Le tour d'Europe en 80 minutes

Cheffe adjointe du service Politique Temps de lecture: 4 min

Le tour d'Europe en 80 minutes

et 70 mini-merveilles à Bruxelles

Le tour d'Europe en 80 minutes. De Londres à Venise, de Paris à Séville, de Bruxelles à Athènes. Impossible?

Un tour de 70 merveilles d'Europe, à pied, pour 320 F seulement. Impossible?

Impossible... n'est plus européen! A l'aube de 1992, tout pari se doit d'être relevé. Et celui lancé par Walibi n'a rien à envier à ceux proposés par la nouvelle émission de la RTBF! Elles sont 55 associations à l'avoir relevé. Pour un résultat à la hauteur des ambitions. Soit un vingt-cinquième de leur taille réelle...

La clef de l'Europe? Vous la trouverez dès le 1er juin prochain, sur le site de Bruparck, au pied de l'Atomium, dans le Parc des Expositions de Bruxelles. En découvrant les petites merveilles de la Mini-Europe, fidèlement reconstituée sur deux hectares et demi de terrain. Des maquettes à faire pâlir d'envie les architectes créateurs des modèles originaux...

A l'image du défi relevé à la fin du siècle dernier par Philéas Fogg, effectuer le tour du monde en 80 jours, celui de réaliser 350 maquettes représentant 70 sites européens en un an et demi, relève de la gageure. Si l'enjeu en est moins futile, les difficultés techniques et matérielles sont, elles, bien supérieures à la taille des réalisations.

Genre de Lilliput, aux maisons de Lego, entouré de bonsaïs, et réservé aux enfants? Nenni! La Mini-Europe sera une oeuvre d'artistes. Artistes-maquettistes et sculpteurs, répétant au détail près les ornements des façades, la courbe des colonnes, le relief des bâtiments. Sur base de plans de cadastre ou de construction, de photos d'ensemble ou de détails, recherchés et étudiés par une dizaine de spécialistes en art, histoire et architecture.

La Mini-Europe en chiffres, c'est d'abord une échelle, pratiquement inusitée jusqu'ici, d'un vingt-cinquième. Mais c'est aussi une superficie de deux hectares et demi, reproduisant les douze Etats européens en respectant leur configuration, pour un investissement de 500 millions de francs belges. Ce sont également quelque 165 Hollandais, Portugais, Espagnols, Anglais, Allemands, Français et Belges réalisant ces maquettes en quelque 450.000 heures de travail.

Mais la Mini-Europe, ce sera aussi un domaine, alliant dans une parfaite synergie plans d'eau, plantations, moyens de locomotion sur terre, sur «mer» et dans les airs. Puisqu'un TGV le traversera, passant même sous le «Chunnel», que des bateaux se déplaceront dans les ports et sur les plans d'eau, que l'Airbus s'apprêtera sur la piste de décollage, et que la fusée Ariane décollera vraiment, jusqu'à deux mètres, dans un tonnerre de feu.

Mini-merveilles

Si l'inauguration est prévue le 1er juin prochain, depuis plus d'un an, des maquettistes se sont mis à l'ouvrage, dans sept pays d'Europe, reproduisant des sites aussi célèbres que l'Acropole, les Houses of Parliament et Big Ben, les arènes de Séville, l'Arc de Triomphe, la Grand-Place de Bruxelles, Amsterdam, Venise, la tour de Pise, le pont Adolphe de Luxembourg, ou le château de Chenonceaux. Autant de mini-merveilles qui reflètent la démocratie née en Grèce, la chrétienté venue d'Irlande, de Rome et de France, l'esprit d'aventure des Vikings, Romains ou Portugais, la Renaissance, ou la technologie. En un mot, l'esprit européen.

Le travail est de longue haleine. L'artiste-maquettiste commence par sculpter l'objet dans le bois, le plâtre ou toute autre matière suffisamment dure, avant de le recouvrir de silicone afin de former un moule, qui recevra lui-même une coulée d'époxy, sorte de polyester raffiné à la résistance extrêmement forte, pour la première fois utilisé dans pareille conception. Les pièces confectionnées sont alors complétées des détails et ornements selon les modèles originaux - l'Hôtel de Ville de Bruxelles a ainsi nécessité la sculpture de 294 statuettes! - puis assemblées sur des structures d'aluminium et transportées à Bruxelles, où elles sont peintes par un trio d'artistes chargés de créer une unité.

Certains sujets sont réalisés dans d'autres matières: ainsi, les Houses of Parliament de Londres, et le célèbre Big Ben, construits en polyester allié à un mélange de poudres, dont l'une de marbre, avant d'être recouverts d'un produit à base de pierre de sable donnant une couleur jaunâtre. D'autres sont exécutés en pierre de France ou même en marbre, comme la tour de Pise ou le château de Chenonceaux. A l'exception de la porte noire de Trèves et l'épopée Viking (seule improvisation), toutes les maquettes repoduisent les bâtiments dans leur état actuel, abîmées par les âges et la pollution. Ces réalisations sont prévues pour durer au minimum vingt ans.

500.000 visiteurs?

Parallèlement à ces créations, dont 40 % sont déjà réalisées, les travaux d'infrastructure et d'accueil sont menés à Bruparck depuis plusieurs mois. Les premières maquettes sont exposées depuis un an à Walibi, mais les «belles pièces» n'arrivent que depuis trois mois dans notre capitale; elles seront progressivement installées à Bruparck, à partir de cette semaine.

Quelque 500.000 visiteurs sont attendus cette année à Mini-Europe, et, à partir de l'an prochain, ils devraient être 700.000. Voilà qui devrait permettre d'amortir les investissements en trois ou quatre ans, selon les prévisions de Walibi, principal investisseur, puisque le prix d'entrée s'élèvera à 320 F pour les adultes, 280 pour les enfants et 180 pour les écoles. Pour cette somme, vous pourrez donc effectuer le tour d'Europe en 80 minutes... ou davantage, si la précision du détail retient votre oeil, la perfection de l'artiste votre admiration, et l'attrait de la miniature votre âme de gosse...

MARTINE DUBUISSON.

Reportage photographique:

ROGER MILUTIN.

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