Antarctique: l’Etat se passera d’Alain Hubert

Le gouvernement s’attache les services de deux anciens proches de l’explorateur et de la Fondation polaire internationale pour relancer la station Princesse Elisabeth.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 2 min

Comme une plateforme de glace qui se détache du continent Antarctique, la rupture entre l’Etat belge et la Fondation polaire internationale présidée par l’explorateur Alain Hubert paraît définitivement consommée. Après avoir éjecté la Fondation polaire (IPF) de l’organe de gestion de la station polaire Princesse Elisabeth, le gouvernement vient de s’adjoindre les services de deux des personnages-clés de l’entourage d’Hubert, Johan Berte et Kristof Soete, respectivement co-concepteur et chef mécanicien de la station.

Une somme de 1,6 million d’euros

Pour la somme de 1,6 million d’euros, la SPRL AntarctiQ, créée par les deux hommes à la fin du mois d’août, est chargée de reprendre le contrôle de la station, de la préparer pour la prochaine saison et d’en assurer le bon fonctionnement. Ce contrat, conclu dans « l’urgence impérieuse » selon une procédure sans publicité et limitée à un seul soumissionnaire, ne vaut que pour un an. L’année prochaine, un véritable marché public avec mise en concurrence sera lancé.

Difficile d’imaginer que l’IPF puisse en être. La secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, Elke Sleurs, considère que les actions de la Fondation devant les tribunaux ont entraîné « l’irréversibilité de la rupture décidée par la Fondation ». De son côté, Alain Hubert accuse Sleurs d’avoir trompé le gouvernement et posé des actes illégaux en prenant le contrôle du secrétariat polaire qui gère la station belge.

Les scientifiques présents fin novembre

En attendant que des tribunaux séparent les belligérants, pour le gouvernement, il fallait faire vite. La station est en mauvais état à la sortie du long hiver antarctique. Certains systèmes sont en rade. Elle manque de pièces de rechange et les réserves de carburant sont insuffisantes pour assurer les missions correctement. Les commandes de matériel devaient être faites cette semaine. Le matériel doit embarquer sur un bateau avant la fin octobre. Les premières personnes de l’équipe technique devraient partir début novembre. Pour pouvoir accueillir les scientifiques fin novembre.

Avec Berte et Soete travailleront sans doute plusieurs anciens collaborateurs d’Alain Hubert. Ils devront également convaincre les actuels sous-traitants et partenaires de la Fondation polaire de tourner le dos à Hubert. Ce dernier n’a cependant pas renoncé à lancer sa propre expédition. Il affirme (Le Soir du 18 septembre) que sa mission est prête et qu’il mettra le pied en Antarctique avant celle de la Politique scientifique.

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