Liège Blanchiment d’argent dans le sport équestre ? : Caution de 250.000 euros pour un richissime Ukrainien

Un homme d’affaires ukrainien, propriétaire d’une écurie de chevaux d’obstacles et président de la Fédération ukrainienne d’équitation a été inculpé pour blanchiment d’argent et placé la semaine dernière sous mandat d’arrêt. Accédant à la demande de ses deux avocats, la chambre du conseil de Liège a néanmoins accepté de le libérer moyennant le dépôt d’une caution de 250.000 euros.

Les premières pages de ce dossier sont écrites fin 2005 lorsqu’Alexander Onyshchenko, un Ukrainien de 38 ans qui aurait fait fortune dans le négoce du gaz, est interpellé à l’aéroport de Bierset avec environ 200.000 euros dans une valise. Invité à s’expliquer sur la provenance de cet argent, il n’a vraisemblablement pas convaincu les enquêteurs et un dossier fut alors ouvert pour suspicion de blanchiment d’argent.

« Mon client n’a rien à se reprocher, il s’est rendu à toutes les convocations, ce dossier lui a fait beaucoup de tort », commente laconiquement un de ses conseils, Me Levy.

Richissime, Alexander Onyscchenko est-il de ces wonder boys de la finance qui ont su tirer parti du développement économique de l’Europe de l’Est ? Son nom n’apparaît pourtant que dans les revues spécialisées en sport équestre. Passionné lui-même d’équitation, Alexander Onyshchenko a en effet commencé, il y a un peu plus de deux ans avec l’aide d’autres mécènes, à constituer une équipe de concours hippique ukrainienne digne de ce nom. Avec un objectif avoué : intégrer les prochains Jeux olympiques, à Pékin en 2008.

Équipe hétéroclite

À coups de millions d’euros, celui qui est aussi vice-président de Jumping international de Monte-Carlo a pu acheter quelques-uns des meilleurs chevaux et… cavaliers. Parmi les premiers, les amateurs se souviennent par exemple de quelques fastueuses emplettes en 2006 : un cheval acquis pour 570.000 euros, un autre pour 440.000 euros, un autre encore pour 365.000 euros.

Mais l’animal n’est pas tout, encore faut-il des mains assez douées pour en tenir les rênes. Les Belges Jean-Claude Van Geenberghe et surtout Gregory Wathelet sont parmi les premiers à s’être laissés tenter par le portefeuille d’Alexander Onyschenko. Troquant leur passeport belge contre un passeport ukrainien, ces deux champions (qu’ont rejoints deux cavaliers allemands de haut niveau) ont posé les bases d’une équipe pour le moins hétéroclite mais qui commence à engranger de bons résultats. Bien qu’un centre d’entraînement ait été aménagé à Faimes, c’est surtout en Allemagne, chez Paul Schockemöle, qu’ils préparent les championnats.

S’il ne veut pas perdre sa caution, Alexander Onyschenko devra continuer à répondre aux sollicitations des enquêteurs.