Voici comment mieux identifier le cholestérol familial

Un Belge sur 400 n’élimine pas le mauvais cholestérol, avec un risque d’infarctus majoré. Une association promeut le dépistage.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

L a manifestation concrète de l’hypercholestérolémie familiale ? C’est de voir un patient de 35 ans mourir d’une mort subite, parce qu’il a des artères d’un homme de 75 ans et qu’il ne le sait pas ». Deux tiers des Belges ont « trop de cholestérol ». Mais pour le professeur Olivier Descamps (hôpital de Jolimont et UCL), plus de 25.000 Belges souffrent d’avoir trop de cholestérol, une affection qui peut provoquer infarctus, AVC ou autres maladies cardiaques graves, menant au décès ou à des invalidités lourdes, mais sans aucun lien avec un excès de nourriture trop riche ou un manque d’activité physique, les causes les plus fréquentes d’excès de cholestérol.

En cause, une maladie génétique. Schématiquement, les porteurs d’une mutation sont privés d’un récepteur spécifique sur le foie, l’organe qui sert d’ordinaire à éliminer le LDL, dit « mauvais cholestérol ». C’est une maladie génétique relativement fréquente, qui touche une personne sur 400. Identifiée dans les années 80, elle reste encore trop mal connue : « La plupart des gens ne s’intéressent à leur taux de cholestérol qu’après un premier accident cardiaque », explique le professeur Descamps, qui lance aujourd’hui la première association de patients atteints de cette maladie, la Belcol (www.belcol.be). « C’est d’autant plus regrettable que les médicaments existent. Mais toutes les années perdues sont perdues à jamais pour ceux qui en sont atteints ». De manière symbolique, l’expert souligne qu’avec une valeur de 400 de cholestérol total (la population avoisine 190), un patient atteint à 35 ans les valeurs qu’un patient « normal » atteint à 70 ans passés. Un traitement tardif, par exemple à l’âge de 30 ans, ne donnera qu’une dizaine d’années de sursis au patient. Qui, pour rejoindre l’espérance de vie « standard », doit en fait être traité dès l’âge de… dix ans. « Dès l’âge de 4 ans, on peut donner un régime alimentaire adapté et dès dix ans, des statines, qui sont bien tolérées et n’entravent pas la croissance de l’enfant. En fait, plus on traite tôt, moins on doit traiter intensément, ce qui permet de limiter les effets secondaires ».

Un test génétique permet d’avoir la certitude que l’on porte la mutation de cette hypercholestérolémie familiale. Mais il n’est évidemment pas question de faire passer un tel test à tous les enfants de 10 ans. « La meilleure méthode est de s’interroger sur les antécédents familiaux. Si un homme a eu un accident cardio-vasculaire avant 50 ans, il faut savoir si d’autres personnes dans la famille sont dans le même cas. On peut alors avoir une suspicion que ses enfants risquent d’avoir la maladie. Une prise de sang permet alors d’établir si le cholestérol est en excès. Ce n’est pas très complexe, mais cela demande d’en parler avec ses proches. C’est pour cela que nous lançons une association de patients et un site internet qui explique comment réagir. Bien entendu, ce n’est pas une bonne nouvelle si on apprend qu’on est atteint, mais c’est une maladie qui peut être très valablement prise en charge, ce n’est pas une maladie pour laquelle il n’y a pas de solutions ».

 

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