Télévision Robert Frère fut le présentateur de « A vos marques » et « Double 7 » : Amis téléspectateurs, adieu

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Robert Frère a traumatisé des générations de gamins belges - 50.000, dit-on. Des gamins en veston, cravate et culottes courtes qui, le samedi venu, se soumettaient dans « A vos marques » à ses questionnaires sadiques et à ses marottes de prof officiant dans les établissements scolaires de la ville de Bruxelles dans les années 60.

Il est décédé mardi à Ottignies à l'âgé de 82 ans, quelques semaines seulement après Bernard Perpète qui, neuf ans durant, aura été son complice dans une autre émission marquante de la RTBF, « Double 7 ».

Avec sa façon si doctorale de s'exprimer - et son « Amis téléspectateurs, bonsoir », imparablement imité par Frédéric Jannin dans le célèbre « Jeu de l'imbécile couillon » des Snuls -, Robert Frère était le prof le plus célèbre de la télévision. Normal puisque, malgré sa longue carrière à la RTBF, il n'aura jamais fait partie du cadre de la télévision publique et sera toujours resté enseignant jusqu'à son départ à la retraite en 1983. Après l'école normale, Robert Frère a d'ailleurs été engagé par l'Union minière au Katanga, en 1946, pour y devenir le premier instituteur laïc en brousse alors que, jusque-là, seuls les missionnaires y enseignaient.

Vertus pédagogiques

Après 10 ans en classe primaire, il devient professeur de diction et d'art dramatique à l'Athénée Léon Lepage, à Bruxelles. C'est là qu'en 1961 il est contacté par un producteur de la RTB, qui lui propose de présenter un jeu interscolaire réunissant des classes de secondaire. Le préfet de Lepage adapte les horaires afin de libérer Frère, pour les répétitions du lundi et du mardi. L'émission s'appelle alors « Le tournoi » et est encore diffusée le mercredi.

Quand Georges Renoy en devient le juge-arbitre, le jeu, lointain ancêtre de « Génies en herbe », est rebaptisé « A vos marques ». Dix-huit ans durant, il rythmera les samedis après-midi des ados, à l'instar de « Feu vert » le mercredi.

« Imaginer un jeu interscolaire dans lequel s'affrontent des établissements de réseaux différents était alors une gageure (NDLR : le Pacte scolaire n'avait été signé qu'en 1958) demandant prudence et doigté, raconta Frère en 1979 alors que l'émission disparaissait pour laisser la place au « Ballon jaune ». Pourtant, le monde de l'école a souligné combien le jeu a précédé la rénovation de l'enseignement et en a épousé les contours. Nombreux sont d'ailleurs les professeurs participants qui avouent avoir découvert chez certains de leurs élèves des dispositions qui seraient sans doute restées ignorées. »

Après la disparition de ces joutes scolaires « parce qu'un jour, des connards ont décidé que ce genre d'émissions n'intéressait plus les jeunes », l'homme à la moustache termine sa carrière dans l'enseignement, à Charles Buls, à Bruxelles. Huit ans plus tard pourtant, il est de retour à la télé. Jeune retraité, le voici qui, en 1987, est rappelé par la RTBF qui lui confie la présentation d'un autre des jeux emblématiques du service public, « Double 7 », jeu qui préfigurait lui « Forts en tête ». Il officiera neuf saisons aux côtés de Bernard Perpète et Marianne Périlleux. Non sans s'être fait refaire les oreilles ! Après les essais pour « A vos marques », on lui avait fait remarquer qu'il avait une oreille plus basse que l'autre. Une caractéristique disgracieuse à laquelle Robert Frère remédiera par le biais de la chirurgie esthétique au moment de reprendre l'antenne...

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