Olivier Schmitz, le prochain gouverneur de la province de Luxembourg : «Je n’ai pas hésité à accepter»

Depuis trois mandatures, c’est dans la société civile que le politique choisit le nouveau gouverneur. Bernard Caprasse reste en poste jusqu’au 1er février.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Arrivé à la limite d’âge légale, le gouverneur Bernard Caprasse quittera son poste le 1er février prochain. D’ici là, il a encore pas mal de boulot sur la planche. Son successeur a promis de ne pas interférer. Son successeur ? Oui, son nom est désormais connu : Olivier Schmitz, avocat à Bastogne, habitant de Sainte-Ode.

Voilà donc un troisième gouverneur issu de la société civile, après le sudiste Jacques Planchard, puis le nordiste Bernard Caprasse. Olivier Schmitz a un parcours similaire à ce dernier. Agé de 48 ans, après 25 ans de barreau et après avoir mis un pied léger dans le monde politique, il a décidé de changer de statut.

Et quel changement ! Tous deux n’étaient également pas demandeurs : c’est le CDH qui leur a proposé ce poste.

« C’était un moment charnière dans ma carrière, avoue Olivier Schmitz. Je n’ai pas hésité quand Benoît Lutgen me l’a proposé. Le plus difficile était toutefois de mettre fin à un métier que j’adore. Mais j’ai tiré le constat qu’après avoir assuré longtemps la défense des intérêts particuliers, surtout en matière de contentieux, il était bon d’assurer celle de l’intérêt général. Il y a là une chance d’agir, d’être à côté des acteurs. »

Car le poste de gouverneur n’est pas, comme trop de gens le pensent, de revêtir un statut passif et doré dans un beau palais ! Et, comme le souligne Bernard Caprasse, « si le devenir des provinces est parfois mis à rude épreuve, ce ne sera pas le cas pour les gouverneurs. Il y a trop souvent une confusion entre la fonction de gouverneur et l’institution provinciale. La Province peut évoluer, mais le statut de gouverneur a été sanctuarisé par la dernière réforme de l’Etat, notamment pour des raisons d’ordre communautaire. Et nos fonctions sont importantes et multiformes, liées à la sécurité, puisque nous sommes en charge des plans d’urgence, de la gestion des catastrophes, de la délivrance des armes. Nous avons la tutelle des zones de police, des zones de secours en termes de légalité. Notamment. Mais il est vrai qu’en Luxembourg, la perception de cette fonction est différente qu’ailleurs ».

Olivier Schmitz a donc pris le temps de mûrir sa réflexion, cet été. Il a rencontré quelques fois Bernard Caprasse, qui a lui-même été sondé à maintes reprises par Benoît Lutgen, ce qui a permis au Bastognard de se forger une opinion sur le profil à trouver pour cette fonction. « Il était important de faire monter quelqu’un de la société civile, estime Bernard Caprasse. C’est une spécificité luxembourgeoise et le choix est intelligent. Olivier viendra avec son tempérament, sa vision des choses, et je ne serai en aucun cas sa belle-mère. Je suis entré en fonction cinq jours après ma nomination. Ici, la passation sera harmonieuse car on a du temps jusqu’au 1er février. On va se revoir régulièrement. »

Discret, et même un peu secret, Olivier Schmitz reconnaît qu’il l’a été de par la nature de son métier afin « d’être loyal dans les discussions, et de mener à bien la gestion de dossiers où la moindre petite info rendue publique aurait pu polluer son travail ». Il a notamment géré dernièrement les faillites de Belovo, Devilca, le château du Bois d’Arlon. « Mais je n’ai aucun souci à entrer dans une autre visibilité ! »

Des priorités ? L’emploi, un secteur qu’il a bien connu, et l’enseignement. Il préside le pouvoir organisateur de l’Elcab (Enseignement fondamental, secondaire et spécialisé à Bastogne, depuis 2006) et estime qu’il est important de faire un lien entre la formation et les entreprises. Autre priorité : le développement international. Il accorde donc naturellement une importance à l’apprentissage des langues, notamment l’allemand, à l’école.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une