Bertrand Crasson: «Je me suis fait surprendre»

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Chef de service adjoint Sports et chef de la cellule foot Temps de lecture: 3 min

Bertrand Crasson: «Je me suis fait surprendre»

SAINT-DENIS

De l'un de nos envoyés spéciaux

La saison 1997-98 ne restera pas gravée dans la mémoire du défenseur napolitain. Descendant en série B avec son club - qu'il quittera pour retourner à Anderlecht -, il a vécu, dans le somptueux vaisseau de Saint-Denis, 21 minutes d'enfer face à Marc Overmars, le turbulent ailier gauche d'Arsenal. Hors du coup, le défenseur bruxellois s'est même vu retirer du jeu après ce court laps de temps. En décembre 1996, au stade Roi-Baudouin, sur l'autre flanc, Philippe Léonard avait subi le même coup du sort en étant rappelé sur le petit banc par Wilfried Van Moer, à la demi-heure.

*Bertrand, tout s'est passé très vite pour vous. Trop vite sans doute...

*Dans les vingt premières minutes, il y avait, vous l'avez vu comme moi, peu de choses à faire, si ce n'est laisser passer l'orage. A gauche, Overmars était vraiment très fort: on voyait qu'il se sentait sûr de lui.

*Au point de vous flanquer un sacré tournis, non?

*Je ne suis pas rentré comme je le souhaitais dans mon match, j'ai même été surpris. Mais si vous analysez la situation en revoyant les images, vous constaterez que le problème était collectif: nous avons tous souffert. Moi davantage que les autres, je le reconnais, mais nous avons tous ramé. Tactiquement, ce qui avait été prévu pour contrer Overmars n'a pas été fait.

*C'est-à-dire?

*Nous l'avons laissé venir: il y avait un problème de couverture mutuelle. Personnellement, je me suis rendu compte après coup que j'aurais dû le prendre chaque fois plus tôt. A partir du moment où il peut démarrer avec le ballon au pied, il est vraiment très fort.

*Le fait que l'arbitre se nommait Pierluigi Collina ne vous a-t-il pas inhibé?

*Il m'a effectivement exclu deux fois cette saison dans le calcio. A tort, les images l'ont d'ailleurs montré. Mais c'est vrai que je me suis dit à un moment que si je prenais un carton d'entrée, j'allais m'exposer, et l'équipe également, à des conséquences fâcheuses.

*Par rapport aux matchs de préparation, votre mission n'était-elle pas un peu plus spécifique?

*Tout à fait. A Saint-Denis, je me suis retrouvé davantage sur le flanc, avec interdiction formelle de le quitter sous peine de voir Overmars, mais aussi Numan, débouler. Et puis, la disposition défensive tout entière avait été modifiée puisque Staelens jouait comme un vrai libero avec Verstraeten et Clément en stoppeurs classiques.

*Vous faites-vous du souci pour votre titularisation en vue du prochain match contre le Mexique?

*J'ai une semaine pour me remettre dans le bain. Je vais travailler en conséquence. Rassurez-vous, j'ai du caractère: j'accuse le coup, et c'est humain, mais je ne suis pas effondré. Ce sont des moments qui arrivent dans une carrière.

*Comment jugez-vous la prestation d'Eric Deflandre?

*Il a pu observer la situation depuis le banc et en a tiré les conclusions qui s'imposaient.

*Il revient sacrément dans le coup après une fin de championnat difficile, n'est-il pas?

*J'ai toujours considéré que Georges Leekens avait un véritable choix à opérer entre nous. Je m'entends fort bien avec Eric, mais c'est à l'entraîneur à décider.

*Votre coupe du monde n'est donc pas finie...

*Non. Une ou deux bonnes nuits là-dessus et ce sera oublié. Et puis, il reste le terrain de l'entraînement pour plaider ma cause et pour démontrer que je suis là et bien là!

Propos recueillis par

FRÉDÉRIC LARSIMONT

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