BILL CLINTON SUR LA TROTTINETTE

Temps de lecture: 4 min

BILL CLINTON SUR LA TROTTINETTE

Ce vieux Bill visita Bruxelles comme étudiant, puis comme gouverneur. Son titre de président ne l'a pas enpêché de (re)jouer les touristes...

Il était près de 23 heures, lundi, quand Tegan entendit un remue-ménage au bas de la boutique de sa mère: «La Trottinette», rue des Éperonniers. La jeune fille ouvrit la fenêtre, au premier étage, et remarqua un attroupement devant la devanture. Brouhaha, éclairs de flash et policiers tentant de maintenir l'ordre. Tegan dévala l'escalier en colimaçon, jusqu'à la boutique.

- Devant la vitre, deux personnes regardaient l'étalage. J'ai eu une intuition: j'ai allumé et je leur ai ouvert la porte...

Et pleine lumière, sous ses yeux ébahis: le président des États-Unis, Bill Clinton! Accompagné par son conseiller à la sécurité Anthony Lake et un garde du corps.

- Le président s'est tout d'abord montré reconnaissant pour avoir pu pénétrer dans la boutique, à une heure aussi tardive, explique Tegan...

Et Bill de révéler qu'il était déjà venu flâner au milieu des vieux objets et jouets de collection de «La Trottinette», lors d'un précédent séjour à Bruxelles. À l'époque, il n'était «que» gouverneur de l'Arkansas. Lundi soir, pendant une vingtaine de minutes, il a discuté avec la jeune Tegan, posé mille questions sur les nombreux bibelots exposés et caressé Lulu, le chat de la maison...

- Finalement, il a acheté une vieille voiture en fer. Son ami a emporté un masque en carton, datant des années vingt. Il a tenu à me payer: mille francs pour la voiture et onze dollars américains pour le masque... Je lui ai fait cadeau d'une petite broche émaillée, aux couleurs belges, qui semblait l'intéresser. Il l'a immédiatement agrafée au revers de sa veste.

Le président Clinton a ensuite demandé quelques cartes de visite et signé l'agenda téléphonique de la maison, en guise de livre d'or... Avant de prendre congé.

- Mes impressions? C'est difficile à exprimer. Il s'est montré charmant, fascinant. Des images ont dansé devant mes yeux toute la nuit! Je ne me serais jamais gelé les pieds pendant deux heures pour l'apercevoir sur la Grand-Place, mais converser, comme cela, presque en tête-à-tête... Je n'ai pas pu trouver le sommeil avant 5 heures du matin!

INFATIGABLE CLINTON

Pour l'anecdote, ce n'est pas la première fois qu'une personnalité foule l'antique plancher de «La Trottinette».

- Depuis vingt ans que je suis installée ici, j'ai vu défiler plus d'une «star», affirme Peta Pick, la mère de Tegan. Hélas!, je ne suis pas physionomiste. Tenez, l'autre jour, un type entre dans le magasin. Sa tête me disait quelque chose. Je lui dis: «Je vous ai déjà vu quelque part». Il me répond: «Sans doute: je suis musicien». «Ah bon, où jouez-vous? À la gare Centrale?». Lui, un peu pincé: «Non, je suis musicien professionnel!» J'ai su plus tard que c'était Bruce Springsteen...

On le sait, depuis son arrivée à Bruxelles, dimanche, le président Clinton n'a pas manqué une occasion d'arpenter les vieux quartiers de la ville: pedibus, en toute décontraction, après ses journées de travail.

Ainsi, lundi, il alla ainsi boire un décaféiné au Sablon, au «Vieux Saint-Martin». Une visite qui surprit tout le monde, patron de l'établissement et clients attablés les premiers!

Lundi, vers 5 h 30 du matin, il enfilait un survêtement, embarquait quelques gardes du corps et s'en allait effectuer son traditionnel footing au bois de la Cambre. Décalage horaire? Connais pas! Enfin, dans la soirée, il se promenait rue des Éperonniers.

Visiblement, l'homme a séduit tout le monde à Bruxelles. Son style plutôt «cool» dénotant avec celui de son prédécesseur George Bush! À l'hôtel «Conrad», où il est descendu avec toute sa suite, on gardera un excellent souvenir de son séjour...

LE «CONRAD» PRIS D'ASSAUT

- Nous avons été avertis à la mi-novembre, explique-t-on à la direction du palace. Des officiels américains ont visité plusieurs hôtels de la ville. Ils ont finalement jeté leur dévolu sur le nôtre, pour loger la délégation américaine et le centre de presse. Mais ce n'est qu'au dernier moment que nous avons appris que M. Clinton logerait également chez nous. Il arrive en effet que le président dorme à l'ambassade américaine...

Les services de la Maison-Blanche ont loué quelque 200 chambres (sur un total de 269!). Clinton occupait (il s'est envolé hier pour Prague) la plus luxueuse suite du palace: 300 m2 tout confort...

- Le protocole américain nous a demandé de ne pas citer de chiffres, concernant leur location, explique le «Conrad». Je puis simplement vous affirmer que les Américains sont, eux-aussi, soumis à une certaine restriction. Pas question de champagne et de caviar à tous les repas!

WILLIAM BOURTON

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une