Tsipras, après sa victoire: «Nous allons continuer ensemble»

L’essentiel

►Sur la quasi-totalité (90 %) des bulletins dépouillés, Syriza était crédité de 35,53 % des voix contre 28,05 % au parti de droite Nouvelle Démocratie (ND), dirigé par Vangelis Meïmarakis, soit une avance de plus de sept points.

► Les estimations donnent 145 sièges à Syriza et 10 à ANEL (contre 149 et 13 dans le Parlement sortant), soit 155 sur 300 dans le nouveau Parlement.

► Tsipras a annoncé vouloir faire une coalition avec Anel, le parti souverainiste de droite.

► Unité populaire, le parti des dissidents de Syriza, essuie un échec.

Alexis Tsipras, dirigeant de la gauche Syriza, et vainqueur des législatives dimanche en Grèce a annoncé qu’il allait s’allier de nouveau avec le parti souverainiste des Grecs Indépendants (Anel) de Panos Kammenos pour former un gouvernement de coalition.

« Nous allons unir nos forces, (…), nous allons continuer ensemble », a lancé Alexis Tsipras dans un discours devant les sympathisants du Syriza rassemblés sur une place du centre d’Athènes, avant d’être rejoint sur la tribune par M. Kammenos.

Les résultats

Sur la quasi-totalité (90 %) des bulletins dépouillés, Syriza était crédité de 35,53 % des voix contre 28,05 % au parti de droite Nouvelle Démocratie (ND), dirigé par Vangelis Meïmarakis, soit une avance de plus de sept points.

Alexis Tsipras devrait être nommé Premier ministre ce lundi alors.

Les projections donnent 145 sièges à Syriza et 10 à ANEL (contre 149 et 13 dans le Parlement sortant), soit 155 sur 300 dans le nouveau Parlement.

Par ailleurs, à la faveur de la crise des migrants, le parti néonazi Aube dorée semblait, selon les résultats partiels, conforter sa place de troisième parti du pays, avec 6,96 % et 18 députés (un supplémentaire).

En revanche, Unité populaire, qui rassemble les députés dissidents du Syriza dont le vote en août a précipité ces législatives, resterait à la porte du Parlement.

Selon les premières estimations, le taux d’abstention s’élèverait à 45 %.

Meïmarakis s’avoue vaincu

Le dirigeant de ND, Vangelis Meïmarakis, a rapidement reconnu sa défaite « Il apparaît que le Syriza et M. Tsipras sont premiers, je le félicite », a-t-il déclaré à la télévision.

« Devant nous s’ouvre la voie du travail et des luttes », a tweeté pour sa part Alexis Tsipras, avant sa réaction officielle à la télévision.

Tsipras rejette un accord avec la ND

Si Tsipras voulait encore renforcer sa majorité, il pourrait s’allier avec d’autres formations, comme le parti centriste To Potami (« la Rivière »), créé en 2014 par un ancien journaliste de télévision, Stavros Theodorakis, crédité de 10 sièges, ou le Pasok, le parti socialiste autrefois puissant, crédité de 17 sièges.

Vangelis Meïmarakis, 61 ans, parvenu à la tête de Nouvelle Démocratie il y a deux mois seulement, avait proposé « un gouvernement de coalition nationale », y compris avec Syriza.

Mais M. Tsipras, dont la fermeté semble avoir payé, avait sèchement refusé cette main tendue. Samedi, son ancien ministre des Finances Euclide Tsakalotos avait dit ne pas voir comment on pourrait faire changer la vie publique et combattre l’évasion fiscale en s’alliant à «  des partis qui ont construit leur pouvoir politique sur le clientélisme ».