CARINE LAUWERS, JEUNE LAUREATE DU "PARCOURS STYLISTES 97", MODE BRUXELLOISE COMME UN ARC-EN-CIEL

Carine Lauwers, jeune lauréate du «Parcours stylistes 97»

Mode bruxelloise comme un arc-en-ciel

Les étoffes sont remisées, la fête est finie... Le «Parcours stylistes 97» a vécu.

Restent des couleurs, des esquisses, la sensation agréable de soieries palpées dans des lieux du centre-ville tout étonnés d'avoir été transformés en écrin d'un week-end pour une mode bruxelloise trop méconnue.

Reste également un premier prix, celui du «jeune créateur».

Dans une maisonnette des Marolles, en plein petit coeur de Bruxelles, Carine Lauwers est l'heureuse lauréate.

- Deux cents mille francs, c'est pas mal, explique-t-elle en offrant le café et en faisant de la place sur une grande table qui sert de plan de travail et de salle à manger. Ça m'évitera, en tout cas, bien des tracas financiers pour entamer ma collection 98 ! Et puis, c'est surtout un encouragement et une reconnaissance au sein de la profession...

UNE LIMBOURGEOISE

À BRUXELLES

Limbourgeoise de 37 ans, elle s'est lancée dans le monde de la mode bruxelloise il y a deux ans. Après des études en philologie classique, entreprises histoire de faire quelque chose, Carine a appris le stylisme à Liège, en cours du soir.

Ensuite, des stages à Bruxelles chez Dirk Van Saene, à Paris chez Véronique Leroy, une «Aiguille d'or» en 1990 au Luxembourg, des costumes créés pour Anne-Theresa De Keers-maeker, Axelle Red et pour le film de notre compatriote Dominique De Ruddere «Hombres complicados» ont fini par façonner le style «Lauwers». Sa marque, c'est son nom. Sa griffe, c'est un arc-en-ciel de couleurs au service de la femme.

- Pour moi, la mode doit se mettre au service de la femme, de sa beauté ou plutôt de ses beautés, confie Carine. Mes vêtements ont pour but de mettre en valeur les formes du corps, sans pour autant les exagérer. Je crois qu'il y a deux façons d'y arriver : dévoiler ou voiler. Moi, j'ai choisi de dévoiler tout en y mettant beaucoup de couleurs, de fantaisie, et donc beaucoup de joie. La vie est suffisamment triste comme ça, non ?

ESPRIT DE LIBERTÉ

Pour présenter ses créations au « Parcours stylistes 97», Carine Lauwers avait choisi... une caravane !

- La caravane, c'est l'indépendance, l'esprit de liberté... On a cherché partout mais c'était trop cher. Et puis, on a appris que près de chez nous, dans les Marolles, une caravane attendait juste que quelqu'un veuille l'acheter. Finalement, on l'a eue pour 5.000 F. Une bonne affaire... Parfaite pour un showroom original !

Peinte en or à l'extérieur et en blanc à l'intérieur, la caravane, implantée pour le parcours rue du Vieux Marché aux Grains, a donné à l'endroit un petit air de «Camping Cosmos» de derrière les fagots ! En vedette, cinq copines de Carine qui portaient ses vêtements.

- C'est important que des filles qui ne sont pas des mannequins professionnels portent mes vêtements. Je les crée pour les porter tous les jours dans la rue et pas pour un défilé sur un podium. Mes vêtements sont à vivre et donc à porter...

Son avenir professionnel ? Carine Lauwers l'envisage comme ses vêtements : plein de couleurs et d'optimisme.

- J'espère que Bruxelles et la Belgique tout entière pourront s'ouvrir davantage au monde de la mode. Nous avons une carte avant-gardiste à jouer, ponctue-t-elle, le regard rêveur sur sa petite fille en train de dévorer une tartine de confiture, au beau milieu des modèles créés par maman...

ALAIN GERARD