ANSELME: EFFETS DE MANCHES AU CONSEIL REGIONAL WALLON

Effets de manches au Conseil régional wallon

Monsieur le Premier ministre de la Wallonie, vous avez la parole. D'entrée de jeu, le président du Conseil régional wallon, l'homme qui avait déja proclamé l'an I de la Wallonie, donne le ton. Willy Burgeon inaugure par ces mots la séance, que certains qualifient déjà d'historique, du CRW, ce matin, à Namur.

Bernard Anselme accède à la tribune. Comme pour accentuer encore la solennité du moment les haut-parleurs, mal réglés, crachotent. Le ministre-président s'en prend à la prise en otage des entreprises wallonnes et des travailleurs wallons. Heure après heure, nous avons suivi l'évolution de la situation. Par une intervention directe auprès du Premier ministre d'abord, par un appel solennel ensuite dénonçant l'impérialisme aveugle communautaire et l'hypocrisie électoraliste de certains.

Et puisque Bernard Anselme est devenu «Premier ministre», il ne s'adresse plus au Conseil régional mais au «Parlement wallon»: Nous étions à prendre si nécessaire toutes - je dis bien toutes - les mesures utiles au sauvetage de nos entreprises et de nos emplois. Il n'est plus question que l'économie wallonne dépende à l'avenir des états d'âme ou des calculs d'une autre région du pays.

Après les armes, l'agriculture: Permettez-moi de rappeler la prise de conscience du gouvernement wallon face aux problèmes posés par les agriculteurs. Bernard Anselme annonce le soutien de l'exécutif à la résolution prônant la régionalisation de l'agriculture.

Willy Burgeon procède alors à la lecture de la motion «armes» et de la résolution «agriculture». José Happart, présent dans la tribune du public, savoure cet instant. Mais, bien vite, le CRW retrouve ses habitudes. Willy Burgeon ne cite que deux signatures: celle de Robert Collignon, PS, et d'Anne-Marie Corbisier, PSC. Daniel Ducarme bondit. Pourquoi avez-vous sucré ma signature? C'est indécent...

Suspension de séance, réunion des chefs de groupes et retour en séance avec un document signé par tous les partis représentés au conseil. Dans l'intérêt de la Wallonie, il est bon d'avoir le consensus le plus large possible, assure Robert Collignon le chef du groupe socialiste.

Le président du CRW propose alors le renvoi du débat en commission. Clameurs chez les libéraux. Laissez-nous réagir à la déclaration du ministre-président, exige Jean Gol. C'est notre droit! J'insiste! Pour le prestige du CRW... Rien n'y fait! Le renvoi en commission est voté majorité (PS - PSC) contre opposition (PRL - Écolo), le FDF s'abstenant. La séance est levée et les nombreux journalistes flamands présents s'en vont à la découverte de la capitale de la Wallonie. Le rendez-vous avec l'histoire, ce sera pour cet après-midi. Peut-être...

OLIVIER ALSTEENS