porteur de la candidature de l’ASBL Via. Nous nous mettons au travail dès aujourd’hui pour ouvrir le plus rapidement possible. Les profils des candidatures pour les postes à pourvoir sont prêts et seront diffusés dans quelques jours. Notre bapa sera réalisé en étroite collaboration avec le monde associatif. »

Sarah Turine : « La crise donne des ailes »

« J’imagine que la crise donne des ailes au gouvernement, salue l’échevine molenbeekoise de la cohésion sociale Sarah Turine (Ecolo), dont la commune est partie prenante dans l’ASBL Via. Nous avons déjà repéré un espace pour notre bureau d’accueil, le long du boulevard Léopold II. Que le parcours d’intégration devienne obligatoire ne poserait aucun problème aux primo-arrivants. Mon scepticisme qu’il le devienne un jour est plutôt technique, par rapport aux moyens.»

Ville de Bruxelles : « Bapa BXL »

Faouzia Hariche : « Mise en place progressive »

« Je me réjouis de la création de deux bureaux, déclare Faouzia Hariche (PS), échevine de l’instruction publique de la Ville de Bruxelles, partenaire avec le CPAS du projet Bapa BXL. Elle répond à une actualité brûlante. Nous avons déjà fait tout le travail exploratoire, nous irons très vite pour la suite. Mais la mise en place de notre bureau d’accueil se fera de façon progressive. A ce stade, un parcours d’intégration obligatoire n’aurait pas de sens si nous ne pouvons pas accueillir tout le monde. »

Pascale Peraïta : « Le “vite”, ça on connaît »

La présidente du CPAS de la Ville de Bruxelles Pascale Peraïta, partenaire dans le projet Bapa BXL, est dans les starting-blocks. « Le “vite”, ça, on connaît », plaisante-t-elle. Qui souligne que ces bureaux d’accueil permettront d’accélérer l’apprentissage du français par les primo-arrivants. « De nombreuses actions sont déjà menées en alphabétisation, mais ces bureaux nous permettront d’offrir une meilleure offre de services communs. »