Pas de tunnel à Meiser: Touring dénonce «une politique anti-voiture»

L’association dénonce un « manque absolu de vision » de la part de Région bruxelloise, qui ne pense « qu’à une partie des Bruxellois ». Entretien.

Journaliste au service Web Temps de lecture: 4 min

L’option du tunnel routier sous la place Meiser pour désengorger le trafic est désormais écartée par le gouvernement bruxellois. « Les trémies du tunnel allaient constituer une barrière physique de 600 mètres entre les deux rives du boulevard Reyers », a expliqué Rudi Vervoort (PS) dans La Libre. « Or, notre préoccupation première est l’amélioration de la qualité de vie ». Cette solution était pourtant défendue par le ministre-président bruxellois et le ministre de la Mobilité Pascal Smet depuis qu’il a été décidé de faire tomber le viaduc Reyers.

► Lire aussi : il n’y aura pas de tunnel pour les voitures sous la place Meiser

Entretien avec Danny Smagghe, porte-parole de Touring

Il n’y aura finalement pas de tunnel à Meiser, comment avez-vous accueilli cette décision ?

« Cela ne nous étonne pas. Nous constatons de plus en plus que la Région mène une politique anti-voiture. Pascal Smet affirme ne pas être anti-voiture mais ce n’est pas le cas. Toutes les mesures prises par la Région sont anti-voitures. Il n’y a jamais de sous, d’alternatives pour les voitures. C’est facile de détruire des viaducs, des routes, sans offrir d’alternatives.

C’est vraiment dommage car la construction de ce tunnel aurait pu améliorer le trafic du côté de Meiser, qui est un point noir pour la ville. C’est toujours la même chose, la Région n’investit pas dans des solutions pour éliminer les embouteillages. La politique de mobilité menée actuellement est néfaste pour la Région. Les voitures sont de plus en plus longtemps bloquées dans la ville et dans les embouteillages. »

Ils veulent rendre la place aux piétons et cyclistes, ce n’est pas une bonne chose ?

« Ils ne pensent qu’aux citoyens, pas aux navetteurs, aux touristes, aux autres qui n’ont pas d’autres moyens pour se déplacer. La Région ne met pas les alternatives en place.Ce n’est pas comme ça que travaillent les autres capitales et autres villes. Il faut d’abord créer des alternatives et puis supprimer de la place pour les voitures ».

« On restera encore longtemps la ville avec le plus d’embouteillages au monde »

Les parkings de dissuasion sont-ils une solution ?

« Cela fait des années qu’on parle de parkings de transit ou de dissuasion. Chaque ministre de la Mobilité les annonce sans jamais les créer. Pascal Smet l’a d’ailleurs fait lors de sa première législature. Supprimer des emplacements, des routes, par contre, cela se fait très rapidement. Il ne faut pas croire : les voitures vont continuer à circuler, les embouteillages seront justes de plus en plus importants. On restera encore longtemps la ville européenne avec le plus d’embouteillages au monde.

Prenons des exemples belges. Anvers et Gand ont des parkings de dissuasion énormes en périphérie, avec des transports en commun très efficaces. A Bruxelles, on parle de parking de dissuasion à Erasme mais il faut payer 15 euros par jour plus les transports en commun pour se rendre en ville. Ce n’est pas comme ça qu’on va attirer les voitures… En termes de mobilité, les politiques prennent souvent en exemple les villes étrangères, comme Madrid ou Lisbonne. C’est cynique et ironique. Ces villes ont investi des milliards pour mettre les voitures en sous-sol et pour que les transports en commun soient efficaces. »

« La Région crée des problèmes au lieu de trouver des solutions »

Quelle solution préconisez-vous ?

« Les grands axes doivent rester disponibles pour les voitures. Nous avions été consultés et nous avions préconisé la solution du tunnel. C’est aussi la solution proposée par la Commission régionale à la Mobilité. Les parkings de dissuasion sont une autre solution mais il faudrait alors des transports en commun efficaces. Cette alternative est connue depuis longtemps mais cela n’avance pas…

Quand on regarde ce qu’ils ont fait place Madou. C’est un scandale absolu. Ils créent des problèmes au lieu de trouver des solutions. Ils ne se soucient pas de la circulation. Ils ont été contre l’avis des experts de la Région.

Tout ce qu’ils font c’est supprimer des bandes de circulation. Ça, c’est facile. On veut rendre la ville aux piétons et cyclistes, c’est bien, mais il y a aussi une vie économique. Il y a un manque absolu de vision sur la mobilité. La Région ne pense qu’à une partie de Bruxellois. »

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La UneLe fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une