Aelvoet part, les Verts restent La ministre Agalev ne supportait plus le dilemne népalais

Aelvoet part, les Verts restent

La ministre Agalev ne supportait plus le dilemne népalais

Commerce des armes

BENEDICTE VAES

DIRK VANOVERBEKE

Magda Aelvoet, ministre Agalev de la Santé publique, de la Protection de la consommation et de l'Environnement a démissionné lundi soir du gouvernement fédéral, à l'issue d'un bureau de parti très agité qui a duré plus de trois heures. Le président des verts flamands, Jos Geysels, a tenu à s'assurer que la décision personnelle de sa chef de file était irrévocable avant de la rendre publique. Le Premier ministre a pris acte de cette démission, en soulignant mardi midi toute son estime pour le travail remarquable réalisé par la ministre Agalev au sein d'un Département difficile.

Magda Alvoet, qui est entrée en politique en 1979, avait deux heures plus tôt fait une brève déclaration devant la presse, mardi matin, avant de refuser toutes questions. D'une petite voix, nouée par l'émotion, elle a déclaré : La décision relative à la livraison d'armes au Népal a été pour moi de plus en plus difficile à supporter durant les derniers jours. C'est surtout lorsqu'il s'est avéré que l'Allemagne avait refusé une livraison que mes doutes se sont encore accrus. D'une part, je ne parvenais pas à prendre mes distances par rapport à la décision (ndlr : du conseil des ministres restreint du 11 juillet) car j'y étais pour une part responsable. D'autre part, celle-ci me rendait de plus en plus mal à l'aise. C'est pourquoi j'ai pris la décision de mette un terme à ce dilemme et de démissionner du gouvernement.

La ministre vert insiste : Ma décision est toute personnelle. J'en prends l'entière responsabilité. Je ne veux pas y mêler mon parti. Je reste, plus que jamais, persuadée de l'importance des écologistes à ce gouvernement.

Surtout, je reste convaincue du fait que celui ou celle qui sera appelé(e) à me succéder devra pouvoir bénéficier de toute la marge de manoeuvre nécessaire afin de mener à bien les projets que j'ai entamés, et qui sontattendus par la population.

Magda Aelvoet a décrit son bilan personnel de manière positive, épinglant les trois réussites qui lui tiennent le plus à coeur : la sécurité alimentaire, le rôle du généraliste et les droits des patients.

Je ne pars pas sans être parvenue à engranger des résultats dans des domaines importants pour les gens. L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire est en bonne voie et démontre au quotidien son utilité pour la population. Cette étape marque clairement une rupture par rapport au passé. J'en suis fière.

A l'heure actuelle, la population dispose d'un accès correct aux soins de santé, notamment grâce au recours aux soins de permière ligne.

La loi sur les droits des patients renforce le rôle des patients dans les soins de santé. Elle permettra d'aider, de manière humaine et efficace, les patients qui formulent des plaintes et elle évitera qu'ils soient confrontés à de longues procédures devant les tribunaux.

Magda Aelvoet, qui compte continuer à militer activement dans son parti, conclut : Je n'ai aucun doute sur le fait que tout ceci a pu être réalisé grâce à la présence des verts au gouvernement . Parmi les successeurs possibles à Magda Aelvoet, les noms du député Jef Tavernier et de la ministre flamande Mieke Vogels, responsable du Bien-Etre, circule. Cette dernière a fait savoir : A choisir, je préfèrerais conserver mon maroquin communautaire. Mais c'est le parti qui décidera.

Guy Verhofstafdt a précisé, dans sa brève allocution, ce mardi midi, que le gouvernement poursuivra son travail en accord avec tous les partenaires de la majorité, y compris avec les Verts flamands : le gouvernement présentera un budget 2003 prudent, crédible et en boni pour la quatrième année consécutive. La déclaration politique d'octobre approfondira les réformes socio-économiques.

Revenant sur la vente des fusils-mitrailleurs au Népal, qui a précipité la chute de la ministre Agalev, le Premier reconnait : la décision n'a pas été facile mais nous nous sommes appliqués à réaliser un bilan avant de la prendre. Je justifierai la semaine prochaine, avec le ministre des Affaires étrangères, notre choix devant le Parlement. Il consistait soit à apporter notre aide à une jeune démocratie qui souhaite organiser des élections avant la fin de l'année ou à laisser faire un mouvement terroriste qui veut installer une dictature au Népal. Je livrerai au Pqrlement tous les éléments démontrant que cette décision est conforme à la loi. Mais je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas de problèmes de droits de l'Homme au Népal. L'Union européenne envisage d'ailleurs d'y envoyer des observateurs.

La gouvernement poursuit sa tâche : vendredi, il planchera sur un ordre du jour ponctué de 30 points. Sans Magda Aelvoet.·

page 3