Charleroi Rencontre avec Sabine Londot, créatrice de bijoux : Une « artisane » aux doigts de fée

Exit les murs de vieilles pierres, le feu de bois et les décorations paysannes d’une maison de campagne installée dans un village. Sabine Londot n’a rien de l’« artisane » typique. Son atelier, elle a choisi de l’installer sous l’un des toits du boulevard Tirou. Un univers dépouillé et intimiste dont elle ouvrira les portes au public, dès demain, dans le cadre du week-end de l’artisan, initié par les offices des métiers d’art des provinces wallonnes.

Une petite pièce de trois mètres sur deux, une fenêtre avec vue sur les toits, une table de travail, un miroir et quelques outils, c’est là que Sabine donne vie à son imagination. « L’inspiration pour un bijou peut naître d’une personne rencontrée, de la visite d’une exposition, d’une émotion mais cela peut également être un thème imposé », indique-t-elle. Après l’inspiration, la réalisation. La créatrice privilégie les matières comme le titane, l’argent et le plexiglas. Des matières peu précieuses : « Pour moi, créer un bijou, c’est plus construire quelque chose que manipuler de belles pierres », précise Sabine. Une préférence qu’elle explique par la présence, dans son entourage, de plusieurs architectes. « J’ai toujours été balancée entre créativité et pédagogie. Ma maman était enseignante et mon papa architecte. »

Un savoureux mélange qui permet aujourd’hui à Sabine de combiner un mi-temps d’enseignante en arts plastiques à l’IMP de Marcinelle et sa passion pour la bijouterie contemporaine. Une situation plutôt récente : « Le 4 avril dernier, jour de mon anniversaire, je me suis dit : “Si tu ne le fais pas maintenant, tu as 48 ans, tu ne le feras plus jamais”, confie Sabine. Je me suis alors inscrite à l’office des métiers d’art du Hainaut. Ils nous ouvrent pas mal de portes et offrent des opportunités. » Parallèlement, la Carolo de souche poursuit son parcours à l’académie de Châtelet où elle reçoit l’enseignement de Michel Mousset, dont la réputation n’est plus à faire dans le secteur de la bijouterie contemporaine.

Avec Sabine Londot, ils seront plus de 200 artisans wallons à ouvrir leurs portes, ce week-end, aux curieux, amateurs d’art ou créateurs débutants. Pour cette artiste, il s’agit avant tout « d’une reconnaissance de mon travail et d’une découverte de la bijouterie contemporaine souvent assez méconnue. »

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