CESAR DE PAEPE ET L'ACTUALITE DE SON MESSAGE (UN CENTENAIRE,UN LIVRE,UNE EXPO)

César De Paepe

et l'actualité de

son message

Ce 19 décembre sera commémoré le 100e anniversaire du décès de César De Paepe.

Si ce nom est aujourd'hui, surtout dans le Brabant, présent à l'esprit, c'est en fonction des institutions, cliniques et polycliniques, qui portent son nom. Pourtant, César De Paepe mérite d'être mieux connu.

Né à Ostende en 1841, d'un père fonctionnaire et d'une mère institutrice, il rejoindra ses parents à Bruxelles à 12 ans, après avoir été élevé par sa grand-mère à Hamme.

D'un caractère insoumis, après des études moyennes au collège Saint-Michel, il s'inscrira à l'Université libre de Bruxelles où il tentera de décrocher un doctorat en droit.

C'est pendant son séjour de deux ans à l'ULB qu'il commencera à militer au sein de divers mouvements politiques et de libre pensée.

Après une formation de typographe acquise sous la direction de Désiré Brismée, son futur beau-père, il mènera dans des conditions matérielles précaires des études en médecine qu'il terminera avec la plus grande distinction. Proche de Proudhon à l'origine de son action politique, César De Paepe évoluera, après l'échec de la 1re Internationale au congrès de La Haye en 1872, vers le marxisme.

Son évolution idéologique est représentative de l'ensemble du mouvement ouvrier belge de l'époque, où l'on retrouve l'influence proudhonienne, avec la primauté de l'individu et une pointe d'anarchisme, ainsi que l'influence marxiste dans la conception de l'ordre social et économique. Ceci se traduira plus tard, en 1894, dans la Charte de Quaregnon, rédigée par Émile Vandervelde, modèle d'équilibre et document toujours actuel du Socialisme démocratique. César De Paepe prit à son compte les idées de la révolution de 1848: démocratie, socialisme et rationalisme.

Engagé hors de nos frontières dans le cadre de la 1re Internationale, il participera au débat entre Bakounine et Marx en prenant parti pour ce dernier, avec dans sa foulée le mouvement ouvrier belge, mais en maintenant l'équilibre entre le socialisme étatique et l'anarchisme d'inspiration proudhonienne.

D'autre part, César De Paepe oeuvra intensément à l'organisation des travailleurs au sein d'un parti politique. Cette action débouchera sur la fondation en 1885 du Parti ouvrier belge, dont il est une des figures de proue.

Il est à noter que César De Pape sera, toute son existence, convaincu de la nécessité de la solidarité entre Flamands, Wallons et Bruxellois dans leur combat commun contre l'exploitation et l'intolérance.

Mais au-delà du militant politique et du libre penseur, on retrouve chez lui l'homme qui désire faire coïncider son existence quotidienne avec son idéal. César De Paepe, médecin des pauvres, n'est pas une idéalisation du personnage.

Malgré le refus de la Commission des hospices de Bruxelles (ancêtre des CPAS) de l'engager, César De Paepe se consacrera au service des déshérités: il travailla souvent gratuitement, payant les médicaments de ses deniers. Il en négligea de se soigner lui-même et mourut de la tuberculose.

Sa conception de la médecine sociale reste une source d'inspiration pour le mouvement mutualiste et se situe aux antipodes de la dégénérescence mercantile dont le docteur Wynen s'est fait le chantre.

Pour César De Paepe, le droit à la santé était essentiel et se situe dans un contexte plus large d'émancipation sociale.

En conséquence, la Fédération des mutualités socialistes du Brabant a tenu à commémorer l'événement que constitue le centenaire de la disparition de César De Paepe, par l'organisation d'une exposition et l'édition d'un livre (1) qui évoqueront sa vie militante sur le plan politique et de la libre pensée, ainsi que son engagement comme médecin.

Par fidélité à son message et par volonté de poursuivre son combat.

(1) Exposition: du 20/12/1990 au 31/12/1991 à la Fédération des mutualités socialistes du Brabant, rue du Midi, 111, à Bruxelles de 9 à 17h. Le livre y sera en vente 350 F. Rens: 02-506.98.90.