Crise de l’asile: la Belgique parmi les pays les plus solidaires d’Europe

Charles Michel et son secrétaire d’Etat à l’Asile, Théo Francken ont fait le point de la situation, au sortir du conseil des ministres hebdomadaire. Une situation qui évolue d’heure en heure. Vendredi, la Belgique attendait l’arrivée de 250 nouveaux réfugiés venus de Bavière. Un premier bus devait arriver dans l’après-midi. C’est le résultat d’un accord conclu lundi dernier entre Charles Michel et Angela Merkel. « Cet accord prouve à nouveau combien nous faisons preuve de solidarité à l’égard de l’Europe. Le gouvernement livre un travail gigantesque pour avoir la situation sous contrôle. Nous avons agi et nous continuerons à agir. Ce gouvernement démontre sa capacité à être proactif, à travailler vite » assène Charles Michel qui recense les différents leviers utilisés par son équipe pour s’atteler aux défis de la crise.

Le gouvernement négocie avec les autorités locales. Certaines renâclent. Le Premier pointe les difficultés rencontrées dans les concertations menées avec les autorités locales, les propriétaires d’immeubles et les opérateurs pour optimaliser le pré-accueil pour l’enregistrement des réfugiés candidats à l’asile. Charles Michel relève les problèmes pratiques de l’opération : « On ne peut pas identifier dans chaque commune des endroits qui répondent aux critères d’accueil, des infrastures adéquates pour organiser l’accueil. Il faut aussi obtenir les feux verts indispensables, ceux du propriétaire, des pompiers, des assureurs. Bien sûr nous encourageons les communes à être solidaires, à nous aider dans nos efforts. Certaines le font, d’autres pas. »

Il ouvre 8000 nouvelles places. Pour anticiper. En attendant, le gouvernement s’est accordé vendredi sur l’ouverture de 8.000 nouvelles places pour les demandeurs d’asile. Un appel d’offres public pour 5000 places sera finalisé en octobre. 3000 nouvelles places s’ouvriront dans de nouveaux centres ou de nouveaux centres existants. Théo Francken a cité Bourg Leopold (500), Lanaken (120) et Belgrade, près de Namur (400). Ses places sont ouvertes pour absorber un flux qui ne devrait pas se tarir de sitôt.

Il presse les nouveaux Etats membres à faire preuve de solidarité. Le Premier ministre a reçu, lors de sa rencontre avec Jean-Claude Juncker, la veille, les félicitations du président de la Commission européenne. » Il place la Belgique parmi les pays les plus solidaires d’Europe. » s’enorgueillit Charles Michel. Qui pointe le doigt sur les nouveaux venus dans l’Union qui ne sont pas prêts à faire preuve de la même solidarité dans la crise qui secoue le Vieux Continent. « Cela ne va pas, c’est inacceptable », tonne le chef du gouvernement.« Nous les aidons économiquement, nous finançons leurs infrastructures. La solidarité doit se faire dans les deux sens. » Le sujet sera abordé par la Belgique, lors de la réunion des ministres européens de l’Intérieur et de l’Asile fixée ce lundi.

Il rencontre le bourgmestre de Bruxelles pour améliorer le pré-accueil au parc Maximilien et au WTC 3. Charles Michel explique que le gouvernement a pris des dispositions pour organiser un pré-accueil optimal, en encourageant notamment les réfugiés à gagner la Tour du WTC 3 plutôt que de rester dans le parc Maximilien. A cet égard Théo Francken a annoncé que des douches intérieures – il n’y a que des douches extérieures actuellement – seraient installées dans le bâtiment ainsi que des casiers pour le dépôt des effets personnels. Une distribution de soupe de pain sera organisée entre 18 et 20 heures et un petit-déjeuner sera servi le matin. L’ouverture d’un pré-accueil 24 heures sur 24, réclamé par certains, est jugée difficile à mettre en place par la Croix Rouge pour des raisons d’organisation. Le secrétaire d’Etat N-VA n’a pas souhaité commenter les critiques virulentes d’Yvan Mayeur. Le bourgmestre de Bruxelles avait évoqué la politique « xénophobe et anti-bruxelloise » organisée par la N-VA depuis Anvers. « Je n’ai ni le temps ni l’envie de rentrer dans les petits jeux politiciens. » a évacué Théo Francken.

Le gouvernement n’exclut pas une intervention en Syrie. Charles Michel a martelé vendredi que « tous les moyens devaient être mobilisés, y compris militaires pour stabiliser les zones de conflits qui sont à la source des problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. » Et le chef du gouvernement a précisé qu’une concertation se déroule à l’échelon européen pour dégager une stratégie commune. Y compris militaire, donc.