Le 11h02 : «Uber fragilise notre modèle économique»

Des centaines de taxis, venus manifester à Bruxelles des quatre coins de l’Europe, dénoncent une concurrence déloyale. Notre journaliste Pierre Vassart a répondu à vos questions.

Temps de lecture: 2 min

Qu’est-ce qu’Uber ?

C’est un service de transport rémunéré de personnes, qui se fait via une application smartphone, qui permet de commander une voiture, de la suivre, d’être transporté en rémunérant le chauffeur, puis de lui attribuer une note. Uber est une société américaine valorisée à 50 milliards de dollars, dont Google est un des principaux actionnaires. Uber prélève 30% sur le prix du trajet, le solde est pour le chauffeur.

12% des Belges ont déjà utilisé ce service, 20% à Bruxelles. Qu’est-ce qui explique ce succès ?

Avant tout, le prix. Ce service est essentiellement utilisé par des jeunes, équipés de smartphones.

Les taximen parlent de concurrence déloyale ?

Ils ont une perte de clientèle. A Bruxelles, ils sont environ 66% salariés, avec des congés payés, assurance maladie, prise en charge par la société qui les emploie. Certains taxis sont au bord de la faillite. De son côté, Uber ne veut travailler qu’avec des gens qui ont le statut d’indépendant, éventuellement à titre complémentaire. Uber ne paie pas d’impôts en Belgique, pas de taxe. Uber n’est d’ailleurs pas légal en Belgique.

Le statut des chauffeurs Uber pourrait être remis en cause ?

Un juge californien a autorisé 3 chauffeurs Uber indépendants à introduire une plainte pour se faire reconnaître comme salariés. Ils estiment qu’ils travaillent comme de faux indépendants, sans salaire garanti. C’est Uber qui fixe le salaire, interdit la perception des pourboires. Si les chauffeurs ont de mauvaises notations, ils peuvent carrément être virés en ne pouvant plus avoir accès à l’application smartphone. Des milliers de chauffeurs pourraient s’unir pour être reconnus comme salariés, ce qui entraînerait l’effondrement du modèle économique d’Uber, qui serait alors contraint de payer des charges sociales et autres taxes.

Les taximen ont-ils une chance d’être entendus ?

Ils sont écoutés. Le ministre bruxellois de la Mobilité n’est pas le premier concerné par la manifestation mais il prépare un plan et a lui-même déjà porté plainte contre Uber. Il entend par ailleurs améliorer le service des taxis bruxellois. Dans l’ensemble, les pays s’observent un peu les uns les autres. Le secteur des taxis n’est pas le seul touché par ce système parallèle. Cela existe aussi dans le domaine du logement. Ces phénomènes nouveaux doivent être réglementés pour que demain, on ne puisse avoir recours à un médecin Uber, un plombier Uber, où seule la loi du prix l’emporterait, au risque qu’un jour, vous soyez vous-même touché par ce système.

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