VALSE DE PETITIONS A VILVORDE LA RENGAINE LINGUISTIQUE MODULE LE PERMIS DE DANSER

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Valse de pétitions à Vilvorde

La rengaine linguistique

module le permis de danser

Le quartier Beauval à Vilvorde, où vit une majorité d'habitants d'expression française, semble évoluer aujourd'hui sur un terrain communautaire miné. Depuis 1967-1968, époque à laquelle les autorités locales ont formulé aux francophones l'interdiction de célébrer à l'église la messe dans leur langue, l'ASBL Pacem in Terris ouvre ses locaux aux pratiquants et aux mouvements de jeunesse. Outre ces activités religieuses et sociales, des soirées dansantes y sont organisées occasionnellement.

Mais, en vertu d'un récent décret de la tutelle flamande, l'association a dû se plier à une enquête publique afin d'obtenir une autorisation auprès du service régional de l'environnement. Clôturée le 8 août, la procédure commodo-incommodo a vu circuler une pétition dans les rues avoisinantes, lancée par un riverain flamand. En cause, les nuisances sonores et les dérangements nocturnes que provoqueraient ou que pourraient amener les soirées dansantes. Il n'en fallait pas plus pour tirer de leur sommeil les vieilles vexations communautaires et ranimer les craintes d'affrontements linguistiques.

- Notre demande prend une tournure communautaire, craint Andrew Robinson, administrateur. Nous craignons qu'il y ait des «a priori» car nous sommes francophones.

Aujourd'hui, pourtant, c'est sur le terrain politique qu'évoluent les choses. L'un des signataires de la pétition, l'échevin CVP Jan Herbosch, bénéficie du renfort de ses colistiers Albert Absillis, échevin de l'urbanisme, et Paul De Winter, échevin de l'environnement. Dans une lettre adressée aux plaignants, ces deux derniers annoncent d'emblée qu'ils émettront un avis négatif sur la question. Le collège ne s'est cependant pas encore prononcé officiellement, et Pacem in Terris attend beaucoup d'une prochaine rencontre avec le bourgmestre.

Depuis lors, circule une autre pétition. Lancée par le comité du VDV (Vilvoordse Démocratie Vilvorde), de Jean-Pierre Vermote, candidat aux élections communales d'octobre. Sa démarche jette un pavé dans la mare.

- Le VDV exige du bourgmestre Willy Cortois qu'il fasse respecter immédiatement l'ordre public, précise le texte qui aurait déjà récolté une soixantaine de signatures. Après la mise au pas du centre Pacem in Terris, le comité est convaincu que le bourgmestre agira de la même manière ferme concernant la salle 't Voorhof.

Sis dans la même rue que sa consoeur francophone, cette salle s'anime, elle aussi, de soirées dansantes, organisées quant à elles par une association flamande.

- C'est la réponse du berger à la bergère, avertit M. Vermote. Mais nous n'en faisons pas du tout une affaire linguistique. Nous voulons seulement l'application d'une même réglementation pour tous.

MARIE-LINE GABRIEL

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