LE SPORTING MIS AU TAPIS PAR CANIGGIA: BENFICA 3 - ANDERLECHT 1 ANDERLECHT ETAIT VRAIMENT TROP DIMINUE MAIS PLUS FORT QUE SPLIT?

Temps de lecture: 6 min

L'attaquant argentin, auteur de 2 des 3 buts de Benfica, en a fait voir de toutes les couleurs à l'arrière-garde anderlechtoise

Le Sporting mis au tapis par Caniggia!

Les Mauves se sont logiquement inclinés à Lisbonne. Un point sur quatre: leur qualification pour les quarts de finale devient utopique!

Benfica 3

Anderlecht 1

LISBONNE

De notre envoyé spécial

Le majestueux Estadio da Luz n'était qu'à moitié plein, hier soir, pour cette deuxième soirée de la Ligue des champions. Il est vrai que cet impressionnant vaisseau qui est le théâtre habituel des exploits du Benfica peut accueillir quelque cent vingt mille personnes. Ici, un demi-stade suffit donc largement à créer l'ambiance et à garantir une excellente recette. Heureux football portugais!

Comme toujours le premier à pénétrer sur la pelouse pour s'échauffer, Michel Preud'homme allait, bien avant le coup d'envoi, déclencher l'enthousiasme de la foule. En quelques mois, le gardien des Diables rouges a déjà conquis le coeur de Lisbonne. Faut-il vraiment s'en étonner?

Anderlecht jouait donc sans Emmers qui avait pris le premier avion de la matinée pour rentrer à Bruxelles mais avec Nwanu qui récupérait ainsi le poste de libero et aussi avec Weber qui avait hésité jusqu'au dernier moment en raison de ses douleurs au dos.

La partie commença avec beaucoup d'engagement de part et d'autre mais sur un rythme relativement lent. Les joueurs portugais tentèrent d'emblée de faire le jeu mais sans parvenir à inquiéter la défense anderlechtoise. Leurs attaques étaient, il est vrai, pour le moins débridées.

Au fil des minutes, les Anderlechtois, qui avaient commencé la partie de manière très prudente, prirent confiance en leurs moyens et se portèrent à l'attaque. Au quart d'heure, une percée d'Haagdoren fut sanctionnée d'un hors-jeu imaginaire et, quelques instants plus tard, Johnny Bosman faillit ouvrir la marque sur un centre en retrait de Weber mais Michel Preud'homme se coucha au bon moment pour détourner le ballon de la main hors de portée du Hollandais.

C'est précisément au moment où les joueurs de Boskamp semblaient prendre le match par le bon bout qu'ils se firent une première fois surprendre. A la 27e minute, Nelo adressa un centre brossé derrière la défense du Sporting en direction de Caniggia, lequel trompa De Wilde d'un tir en un temps (1-0). L'international argentin inscrivait ainsi le premier but des Lisbonains en 363 minutes de jeu, toutes compétitions confondues...

Les Anderlechtois repartirent courageusement à l'attaque et à la 34e minute, Josip Weber, pourtant décentré sur la gauche, décocha un violent envoi qui frappa le cadre du but de Preud'homme. Le sort semble décidément s'acharner sur le pauvre Croate...

Contre toute attente, les Portugais doublèrent leur avance, à cinq minutes de la mi-temps, toujours par Caniggia qui s'infiltra entre Walem, Rutjes, Nwanu et Crasson avant de placer le ballon à ras du poteau. 2-0 au repos.

Tout en début de seconde période, l'arbitre Zhuk accorda un penalty discutable à Benfica pour une intervention de De Wilde sur Pinto. Fou furieux, le gardien du Sporting écopa d'un carton jaune avant de détourner l'envoi de Caniggia.

Mais les joueurs de Benfica, complètement libérés, revinrent constamment à la charge au cours du deuxième acte. Caniggia mit encore fréquemment la défense anderlechtoise en difficulté mais c'est finalement Tavares qui fixa le score à 3-0 en reprenant de la tête un centre au second piquet de Paneira.

Dans les dernières minutes, Madeira marqua contre son camp, ce qui ne changea évidemment rien à l'affaire (3-1).

Après les éliminations de Seraing, Charleroi et l'Antwerp, mardi soir, en Coupe de l'UEFA, le football belge continue à boire la tasse...

J. Hg

Benfica: Preud'homme, Xavier (77e mn: Veloso), Madeira, Helder, Dimas, Tavares, Paneira, Pinto (88e mn: Kenedy), Caniggia, Nelo et Isaias.

Entraîneur: Jorge.

Anderlecht: De Wilde, Crasson, Nwanu, Doll, Rutjes, Boffin, Walem, Degryse, Haagdoren, Bosman et Weber.

Entraîneur: Boskamp.

Arbitre: Zhuk (Blr)

Buts: 27e mn: Caniggia (1-0); 40e mn: Caniggia (2-0); 73e mn: Tavares (3-0); 86e mn: Maldeira contre son camp (3-1).

Cartes jaunes: Walem, De Wilde, Boffin, Madeira, Doll.

Le Sporting était vraiment trop diminué

Sévèrement battus, hier soir, à Lisbonne, dans cette deuxième rencontre de la Ligue des champions, les Anderlechtois auront sans doute beaucoup de mal à redresser la situation. Avec un point sur quatre, ils ont vraisemblablement déjà perdu leurs meilleures chances de qualification. Il faudrait maintenant un fameux revirement pour changer le cours des choses. Dans les circonstances actuelles, il est permis d'en douter...

Sans Georges Grün, sans Bruno Versavel et aujourd'hui sans Marc Emmers, le Sporting est vraiment trop diminué pour espérer jouer encore un rôle sur la scène européenne. Ses faiblesses sont apparues à nouveau bien cruellement devant une équipe de Benfica transcendée par le dynamisme de l'Argentin Claudio Caniggia, auteur de deux buts superbes mais aussi responsable d'un coup de réparation manqué.

Les hommes de Johan Boskamp ont pourtant fait illusion pendant une demi-heure. Bien organisés, courageux et solidaires, ils semblaient en mesure de résister plus longtemps quand Caniggia surgit pour la première fois. Ce fut le début d'une défaite qui parut rapidement inéluctable.

Il est clair que Chidi Nwanu n'était pas prêt pour une mission aussi délicate. Son manque d'assurance jeta le trouble parmi ses partenaires. On devine la suite...

Il serait cependant injuste de ne pas souligner que les Mauves ont eu leur chance dans ce match. Un envoi de Weber sur le poteau, quelques montées de Crasson dont la force de pénétration gêna beaucoup les Portugais et surtout un fameux coup de tête de Bosman sont à mettre à leur crédit. Mais il y avait dans le but adverse un certain Michel Preud'homme qui se surpassa sur les rares réactions anderlechtoises. Ce qui n'est pas à proprement parler une surprise...

Accrocheurs en première mi-temps, les Anderlechtois disparurent progressivement après le repos, tout heureux encore que De Wilde ait repoussé un penalty et surtout un tir foudroyant de Caniggia. Il y avait, hier, un monde de différence entre les deux équipes.

Et ce n'est pas le dernier quart d'heure à l'avantage de l'équipe belge qui nous rendra l'espoir. Cet Anderlecht-là n'a plus les moyens de figurer à un tel niveau.

JACQUES HERENG

Preud'homme: «Anderlecht plus fort que Split»

Michel Preud'homme était, bien entendu, l'un des joueurs les plus entourés, hier soir après la rencontre. Même si l'équipe portugaise était supérieure aux Anderlechtois dans tous les secteurs de jeu, le gardien de notre équipe nationale s'est une nouvelle fois distingué par quelques arrêts déterminants.

Ma forme actuelle est la conséquences de mes bonnes prestations en Coupe du monde, disait-il. Pour un gardien de but, la confiance est très importante.

A propos de l'avenir des champions de Belgique dans cette Ligue des champions, l'ancien malinois enchaînait:

La rencontre que le Sporting va livrer contre Split sera évidemment décisive. Ils auraient tort de ne pas y croire. A mon avis, les Anderlechtois sont plus forts que les Croates. D'ailleurs, aujourd'hui, compte tenu de tous leurs blessés, ils n'ont pas mal joué du tout. En première période, ils ont développé quelques actions de grande qualité. Quant à nous, nous avons livré notre meilleur match depuis le début de la saison.

Johan Boskamp évoquait, lui aussi, les défections avec lesquelles il avait dû composer pour expliquer la défaite de son équipe.

Nous n'avions tout simplement pas les moyens pour rivaliser avec une équipe du calibre de Benfica, disait-il. Durant la première demi-heure, nous avons joué de manière très organisée. Mais, lorsque Caniggia a inscrit le premier but, notre édifice s'est effrité. En seconde période, j'ai demandé à Nwanu de participer davantage au jeu, ce qui induisait, bien entendu, une prise de risque supplémentaire. C'est la raison pour laquelle nous avons laissé tant d'occasions à nos adversaires.

Marc Degryse tâchait de retirer les enseignements positifs de la rencontre. Malgré la défaite, il estimait que son équipe avait bien joué.

Durant une demi-heure, nous avons été très bons, disait-il. Malheureusement, le premier but nous a coupé les jambes. Nous avons failli réduire la marque à quelques secondes du repos par Johnny Bosman, mais malheureusement Preud'homme est parvenu à détourner le ballon. Sans cela, je pense que nous aurions peut-être pu revenir dans le match en seconde période.

Enfin, signalons qu'Olivier Doll ne sera pas de la partie pour affronter Split lors de la prochaine journée de la Ligue des champions. Sa deuxième carte jaune écopée, hier soir, l'obligera à purger une suspension d'un match.

J. Hg

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