Le Poche hurle à l'amour

Le Poche hurle à l'amour LAURENT ANCION

B ordel, est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu? Tel pourrait-être, en substance et en soulignant le trait, l'appel fracassant lancé par la 51 e saison du Théâtre de Poche. Fort de ses 50 ans aujourd'hui accomplis, le Poche choisit une fois de plus - mais est-ce vraiment un choix? - de s'attaquer à la réalité du monde , note le directeur Roland Mahauden.

Le Poche ne perd pas de temps. La saison débutera le 3 juillet, avec la prolongation des «Monologues du vagin», joués tout l'été. Ce plaidoyer pour l'écoute sera suivi par d'autres spectacles où la question de la dignité est centrale. Nous n'avons pas de leçon à donner au public (...) , insiste Mahauden. Nous voulons simplement dire: cela nous concerne tous. Parlons-en. Allons-y.

*«Les monologues du vagin». Basé sur la parole de 200 femmes de tout bord, le texte de l'Américaine Eve Ensler fait un tabac. Il est de ceux qui délient les langues et remuent les sens. Avec Isabelle Wéry (au Poche jusqu'au 23/6; à Seraing du 27 au 30/6), Christine Boisson (au Poche du 3 au 21/7) puis Estelle Marion (du 24/7 au 11/8).

*«La revue camique». Les Premières rencontres du Poche, sous la houlette de Charlie Degotte. Après «La revue Panique» et Topor, le metteur en scène réunit tous les comédiens frais émoulus de nos écoles autour de l'oeuvre de Cami, ce «Balzac de la fantaisie» (du 3 au 14/9 au Poche; le 15/9 à Seraing).

*«Un beau jour». Créé au Théâtre de l'Ancre, ce texte à la fois réaliste et décalé de Denis Lumborg est joué par Thierry Waseige. Comment éduquer nos enfants, comment leur manifester de l'amour sans être taxé de perversité? (du 24/9 au 13/10).

*«Anéantis». Michel Bernard met en scène la première pièce de Sarah Kane. Son théâtre, sombre et féroce, narre ici l'âpre destin d'un couple confronté à la mort alors qu'il ne cherche que l'amour (du 16/10 au 3/11).

*«Les contes (de Noël) urbains». Quatre textes, quatre auteurs belges. Layla Nabulsi, Muriel Denis, Serge Kribus et Riton Liebman (d)écrivent sans complexes nos réalités hivernales (du 20/11 au 31/12).

*«Le père des anges». Tuvia Tenenbom, directeur du Théâtre Juif de New-York, dirige une distribution belge au fil d'une tragi-comédie dont il est l'auteur. Une fable réaliste, pour comprendre les origines du conflit israélo-arabe (du 15/1 au 23/2).

*«Big Brother is fucking you». Un titre sans fard pour une comédie musicale grattant le vernis US. Une distribution belgo-africaine, guidée par Derek Goldby (du 12/3 au 20/4).

*Tournées. La Ligue des droits de l'homme et le Poche proposent «Un fou noir au pays des blancs», l'imparable conte de Pie Tshibanda. «The island», «Les monologues du vagin» et «L'art d'aimer» prennent aussi la route pour relayer l'appel au respect.

Théâtre de Poche, 1a, chemin du Gymnase, 1000 Bruxelles (02-649.17.27).