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L'HIVER,CETTE FOIS,EST BEL ET BIEN A NOS PORTES: FC BRUGEOIS 0 - SARAGOSSE 1 FAUT-IL BRULER HUGO BROOS QUI S'EN SOUVIENDRA?...

Temps de lecture: 7 min

L'hiver, cette fois, est bel et bien à nos portes !

Une grossière erreur défensive a anéanti les ultimes espérances brugeoises. La Belgique n'a plus aucun représentant en Coupes d'Europe !

FC Brugeois 0

Saragosse 1

Patatras ! Le monde s'est définitivement écroulé sous nos pieds, à l'Olympiapark où, le lendemain de la Toussaint, l'Europe a inhumé le FC Brugeois après avoir porté en terre Anderlecht, le Standard, le Lierse et Alost.

L'automne et même l'hiver sont bel et bien, désormais, à nos portes. Et pourtant, l'enthousiasme des sympathisants brugeois faisait plaisir à voir et à entendre, ce jeudi soir, au coup d'envoi de ce match capital. L'annonce de la composition des équipes avait encore renforcé la confiance des supporters flandriens, heureux d'apprendre que Van der Heyden et Van der Elst avaient été déclarés aptes au service. À l'exception de Renier, leur équipe favorite allait ainsi entamer ce huitième de finale avec les meilleurs atouts dans les pieds. Il restait aux troupes de Hugo Broos à faire honneur à la réputation de leurs illustres aînés qui tant de fois par le passé étaient parvenus à inverser chez elles, à la faveur de la seconde manche, le verdict du match aller.

Par la voix de son entraîneur, Bruges avait claironné haut et fort son intention de ne pas se ruer, d'entrée de jeu, à l'assaut du but ibérique. Mais le naturel revenant toujours au grand galop, on vit les «blauw en zwart» faire tout le contraire et injecter, sans la moindre retenue, toute leur puissance d'action dans un tonitruant prologue. Non seulement Bruges opérait-il à la vitesse supersonique mais aussi et surtout développait-il, au cours de ces premières minutes, un jeu tout à la fois chatoyant et explosif. L'efficacité, hélas, faisait une fois de plus crellement défaut en zone de vérité où Vermant et Van der Heyden loupèrent tour à tour l'occasion de porter rapidement les leurs au commandement.

C'était hier au tour de Saragosse de subir la férule de l'opposition. Sa défense, pourtant rompue aux exigeants combats de la Liga, éprouvait les pires difficultés, sur ce terrain surdimensionné, à neutraliser les incessants changements d'aile imposés par nos compatriotes. Les interventions fautives se mirent ainsi à pleuvoir, justement réprimées par l'excellent arbitre Momirov. Jusqu'au repos, Bruges domina copieusement son sujet sans parvenir, toutefois, à trouver la faille. À l'image de Staelens qui marquait un temps d'hésitation au moment de presser la gâchette, il était en train de réaliser le match - presque - parfait.

Seuls l'un ou l'autre élément n'était pas parvenu, jusque-là, à extérioriser pleinement son état de forme. Pointés du doigt à la pause, Stanic et Spehar unirent leurs efforts, dès la reprise, afin de confondre leurs détracteurs. Mais le ballon, une fois encore, fusa un rien à côté de l'objectif. La formation locale avait ainsi repris le cours de son époustouflant match poursuite, plus que jamais encouragée par un public qui avait conscience d'en avoir vraiment pour son argent.

Dans son implacable mouvement de ratissage, la trotteuse chronométrique n'en faisait cependant pas moins monter la tension, et l'appréhension, sur les gradins. Le Club avait tellement joué avec son bonheur, ces derniers temps, qu'il ne paraissait plus, aux yeux de ses plus fidèles partisans, à l'abri d'un nouvel et fatal accident. Sans pour autant apparaître comme un foudre de guerre, Saragosse leur semblait toujours capable, en contre, de porter le coup de grâce. Et l'entrée de Dani, en remplacement de Higuera, ne fit qu'amplifier leurs craintes de voir leur montagne d'espérances s'effondrer, comme un vulgaire château de cartes, à la première incursion de la petite perle madrilène.

La marge de manoeuvre se rétrécissait inéluctablement, au fil du temps, pour nos compatriotes qui commençaient à accuser, après une heure quart d'intenses efforts, les premiers signes de la fatigue. Spehar y alla encore d'une tentative personnelle, sans plus de réussite qu'auparavant.

Selon un scénario prévisible, Broos introduisit Verheyen tout en fin de parcours. Le moment du quitte ou double survenait pour Bruges contraint à prendre tous les risques dans une ambiance de plus en plus électrisée. C'était alors que survenait un dernier coup de théâtre qui, à la suite d'une mésentente grossière entre Verlinden et Okon, emportait par le grand fond les ultimes illusions européennes du Club. Et, avec elles, celles de notre sport-roi, plus paumé que jamais...

JEAN-LOUIS DONNAY

FC Brugeois : Verlinden, Medved (75e mn : Verheyen), De Brul, Okon, Borkelmans, Vermant, Staelens, Spehar, Van der Elst, Van der Heyden et Stanic.

Entraîneur : Broos.

Saragosse : Juanmi, Belsue, Caceres, Aguado, Solana (46e mn : Paqui), Poyet, Aragon, Oscar, Berti (73e mn : Garcia), Higuera (56e mn : Dani) et Morientes.

Entraîneur : Fernandez.

Arbitre : Momirov (Bul).

But : 89e mn : Morientes (0-1).

Cartes jaunes : Poyet, Belsue, Aguado et Aragon.

Faut-il brûler Hugo Broos ?

«Hugo buiten, sterke Jan !»

En réclamant, sous le coup d'une intense déception, la tête de leur entraîneur et le retour au bercail de Ceulemans, une frange, fort heureusement minoritaire, du public brugeois a brûlé en quelques secondes le pacte qu'elle avait signé avec un homme intègre et sans reproche. Ce n'est tout de même pas à Broos, en effet, qu'imcombe la responsabilité de tous les maux s'étant abattus, hier, sur l'Olympiapark.

Incapables de maîtriser leurs nerfs en zone de conclusion, les artilleurs brugeois se sont, en effet, avérés incapables de concrétiser l'insolente supériorité affichée, nonante minutes durant, ce jeudi, face à Saragosse.

L'ombre du «Caje» planait bel et bien en cette maudite soirée, non pas sur le banc de touche mais bien sur la pelouse où l'on aurait tout aussi bien pu espérer la rentrée d'un « terminator» de la trempe de Raoul Lambert. Stanic, dont on attend toujours l'étincelle dans un match de vérité, pas plus que Spehar, encore beaucoup trop tendre pour diriger avec l'efficacité d'un Degryse les événements, n'ont jamais justifié tout le raffut dont on les a crédités cet été.

Mais que dire, dès lors, de Verlinden et, accessoirement, de son arrière-garde dont les étourderies n'en finissent plus d'inspirer les amateurs d'humour noir ?

Bien sûr, la qualification s'était-elle déjà envolée au moment où Morientes poussa le ballon au fond des filets brugeois. Mais il n'empêche que de telles erreurs, à ce niveau-là de la compétition, se paient au grand comptant. Et le drame, c'est qu'elles sont devenues à ce point fréquentes dans notre championnat qu'elles engendrent sur la scène internationale les pires dégâts.

C'est toute l'explication de notre élimination collective des Coupes comme du championnat d'Europe des nations. Et Broos, hélas, n'est pour rien là-dedans !

J.-L. D.

Broos se souviendra de cette soirée

Depuis qu'il a débarqué à l'Olympiapark, Hugo Broos a connu beaucoup plus de joie que de peine. La cruelle soirée d'hier restera à coup sûr comme l'une des plus noires de sa carrière brugeoise. C'est, en effet, sous les cris de Hugo buiten (Hugo, dehors) et de Sterke Jan, Sterke Jan (le surnom de Ceulemans...) que le Humbeekois a regagné les vestiaires. Quelques trublions, qui n'hésitèrent pas à casser une vitre de la tribune principale pour exprimer leur courroux, l'attendaient chaudement lors de l'explication d'après-match...

Si je suis déçu, ce soir, ce n'est pas parce qu'il n'y a désormais plus de clubs belges en Coupes d'Europe mais bien parce que Bruges est éliminé !, dit Broos. Mon équipe a fait tout ce qu'il fallait, poursuit le coach. Nous nous sommes créé cinq ou six occasions, dont trois franches. Nous ne les avons tout simplement pas exploitées. Je remarque qu'une nouvelle fois, nous encaissons un but stupide. Moralement, ce goal peut laisser des traces. J'avoue que je ne comprends pas vraiment la réaction du public. Ce dernier peut crier sur moi tant qu'il veut mais, de grâce, puisse-t-il au moins continuer à supporter les joueurs, qui en auront plus que besoin dimanche face au RWDM...

Dans les vestiaires, l'ambiance était, on l'imagine, aussi électrique que dans ce qui servait de salle de presse. Dany Verlinden et Paul Okon ne partagent pas la même banquette. Ils laveront donc leur linge sale, plus tard, en famille...

Je préfère ne pas parler de ça, murmura l'Australien en évoquant le but qui rapportera gros à « vidéo-gags». Je ne sais pas bien ce qui s'est passé. Moi, je regardais dans un sens; Danny dans un autre... Tout cela n'est cependant que péripétie en regard de notre élimination. Quel gâchis après toutes les occasions de but que nous avons eues ! Il ne faut cependant pas se voiler la face : Bruges traverse une mauvaise période depuis deux ou trois semaines.

Dégoûté par ce qui venait de lui arriver, le pauvre Verlinden faisait vraiment peine à voir au sortir de la douche.

À ce moment de la partie, j'ai voulu accélérer le jeu en donnant rapidement la balle à Paul, avança l'un des deux héros malheureux de la soirée. Hélas ! ce dernier se retourna au moment même où je lui transmettais la balle. Il pensait sans doute que j'allais dégager loin. Pfff..., il fallait vraiment que ça m'arrive ! Cela dit, on ferait surtout un foin de cette mésentente si, au moment de cette phase, le marquoir avait affiché 1-0...

Vital Borkelmans, qui avait livré une partie courageuse après sa bévue de samedi face au Lierse, était tout aussi effondré que ses deux partenaires.

Tout le monde s'est donné à fond et nous avons dominé Saragosse pendant 90 minutes, mais ce petit but n'est jamais tombé. Je regrette la réaction des supporters, qui réclament la tête de l'entraîneur. Si nous n'étions pas à fond derrière lui, nous ne nous serions certainement pas battus comme nous l'avons fait ce soir.

Nous avons fait ce qu'il fallait, concluait Franky Van der Elst, à savoir attaquer de la première à la dernière minute. La seule chose que l'on pourra nous reprocher, c'est de ne pas avoir marqué...

ALEXANDRE CHARLIER

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