Orp-le-Grand Dixième anniversaire du Jeune Théâtre d'Appoint Le prince a tort de les condamner « En wallon, c'est plus savoureux » Presse malmenée dans une école

Les jeunes omniprésents sur les planches.

A Orp, une bande d'ados reprend une comédie de Jean-Paul Alègre.

Le plaisir d'une oeuvre collective.

Orp-le-Grand

Dixième anniversaire du Jeune Théâtre d'Appoint

Le prince a tort de les condamner

DANIEL DELLISSE

Soudain, le public s'est levé en poussant un « aaah » inquiet. Emportée par son élan, concentrée sur sa réplique, Catherine, 17 ans, alias Chocolat, le clown « dyxlestique », a basculé dans le vide, devant la scène. Mais elle remonte sur l'estrade et poursuit, ses partenaires contenant rapidement un début de fou rire. Sûr que dans dix ans, quand on célébrera le vingtième anniversaire du Jeune Théâtre d'Appoint, ils s'en souviendront, de la chute de Chocolat...

Dès les débuts du Théâtre d'Appoint d'Orp-le-Grand, des adolescents gravitaient autour de la troupe. Difficile, pourtant, d'intégrer des jeunes à une pièce interprétée par des adultes. L'idée de créer un groupe spécifique a germé et, en mars 1993, le Jeune Théâtre d'Appoint présentait son premier spectacle. Dix ans et autant de pièces plus tard, d'autres ados ont pris le relais et proposent jusqu'au 29 mars « Les cinq dits des clowns au prince », une comédie de Jean-Paul Alègre montrant l'utilité des artistes dans la société.

Catherine, qui en est à son deuxième rôle (et qui sortira de sa mésaventure sans bobo), a toujours aimé le théâtre. Arnaud, lui, 19 ans, tragédien caricatural dans la pièce, fait presque partie des meubles : c'est sa cinquième participation. Au début, j'étais venu pour me soulager. Je ne fais pas de sport. Il manquait un comédien et ma soeur était déjà dans la troupe. Je croyais qu'il fallait seulement lâcher son texte sur scène, mais je me suis rendu compte que c'est tout un monde, de l'amitié, de l'amusement.

Si possible, Arnaud jouera encore un an avec les jeunes, puis il passera chez les adultes. Avant de tenter sa chance, il y pense, dans une école d'art dramatique.

Avant lui, quelques anciens Appointés sont devenus professionnels, preuve s'il en faut de la qualité de la troupe, coup de coeur 2002 du jury du tournoi provincial d'art dramatique.

Symboliquement, le conseil d'administration a demandé à Serge Morciaux, le fondateur de la troupe des jeunes, d'assurer la mise en scène de la pièce anniversaire. C'est la quatrième génération, mais l'esprit n'a pas changé, constate-t-il. On consacre toujours autant de moyens aux jeunes qu'aux adultes, et le spectacle change de saison en saison. Cette année, c'est un groupe d'une cohésion étonnante. Ils sont... gentils, je ne trouve pas d'autre mot.

Ce soir-là, devant une soixantaine de personnes et quelques chaises vides, les clowns, le tragédien et les autres artistes ont tenté de convaincre le prince qu'il avait eu tort de les condamner.

Parfois, un projecteur tardait à s'allumer. Certaines voix exigeaient des spectateurs une ouïe parfaite. Mais tous, à l'image de Chocolat, partageaient le plaisir d'une oeuvre collective. Exaltassionnant.·

Vendredi et samedi à 20 h, dimanche à 15 h. Ecole communale d'Orp-le-Grand, rue Sylvain Bawin. PAF : 8 euros. Réduction ABCD, étudiants et Article 27. Rés. : 019-51.10.38.

« En wallon, c'est plus savoureux »PORTRAIT

CATHERINE MOREAU

Ils filent le parfait amour, Vincent, le fils du boucher flamand, et Mariette, prunelle des yeux du boucher wallon installé à deux pas. Jusqu'à ce que la mégère du village vienne semer la zizanie, donnant à l'idylle des allures de lutte shakespearienne entre Montaigu et Capulet .

C'est Séverine Piret-Gérard, psychologue de 25 ans travaillant au conseil régional de la formation à Jambes, qui endossera le rôle de cette « Juliette » dans « Vaut mia des rire », pièce en wallon de Michel Robert, présentée ce week-end à Céroux (1). J'avais eu l'occasion, à plusieurs reprises, d'aller applaudir mon père qui jouait dans des pièces du cercle royal dramatique « Art et plaisir », dirigé par Emile Tasson, explique-t-elle. L'an dernier, on cherchait quelqu'un pour un petit rôle : j'ai eu envie de relever le défi.

Un essai plutôt concluant : la jeune fille, qui ne connaissait du wallon que quelques expressions familières de ses grands-parents, a accepté cette fois un rôle nettement plus consistant. Pas facile. Il a fallu d'abord lire et comprendre le texte, puis parvenir à l'exprimer de manière fluide, avec la bonne intonation.

Nous sommes ainsi trois jeunes de la région à vivre cette aventure théâtrale, ajoute-t-elle. Nous avons beaucoup ri. Une aventure qui s'inscrit dans le cadre de la vie culturelle d'un village où j'ai passé mon enfance et mon adolescence. J'ai le sentiment de perpétuer ainsi une tradition familiale, de rejoindre mes racines. Et puis, il faut bien avouer que certaines expressions, certains mots sont tellement plus savoureux en wallon !·

(1) Vendredi 21 à 20 h, dimanche 23 à 16 h dans la salle Jules Ginion, sur la place Communale de Céroux. Réservation : 010-61.29.18.

Presse malmenée dans une école

VINCENT VANHAM

Si le théâtre scolaire a mauvaise réputation et n'attire bien souvent que les familles des acteurs, la troupe théâtrale de l'athénée de Waterloo tente néanmoins de lui redonner des lettres de noblesse. Cela fait 24 ans que, sous la houlette de leur prof de français Alain Van Styvendael, des étudiants de 15 à 18 ans montent sur les planches. Depuis le début octobre, les étudiants consacrent tous leurs mercredis après-midi aux répétitions, explique Alain Van Styvendael. Cela montre le sérieux de leur engagement. Je n'ai pas la prétention d'en faire de grands acteurs mais au moins de les faire participer à un spectacle valable.

Cette année, les élèves proposent une pièce de Christian Palustran : « Le paysan, le roi et la marmite ». On y raconte l'histoire du village de Ménetou-en-Vermontois dans le royaume de Xaintrie où existe un projet d'installation d'une centrale nucléaire. Toute la population voit cela comme une chance, sauf le fermier dont les terres vont être expropriées. Pour se faire entendre, il kidnappe le roi. C'est alors que les médias s'en mêlent. Des médias qui en prennent d'ailleurs pour leur grade dans cette pièce où sont tournés en dérision tous les procédés journalistiques : sondages, médiatisation à outrance, recherche du scoop, désinformation...·

« Le paysan, le roi et la marmite ». Les 21, 22, 28 et 29 mars à 20 heures à l'athénée de Waterloo, entrée par la drève du Moulin. PAF : de 3 à 7 euros. Infos : 02-354.92.76.