Ces beaux objets qui en amènent d'autres... La salle de ventes Rops à Namur participe aux journées d'expertises réservées à nos lecteurs. Ambiance chaleureuse garantie.

Ces beaux objets qui en amènent d'autres...

La salle de ventes Rops à Namur participe aux journées d'expertises réservées à nos lecteurs. Ambiance chaleureuse garantie. JULIEN GILLEBERTA peine entré dans la pièce d'accueil, on prend directement conscience de se trouver dans une salle de ventes. D'innombrables objets sont éparpillés çà et là dans un ordre que seuls les connaisseurs doivent pouvoir déchiffrer. Fauteuils, meubles, globes terrestres, peintures ou autres petits objets, tout y passe. Le profane aura bien du mal à s'y retrouver, mais l'amateur, particulier intéressé ou collectionneur passionné, y trouvera certainement son bonheur.

Lancée depuis 1989 à Namur, la salle de ventes Rops emploie dix personnes et s'est installée depuis une décennie dans la partie nord de la capitale wallonne, à Saint-Servais, le long de la chaussée de Waterloo. Pourtant, aucune ambiance de guerre ne flotte dans l'air et la salle de ventes de 200 mètres carrés n'a rien d'un champ de bataille napoléonien. Ici, on privilégie l'aspect humain et l'accueil. Les trois antiquaires fondateurs de la salle de ventes Rops, qui étaient auparavant actifs dans la région de Namur, tiennent d'ailleurs beaucoup à cette image chaleureuse.

Leur activité ? Elle se porte bien, expose Benoît de Sauvage. Trop bien même : nous commençons à manquer de place.

Un argument pour se décentrer et s'installer dans des bâtiments plus importants ? Non, continue-t-il, car être en ville représente de nombreux avantages, notamment celui de l'accessibilité. Nous sommes en ville, mais aussi en province, ce qui crée une ambiance relax. Nous resterons donc ici car le but n'est pas d'augmenter la quantité mais bien la qualité. Avoir de beaux objets, cela en amène d'autres.

GSM et Internet

Leur salle de ventes est en effet une vitrine pour leur imposant listing de clients, qui en répertorie plus de 4.000, répartis dans toute l'Europe mais aussi dans le monde. Avec le boom des moyens de communications, les réseaux se sont en effet étendus. Nous avons par exemple un client régulier de Tunisie, continue Paul de Sauvage, gestionnaire financier de la salle de ventes. Auparavant, nous traitions aussi avec les Etats-Unis. Mais, depuis les attentats du 11 septembre 2001 et la récente chute du dollar par rapport à l'euro, les échanges et contacts sont beaucoup moins fréquents.

Si les antiquités restent une matière qu'il faut « toucher », les nouveaux moyens de communication ont permis d'augmenter la rapidité des ventes. Un client qui a vu un objet qui l'intéresse peut participer à distance à la vente aux enchères et négocier par GSM, continue Paul de Sauvage.

De nombreux objets passent par la salle de ventes Rops. En 2003, cet espace, qui tire son nom de l'artiste du XIXe siècle Félicien Rops, a vendu 12.000 articles lors de ses deux jours de vente organisés tous les mois. Chaque mois, il y a plus ou moins 1.200 lots vendus, explique Paul de Sauvage. Un lot, cela peut aussi bien être une salle à manger de neuf pièces qu'un petit objet de valeur...

Evaluer rapidement

Ces objets, ils les obtiennent bien souvent selon la règle dite des 3D : dettes, divorce et décès. Un quatrième pourrait être ajouté : le déménagement.

Pour les acquérir, il faut souvent agir rapidement et mettre en application expérience du terrain, « feeling » et connaissance du marché. Mais aussi du tact et de la psychologie. Par exemple, lorsqu'il s'agit d'un décès d'une personne âgée qui vivait dans une maison de repos, la chambre doit être dégagée au plus vite car une nouvelle locataire s'apprête bien souvent à investir les lieux. En peu de temps, il faut donc être en mesure de réaliser une évaluation d'ensemble, tout en veillant à dénicher l'objet de valeur. Il faut donc des experts, comme Charles Alexandre qui est spécialisé en argenterie et peintures classiques, continue Paul de Sauvage. Mais il ne faut pas être cantonné dans sa spécialité. Nous devons être des généralistes et pouvoir déceler les objets de valeur dans n'importe quel domaine. De plus, il faut oser dire aux gens la vraie valeur de leurs objets. Au risque de les décevoir, dans une période difficile s'il s'agit d'un décès. Car un objet peut véhiculer une haute valeur sentimentale mais ne rien valoir sur le marché.

320, chaussée de Waterloo à 5002 Namur ; tél. : 081/74.99.88.