Braine-l'Alleud - Lise-Marie Glibert-Flamand priée de rester par le bourgmestre Rideau sur le Petit Théâtre ?

Braine-l'Alleud - Lise-Marie Glibert-Flamand priée de rester par le bourgmestre

Rideau sur le Petit Théâtre ?

* On le pensait éternel ambassadeur du patrimoine culturel. * Pourtant, Lise-Marie Glibert-Flamand jette le gant. * Le Petit Théâtre brainois à la retraite à 50 ans ?

MICHAËL CHALKLIN

Une dizaine de représentants de la troupe ont été fêtés et fleuris au conseil communal. Vincent Scourneau, le bourgmestre, a joué de ses dons de comédien pour tenter de séduire Lise-Marie Glibert-Flamand afin qu'elle épouse le titre de l'une des innombrables pièces interprétées : « J'y suis, j'y reste ». Le suspense trouvera son épilogue en septembre, le mois des retrouvailles. Bien sûr, on préférerait qu'il dure, dit-elle, très émue, il apporte tant de plaisir aux Brainois.

Les premiers trois coups remontent à 1954. On parlait du Théâtre de Braine. En 1984, il devint le Petit Théâtre brainois. Ce fut l'année de la retraite professionnelle de Lise-Marie Glibert-Flamand. Elle était styliste dans une maison de fourrure à Bruxelles. Sans enfant, elle avait du temps. Une assidue de théâtre. Il fut un temps où elle se rendait souvent à Paris, un aller-retour dominical, rien que pour une pièce. Depuis 1984, la Brainoise a signé le choix des oeuvres, les mises en scène mais aussi les décors et costumes.

Avec Clarisse Deridder, Yvette Courtois et Berthe Philippe, elle est l'une des fidèles de toujours. Quatre anciennes élèves de l'école moyenne inférieure de l'Etat, située rue du Serment, devenue (ex-lycée) et athénée. Toute une jeunesse partagée. Puis, il y eut les mariages, les familles, une mise en veilleuse.

Au départ, les acteurs répétèrent dans l'un des anciens ateliers de menuiserie du père de Lise-Marie, Jean Flamand, de la même souche que l'ancien échevin Pierre. À la chaussée d'Ophain, on se chauffait au poêle à bois. Les premiers décors furent fabriqués avec les sous des acteurs. Les répétitions déménagèrent ensuite au Vignoble. Quant aux représentations, elles ont toujours eu comme théâtre le Centre culturel. En vingt ans, on dénombre dix-huit titres, « Potiche », « Maison folle à louer », « L'amour foot », etc.

Une partie des bénéfices a toujours profité à des oeuvres. Avec un prix d'entrée mesuré : 200 francs il y a 20 ans, 8 euros aujourd'hui.

Il y eut une foule de gens, sur la scène ou dans l'ombre. L'un des acteurs fétiches du Petit Théâtre fut par exemple Emmanuel Hendrickx, l'ancien échevin et bourgmestre de Braine devenu gouverneur de la province. A raison de 250 personnes par représentation, les spectateurs auront été légion.

Une recette ni compliquée ni galvaudée. Mon point de vue, c'est de faire rire, dit Lise-Marie Flamand. Une pièce assez simple pour que tout le monde la comprenne mais qui présente aussi un certain suspense. Exemple avec la dernière pièce (en date ?), « Les entrecôtes ont des oreilles », un vaudeville policier du Belge George Renoy (1).

C'est aujourd'hui du passé. J'ai décidé d'arrêter, confirme Lise-Marie (dont le mari aura répété, justement, durant dix ans : Il est temps d'arrêter). Il y a surtout l'âge. Et puis, le recrutement des jeunes est devenu difficile. Mais je me fais violence. C'est un déchirement, un grand serrement de coeur.

Décision irrévocable, en principe. Lise-Marie dit avoir été surprise par l'invitation du bourgmestre qui s'est même proposé d'endosser un rôle s'il faut du sang frais. Et puis, les acteurs rêvent d'une pièce en wallon, une deuxième après « In mariatche maléji » en 1995. Mais à la succession de Lise-Marie (qui pourrait toujours tenir un rôle mais plus le principal), personne n'est aujourd'hui candidat.·

(1) Il y aura encore une représentation le mardi 18 mai à 14 heures, au Vignoble, pour les résidents.