COUPE DES VAINQUEURS DE COUPE,4 BUTS LIEGEOIS EN 20 MINUTES: STANDARD 5 -CARDIFF CITY 2 QUAND LA RAGE DE VAINCRE EST LA

Temps de lecture: 6 min

Coupe des vainqueurs de coupe

Quatre buts liégeois en vingt minutes!

Menée 1 à 2, la phalange principautaire a opéré un rétablissement spectaculaire en fin de parcours. Sa qualification est presque acquise!

Standard 5

Cardiff City 2

Elevé au rang de sauveur, samedi soir, à l'issue de la confrontation contre Ekeren, Sacha Rychkov n'a laissé à personne d'autre que lui le soin de lancer le Standard, hier soir, sur orbite européenne. La partie avait débuté depuis moins d'un quart d'heure quand, au prix d'un magistral coup de patte, le jeune fauve sibérien déchiqueta l'arrière-garde galloise, offrant à son équipier Bisconti l'occasion d'inscrire son tout premier but continental. Cette manche aller des seizièmes de finale de la Coupe des vainqueurs de coupe débutait sous les meilleurs auspices pour le Russe comme pour toute son équipe. Une équipe étonnamment rafistolée par Arie Haan. En l'absence de plusieurs titulaires, le mentor hollandais avait finalement joué la carte de l'improvisation la plus totale. Sur le flanc droit de la défense orpheline de Genaux, le public découvrit ainsi l'un des jouvenceaux du Sart-Tilman, le mulâtre Axel Smeets qui fit toutes ses classes à Anderlecht avant de prendre, par la grâce d'un transfert libre, le chemin de Sclessin. Tout comme Rychkov et ce transfuge parachuté du ciel, Bisconti effectuait lui aussi ses grands débuts internationaux à la place de l'infortuné Vervoort. Chargé de balayer le flanc gauche en relais avec Léonard, lui aussi réintégré dans ses fonctions de titulaire, l'Italo-Belge exprima d'entrée de jeu une remarquable vivacité à l'image d'une formation qui trouva beaucoup plus rapidement ses marques qu'à l'accoutumée. Nul ne fut autrement étonné de voir ainsi le Standard prendre rapidement l'avance, Wilmots s'étant déjà vu refuser, pour hors jeu très contestable, le but d'ouverture.

Les joueurs principautaires s'étant rapidement assurés de la maîtrise du milieu de terrain, il leur restait à concrétiser au marquoir leur incontestable supériorité technique. C'était plus vite facile à dire qu'à faire. Témoignant d'une hargne toute britannique, Cardiff réussit rapidement à tempérer les ardeurs de l'opposition. Pire même: alors même qu'on s'orientait vers la pause, André Cruz, trop sûr de lui, commit une épouvantable bévue exploitée aussitôt par Bird qui s'en alla calmement glisser le ballon sous le corps de Bodart. Les 6.000 supporters liégeois, n'en croyaient pas leurs yeux!

Ils n'étaient pourtant pas au bout de leurs émotions. Alors qu'ils pensaient vivre une seconde période à sens unique, ils tremblèrent constamment d'effroi à chaque fois que City s'emparait du ballon pour partir en contre. La coupe se mit à déborder juste après le remplacement de Bettagno par Goossens. A peine le jeu avait-il repris son cours que Bird reprenait victorieusement, d'une frappe superbe, un centre de Griffith. Fort heureusement pour le Standard, il en fallait plus pour décourager un gars de la trempe de Wilmots. Rageur, le Jodoignois, auquel le juge de touche avait entre-temps refusé un nouveau but, rétablit sur-le-champ l'égalisation. Cette réaction d'homme s'avéra salvatrice. Tout requinqué, le Standard injecta ses dernières forces dans un palpitant baroud d'honneur qui valut d'abord à Cruz de porter les siens au commandement à la faveur d'un penalty accordé à Asselman, à Asselman lui-même, sur passe de Goossens, de porter les chiffres à 4-2 et à Wilmots, enfin, de fixer le score à 5-2. Un score insolite mais suffisant, semble-t-il, pour permettre aux Liégeois d'effectuer en toute sérénité le voyage aux Iles.

JEAN-LOUIS DONNAY

Standard: Bodart, Smeets, Cruz, Hellers, Léonard, Bettagno (62e mn: Goossens), Pister, Rychkov (83e mn: Soudan), Bisconti, Wilmots et Asselman.

Entraîneur: Haan.

Cardiff City: Kite, James, Searle, Baddeley, Perry, Ratcliffe, Bird, Richardson, Stant (88e mn: Evan), Blake et Griffith.

Entraîneur: May.

Arbitre: Olafsson (Isl).

Buts: 13e mn: Bisconti (1-0); 40e mn: Bird (1-1); 63e mn: Bird (1-2); 64e mn: Wilmots (2-2); 70e mn: Cruz, sur penalty (3-2); 76e mn: Asselman (4-2); 84e mn: Wilmots (5-2).

Cartes jaunes: Baddeley, Blake et Bird.

Quand la rage de vaincre est là...

En convaincant jadis Marc Wilmots de rejoindre ses rangs, le Standard a, à coup sûr, réalisé l'une des opérations les plus fructueuses de son histoire. Hier encore, il put compter sans réserve sur la rage de vaincre du taureau hesbignon pour bousculer le cours des événements et prendre, en fin de partie, une option sans doute décisive sur les huitièmes de finale de la Coupe des coupes.

On se demande toujours, en effet, ce qu'il serait advenu des Rouches si, à 1-2 et à une demi-heure du terme, «Willie» n'avait, une nouvelle fois, retroussé les manches et secoué énergiquement l'invité britannique. Après s'être vu refuser deux buts, il remit son ouvrage sur le métier pour arracher l'égalisation et ramener l'espérance dans les coeurs de ses équipiers.

Tour à tour, Cruz, Asselman et Wilmots lui-même frappèrent encore en plein dans le mille, donnant au score une physionomie qui résumait mieux la différence de classe entre les antagonistes. Il n'empêche qu'en marquant quatre buts en vingt minutes, le Standard a réalisé un exploit qui s'inscrira en lettres d'or dans ses annales.

Juste après avoir renoué avec la victoire en championnat, il s'est forgé aussi, au seuil de l'automne, un moral d'airain. Charleroi-Standard de ce samedi vaudra la peine d'être vécu!

J.-L. D.

Haan rassuré avant le voyage au pays de Galles

Arie Haan avait retrouvé son sourire et son humour au moment de livrer ses commentaires.

Il est toujours difficile de jouer contre les équipes qui viennent des îles. Elles jouent un football qui se rapproche du rugby! En outre, l'arbitre nous annule deux buts. Et je ne comprends toujours pas comment Cardiff a pu terminer la partie à onze.

L'entraîneur néerlandais regrettait les deux buts encaissés.

A 1-0, mes joueurs ont perdu la tête. Cruz fait une grosse erreur et le deuxième but de nos adversaires résulte d'une faute de marquage et d'un manque d'agressivité. Nous avons heureusement eu la chance de revenir à la marque dans la minute suivante. A ce moment, je savais que nous allions marquer. Normalement, ces trois buts doivent nous permettre d'assurer notre qualification.

Dans le vestiaire, les joueurs rendaient compte de la virilité des débats. Asselman montrait un coup sur la cuisse gauche. Bodart, pour sa part, n'était pas tendre pour Griffith.

Ce gars est un tueur! Par deux fois, il a continué son action et m'a touché. Et l'arbitre ne réagissait pas. Imaginez que nous ayions dû aller à Cardiff avec un 3-2. Nous allions droit vers une guerre de tranchées!

Wilmots savourait ce dernier match avant la suspension de cinq semaines qu'il entamera - en attendant de passer en appel - le week-end prochain.

J'étais décidé à me donner à 100 % pour ce dernier match. Au repos, Arie Haan m'avait demandé de redescendre dans l'entrejeu pour aider les jeunes. A 1-2, je ne me suis pas posé de question. Mes adversaires, eux, se sont regardé et je me suis retrouvé seul devant le gardien. Le match retour, je devrai donc le préparer en équipe réserve.

Parmi les néophytes de la coupe d'Europe, Roberto Bisconti croyait jouer au poste d'arrière droit.

Ce n'est qu'à l'heure de la théorie que Haan a surpris tout le monde en annonçant que Smeets jouerait à droite. Je m'étais pourtant préparé à ce match en réserves. A gauche, j'y avais déjà joué la saison passée à Waregem en demi-finale de la coupe de Belgique. Avec le même succès!

J.-M. M.

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