A Ciney, on apprend les maths «à l’envers»

Le principe ? Au lieu d’apprendre la théorie en classe et de faire des exercices à la maison, on fait l’inverse. Explications.

Temps de lecture: 3 min

Pour la troisième année consécutive à l’Institut Saint-Joseph à Ciney, on enseigne les mathématiques « à l’envers ». Le principe ? Au lieu d’apprendre la théorie en classe et de faire des exercices à la maison, on fait l’inverse. Les élèves sont invités à regarder des vidéos chez eux pour découvrir la théorie et les méthodes pour résoudre les exercices. Chaque vidéo contient aussi des quiz de manière à évaluer l’élève et s’assurer qu’il regarde bien les vidéos. Si la réponse au test est mauvaise, une petite vidéo explique à l’élève la bonne résolution.

En classe, le professeur refait un « focus sur la théorie ». « Ensuite, nous passons aux exercices. Je passe entre les bancs pour les corriger. Cela permet de dégager du temps pour les élèves qui ont des difficultés. Ceux-ci se sentent enfin concernés par les mathématiques et réussissent. Avant, certains disaient toujours : “Je suis nul en maths”. C’est un message qu’on essaye de casser grâce à cette méthode. Et ça marche ! Il y a de moins en moins d’élèves avec des difficultés car s’ils ne comprennent pas un point, ils peuvent revoir la vidéo plusieurs fois. Alors qu’en classe, ils posent une question mais oseront-ils le faire à nouveau s’ils n’ont toujours pas compris ? Si un élève est malade, il peut facilement rattraper la matière. Enfin, à la veille des examens, les élèves peuvent réécouter nos explications grâce aux vidéos. Finalement, nous avons des étudiants qui ne voient pas le temps passer ; qui aiment les maths », s’enthousiasme Luc Viatour, professeur à l’Institut Saint-Joseph de Ciney.

Il raconte encore cette anecdote : « Je me rappelle d’un élève, Renaud, qui était arrivé en classe en disant qu’il n’aimait pas les maths. À la fin de l’année, il a obtenu une moyenne de 68 %. Puis, l’année suivante entre 90 et 95 %. Je suis moi-même un exemple : en 3e et 4e rénové, j’avais 50 % en maths ». Et finalement, le voilà prof de maths !

« Le problème, c’est qu’on n’a pas appris aux élèves à comprendre comment travailler les mathématiques. On fait des maths comme on fait une recette de cuisine. Or, il faut se poser des questions. Comprendre le pourquoi du comment. Bien sûr, les élèves découvrent toujours la théorie. Il faut d’abord comprendre celle-ci pour ensuite l’utiliser comme un outil pour résoudre les exercices. Je veux démontrer que les maths ne sont pas plus difficiles que le français. En réalité, elles sont mêmes plus simples car il n’y a pas d’exceptions », souligne Luc Viatour.

La méthode des maths inversées est enseignée aux élèves de la première à la troisième secondaire à l’Institut Saint-Joseph de Ciney. Le projet a été mis en place par Luc Viatour en collaboration avec Valérie Beguin, professeur de mathématiques à la Providence à Champion où la méthode est aussi appliquée.

« Elle est utilisée par des professeurs qui ont décidé de changer de rôle. Nous passons du statut de magistère à celui de guide. C’est plus fatigant mais nous ne voudrions pas revenir en arrière », conclut Luc Viatour.

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