Retour aux résultats de la recherche

YVES BOEL:MONSIEUR SOFINA OU LE FINANCIER DE LA FAMILLE

Temps de lecture: 3 min

Yves Boël : Monsieur Sofina ou le financier de la famille

Yves Boël, arrière-petit-fils de Gustave Boël par son père, et arrière-petit-fils d'Ernest Solvay par sa mère, est le «financier» du groupe Boël. C'est une personnalité très en vue de nombreux conseils d'administration, parmi lesquels ceux de Solvay (qu'il préside), Petrofina, Tractebel, GIB, Générale de Banque (vice-président), Danone même... Si la saga familiale commence au siècle dernier dans le charbon et l'acier du Centre, où l'on connaît aujourd'hui les difficultés que traversent les Usines Gustave Boël (UGB), les Boël ont aussi vocation financière : leur bijou - de famille - se nomme Sofina, une holding de taille plus qu'honorable présidée par Yves Boël.

L'histoire récente de la Sofina est celle du rapprochement avec la Société générale de Belgique. Puis du divorce, en 1988, lors de la prise de participation majoritaire de Suez dans le capital de la Vieille Dame. Le rapprochement date de 1964, lorsque la SGB, «chevalier blanc», offre aux actionnaires de la Société financière de transports et d'entreprises industrielles, créée à la fin du siècle dernier, un rempart contre l'OPA lancée par la Compagnie d'Outre-Mer, une société financière du groupe Lambert. Une OPA dont les actionaires de la susdite Sofina, au premier rang desquels l'Union financière Boël, ne veulent pas. La Société Générale prend alors, avec leur appui, 24 % de la Sofina. Vingt-quatre ans plus tard, la Vieille Dame cèdera les rênes de la holding à l'Union financière Boël, qui s'en offre le contrôle avec l'aide de ses alliés naturels et familiaux, les Solvay et Janssen.

Aujourd'hui, les trois familles détiennent quelque 30 % de la Sofina : 12,6 % pour les Solvay et Janssen, via la Mutuelle Solvay, et 18,1 % pour les Boël, via l'Union financière Boël (8,3 %), la Société de participations industrielles (6,6 %) et Henex (1). À noter également les 5 % de Sofina détenus par Eurafrance, une émanation de la banque d'affaires française Lazard, et les autres 5,3 % détenus par le géant agroalimentaire Danone. A noter qu'Yves Boël est aussi administrateur de Danone et «partenaire» dans Alken-Maes, dont Danone est l'actionnaire majoritaire : la Sofina détient en effet, via Belgian United Beverages, près de 10 % du capital du brasseur - ce qui en fait le dernier gros actionnaire belge.

Holding davantage financier qu'industriel, dont la vocation n'est aucunement de chercher à imprimer une politique de gestion dans les entreprises où elle est présente, la Sofina constitue en tout cas un fameux ticket d'entrée dans des entreprises qui pèsent lourd dans l'économie belge. En voici quelques unes, sans souci d'exhaustivité.

Dans les «utilities» (services aux collectivités) : via sa participation de 40 % dans le holding Genfina (la SGB détenant les 60 % restant), la Sofina possède 8,08 % de Tractebel. Dans l'énergie : une participation de 1,6 % dans Petrofina et de 68,2 % dans Sidro, société cotée dont le portefeuille se compose d'une multitude de titres des plus importantes compagnies pétrolières.

Dans la finance, la banque et l'assurance : quelque 5 % de Royale Belge - ce qui fait de la Sofina le troisième actionnaire de l'assureur aux côtés de GBL (Albert Frère) et de l'assureur français UAP -, près de 1 % de la banque d'affaires Crédit Suisse First Boston - un investissement qui aurait coûté un milliard. Et 1,5 % de la Générale de Banque. Auxquels il faut ajouter le demi pour cent détenu par l'Union financière Boël. Ce qui explique qu'Yves Boël occupe le fauteuil de vice-président de la première banque du pays.

Dans la distribution : la Sofina détient 3 % de GIB, 5,2 % de Colruyt. Le tourisme : 18,3 % de Sun International. La presse, même : 9,1 % de Editeco (éditeur de l'Echo). Et la liste est encore longue.

DOMINIQUE BERNS

(1) Le «Groupe Boël» n'est pas à proprement parler un groupe, mais plutôt un ensemble d'entreprises réparties entre quatre holdings non cotées, dont l'actionnariat est mal connu : les Usines Gustave Boël, l'Union financière Boël, la Société de participations industrielles et la Société hennuyère d'expansion (Henex). Seules les UGB ont vocation industrielle, les trois dernières étant exclusivement financières.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La Une Le fil info Partager

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une