APRES L'ADOPTION DE NOUVELLES LOIS ELECTORALES ALGERIE:ZEROUAL A SON PARTI

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Après l'adoption de nouvelles lois électorales

Algérie : Zéroual a « son» parti

La nouvelle est officielle depuis hier à Alger : un parti profilé pour soutenir le président Liamine Zéroual a été créé sous le nom de Rassemblement national démocratique (RND). Certes, les objectifs du nouveau parti n'ont pas été définis lors de la brève conférence de presse de vendredi, mais celui qui était le messager de l'information, Abdelkader Bensalah - président de l'actuel «Conseil national de transition» (le parlement croupion, tout un symbole) -, a déjà indiqué que sa formation s'appuierait sur les organisations de masse, anciens combattants, paysans, femmes, etc., qui se caractérisent par leur soutien sans faille au général Zéroual. La grande centrale syndicale UGTA sera aussi dans le comité d'appui.

Ainsi le régime algérien avance-t-il d'un cran supplémentaire vers la mise en place d'institutions politiques sous contrôle. Il y eut d'abord le large succès de de Liamine Zéroual à la présidentielle de 1995. Puis ce fut la révision constitutionnelle de novembre dernier, qui ôta au corps législatif l'essentiel de ses pouvoirs. Depuis cette semaine, les Algériens ont aussi été dotés d'une nouvelle loi sur les partis politiques (bannissant les références religieuses, régionalistes ou linguistiques) ainsi que d'une loi électorale qui remplace le scrutin majoritaire par le système proportionnel.

Les partis d'opposition ne cachent pas leurs appréhensions. Les conditions à remplir pour exister légalement se révèlent comme prévu drastiques. Ainsi, deux partis (ennemis) qui se battent notamment sur le terrain de la reconnaissance du fait berbère, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), pourraient être contraints à disparaître ou à se renier, alors qu'avec Ettahadi (ex-communiste), ils ne pourront plus exiger la séparation du politique et du religieux puisque les partis devront se conformer à une stricte morale islamique...

Pour composer la majorité du futur parlement sans pouvoirs, le régime algérien pourra donc compter sur le RND, mais aussi sur le Hamas déjà au gouvernement (ces islamistes «modérés» vont bientôt renoncer à utiliser l'islam à des fins politiques pour se conformer à la loi).

Quant au FLN (l'antique Front de libération nationale), il pourrait rester une force d'appoint. Repris en main en 1996 par les barons du parti proches du pouvoir après une cure d'opposition, l'ex-parti unique offrait cependant un profil trop peu docile pour devenir le parti présidentiel, car les «réformateurs» comme l'ancien Premier ministre Mouloud Hamrouche - souvent d'authentiques démocrates - y demeurent influents.

INTRIGUES DE SÉRAIL

La naissance du RND s'est déroulée dans la douleur en raison des sourdes luttes de sérail entre les clans qui se disputent le sommet de la hiérarchie du régime. Car les «janviéristes» (les généraux impliqués dans le putsch de 92) n'entendent pas lâcher la bride au clan Zéroual. D'aucuns estiment ainsi que la mort d'Abdelhak Benhamouda, le chef de l'UGTA assassiné en janvier peu avant d'annoncer la création d'un parti, est liée à ces intrigues opaques.

Quoi qu'il en soit, M. Zéroual s'est engagé sur trois points à propos des élections (le 29 mai ou le 5 juin) : la sécurité totale, la neutralité de l'administration et le respect des résultats. Pour ceux qui auraient des doutes...

BAUDOUIN LOOS

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