Linkebeek se présente en triple,

Linkebeek se présente en triple,

avec des socialistes à chaque niveau!

Petite localité paisible de 5.000 âmes, dans la périphérie bruxelloise, Linkebeek est occasionnellement placée sous les feux de la rampe lorsque des visiteurs indésirables lui font l'injure de venir déverser dans ses rues leurs invectives flamingantes.

En dehors de ces «promonades» tapageuses, la commune se partage calmement entre ses 75 à 80 % de francophones et son quart de Flamands. Sans que la symbiose ne provoque de mélanges explosifs.

Côté représentation communale, la proportion est identique: onze conseillers francophones et quatre néerlandophones. Les premiers réunis sur la liste du bourgmestre, le P.S., candidat en 1982, n'ayant pu décrocher un siège. Le 9 octobre prochain, en plus des deux listes unilingues assises au conseil, les Linkebeekois auront un troisème choix: celui d'une liste bilingue, emmenée par l'ancien secrétaire général de la F.G.T.B., Georges Debunne. L'union de tous les francophones n'a en effet pu se faire, comme à Beersel et Hoeilaart.

Mayeur depuis deux exercices communaux, Roger Thiery (F.D.F.) emmènera sa liste du bourgmestre vers un troisième mandat. Une liste réunissant des candidats F.D.F., P.R.L., un P.S. et des indépendants, autour d'un programme basé essentiellement sur la continuité. Les objectifs principaux du groupe ont déjà été réalisés, notamment en matière de travaux publics, affirme-t-il; il ne reste donc plus «qu'à» parachever l'oeuvre, en s'attachant aux détails, et en mettant l'accent sur la qualité de la vie.

Derrière Roger Thiery, Jean Cooremans, Christian Van Eyken, Christian Lietar, Joos Guillet, Francine Collet-Vandersmissen, Marcelle Donay-Mottet, Oscar Michiels, Olivier Leveque et Monique Pollart-Poitevin, se partagent les places deux à dix.

Face à cette assise difficilement contournable, une nouvelle liste a fait son apparition. Le P.S. s'était déjà présenté en 1982, mais sans parvenir à occuper un fauteuil. Cette fois, des socialistes francophones et flamands, des écologistes des deux communautés également, et des indépendants se sont réunis pour «monter» une liste bilingue, baptisée «Vivre et gérer ensemble-Samen leven en beheren». Une alternative au vote unilingue qui témoigne d'une volonté de «dépassionner les affrontements linguistiques et communautaires, de gérer autrement et de vivre ensemble en tirant le maximum des nouvelles dispositions légales». Un maître mot: pacification.

Son programme s'articule autour de la volonté d'apporter un maximum de facilités administratives à la population et d'obtenir une plus grande ouverture de la Région flamande. Concrètement, le groupe défendra notamment le recours au référendum et la création d'un conseil communal des jeunes.

La liste V.G.E.-S.L.B. se targue d'aligner des «progressistes francophones», avec, en tête, Georges Debunne, puis Jean Lefebure, Robert De Becker, Guillaume Pletinckx, Martine Vandendriessche, Marc Terrey, Marc Kohen, Joost De Geest, Wessel Van Der Loo et Tony Van Loy pour les dix premières places.

Des «petits nouveaux» qui espèrent décrocher un siège, voire davantage. Il faudra donc qu'il le ravissent à leurs collègues francophones ou flamands. Puisque outre la liste du bourgmestre, Linkebeek compte également «L.K. 2000», emmené par Jozef Motte. Trois listes qui présentent toutes l'originalité d'aligner des candidats socialistes! On pourrait donc titrer: Linkebeek ou l'éclatement des socialistes...

Ma. D.