FOOTBALL Ligue des Champions - Anderlecht se relance grâce à une prestation trois étoiles à 10 contre 11 contre le Celtic de Glasgow Et s'il refaisait le coup d'il y a 3 ans ? Broos: «Un réel exploit!» Lyon arrache un point face au Bayern LE MATCH Dindane offre un premier succès au Sporting «Tout se jouera contre Lyon»

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FOOTBALL

Ligue des Champions - Anderlecht se relance grâce à une prestation trois étoiles à 10 contre 11 contre le Celtic de Glasgow

Et s'il refaisait le coup d'il y a 3 ans ?

* Anderlecht a brillé pour conquérir une victoire magnifique contre le Celtic. * Réconcilié avec son public, le Sporting bruxellois remonte à la troisième place.

JEAN-FRANÇOIS LAUWENS

Superbe Anderlecht ! Au moment où son équation en Ligue des champions se résumait à la formule « Vaincre ou mourir », au moment où il s'est retrouvé dans l'adversité à cause de l'expulsion précoce de De Boeck, le Sporting a trouvé les ressources d'aller conquérir une victoire superbe contre le Celtic Glasgow (1-0), une victoire un million de fois méritée et qui efface d'un coup toutes les frustrations nées du penalty de Lyon et de l'égalisation du Bayern puisque ce succès permet à Anderlecht, grâce au nul du Bayern à Lyon, de remonter à la troisième place du groupe avant d'aller à Celtic Park le 5 novembre !

Au coup d'envoi, Broos avait finalement décidé de faire confiance à De Boeck plutôt qu'à l'autre convalescent, Tihinen, pour prendre place au milieu de la défense. Pressant d'emblée très haut et pratiquant le contre à toute vitesse, le Celtic donnait directement des motifs d'inquiétude au Sporting. Mais celui-ci entrait plutôt bien dans le match avec un essai de Deschacht retombant sur le dessus de la barre transversale et une reprise de Mornar sur le gardien. Les Bruxellois prenaient l'ascendant dans cette rencontre face à une équipe manifestement venue pour prendre un point et faire mal en contre-attaque.

Mais, à la 26e minute, l'arbitre autrichien de la rencontre donnait un sérieux coup de pouce aux Britanniques. De Boeck, qui avait déjà été averti pour un tacle par derrière au milieu du terrain (une faute impardonnable pour un joueur de cette expérience) sur la personne de Larsson, retenait Hartson par le maillot à l'entrée du grand rectangle. L'arbitre n'hésitait pas à brandir un deuxième carton jaune et à exclure le capitaine anderlechtois, qui sera donc suspendu dans 15 jours à Glasgow. Anderlecht devrait donc jouer plus d'une heure à 10 contre 11. Même si un but écossais était annulé pour hors-jeu, Broos prenait le risque de jouer avec 3 défenseurs pour le reste des opérations.

Heureusement, après avoir encaissé le coup, les Mauves retrouvaient leur jeu d'avant l'exclusion de l'Anversois en reprenant position devant le but visiteur. Mais si, par moments, les leaders du championnat de Belgique cherchaient un peu trop le penalty, l'arbitre, pour sa part, laissait beaucoup trop faire ces Ecossais jouant au football avec la même finesse que leurs ancêtres pratiquant le lancer de troncs d'arbres dans les Highlands. Cela dit, s'il aurait pu sanctionner l'intervention de Balde sur Dindane, il aurait surtout pu de manière nettement plus évidente également accorder au Celtic un penalty pour une faute de Deschacht sur Larsson. Les Anderlechtois, aussi bien dans le rythme que lors de leur première période face à Bruges il y a deux semaines, obtenaient encore quelques possibilités sérieuses en fin de première période.

Restait à voir comment Anderlecht allait négocier une seconde mi-temps en infériorité numérique face aux tours écossaises. Décidé à prendre des risques plus qu'il ne l'avait prévu encore, Broos, dont on a si souvent critiqué la frilosité des choix, se refusait à introduire Tihinen au jeu, à charge pour l'exceptionnel Kompany, du haut de ses 17 ans, de stopper quasiment à lui tout seul les assauts britanniques. Dès la reprise, alors que Valgaeren était monté côté Celtic, Varga ratait une occasion énorme de mettre Anderlecht à genoux.

Mais, comme ils l'avaient promis, les Bruxellois tenteraient de prester à ce niveau 90 minutes durant. Aussi, comme à ses plus belles heures, Anderlecht, superbe d'abnégation, continuait à pousser de plus belle. Devant un Baseggio inspiré et un Hasi irréprochable, Mornar et Dindane couraient sans compter mais, plus le temps passait, plus l'infériorité numérique du Sporting risquait de se payer au prix fort sur le plan physique devant des attaquants écossais de plus en plus pressants.

Alors que l'on sentait Anderlecht proche du point de rupture, Anderlecht recevait enfin la récompense de ses efforts opiniâtres quand Wilhelmsson arrachait un ballon sur la droite pour aller l'offrir à un Dindane qui n'en attendait plus tant : 1-0. Il restait 18 minutes à tenir. Anderlecht et Zitka le feront contre vents et marées. Chapeau !·

Broos: «Un réel exploit!»

JEAN-LOUIS DONNAY

Battu à Lyon, tenu tour à tour en échec, sur ses terres, par le Bayern Munich et le FC Bruges, Anderlecht tient enfin son premier succès de prestige de la saison. En venant à bout du Celtic, à dix contre onze de surcroît, le Sporting a même forgé mercredi l'une de ses plus belles performances européennes de ces dernières saisons.

C'est vrai qu'il s'agit d'un réel exploit, commentait, sur un ton pourtant très mesuré, l'entraîneur des Mauves. J'ai toutes les raisons d'être très fier de la prestation d'ensemble de mes hommes. Dans des conditions rendues extrêmement difficiles à la suite de l'exclusion rapide de De Boeck, ils ont témoigné d'un esprit d'équipe à tous égards remarquable. Leur handicap numérique les a littéralement transcendés.

A l'inverse, l'adversaire écossais est apparu beaucoup moins à l'aise dès lors qu'il s'est retrouvé en supériorité.

Il en va souvent ainsi, enchaînait Broos. Dans leur subconscient, les joueurs estiment avoir la partie plus facile dès lors qu'ils se retrouvent plus nombreux sur la pelouse. Leur volonté s'étiole, leur concentration s'amenuise et ils perdent pied peu à peu alors qu'ils croyaient que c'était déjà dans la poche. C'est un phénomène qu'on rencontre régulièrement en football mais nous n'allons évidemment pas nous plaindre de cette situation. Sur l'ensemble de la partie, nous n'avons pas volé notre succès.Ce petit but nous permet de recoller au peloton. Désormais, nous avons à nouveau notre sort entre nos pieds. Si nous parvenons à prendre quelque chose, dans 15 jours à Glasgow et qu'ensuite nous venons à bout de Lyon, je pense même que nous pourrions briguer la deuxième place. Et la qualification.

Interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à prendre tous les risques en poursuivant la partie avec 3 défenseurs après l'exclusion de son capitaine, le coach brabançon expliqua:

Il restait alors un quart d'heure à jouer avant la pause. Je me suis résolu à attendre le repos avant d'apporter éventuellement du changement à l'arrière. Mais nos défenseurs ont fait preuve d'une telle maîtrise, dans le chef, notamment des jeunes Kompany et Deschacht, extraordinaires de maîtrise, que nous avons décidé de ne rien changer à notre tactique. Bien sûr, mes garçons ont-ils puisé très largement dans leurs réserves, mais le verdict de la rencontre effacera rapidement les stigmates de la fatigue. Je ne nourris donc aucune crainte à l'idée d'affronter, samedi, le GBA.·

Lyon arrache un point face au Bayern

Dans l'autre match du groupe d'Anderlecht, l'Olympique lyonnais a préservé ses chances de qualification en signant in extremis un match nul (1-1) face au Bayern Munich. Après avoir été menés au score dès la 25e minute sur un but de Roy Makaay, les hommes de Paul Le Guen, longtemps ballottés, ont produit dix dernières minutes époustouflantes. Peguy Luyindula égalisa de la tête (88e) avant que Giovane Elber ne soit bien proche de donner la victoire aux siens sur un tir en pivot repoussé de façon incroyable par le gardien Oliver Kahn.

Pour l'occasion, Paul Le Guen avait renforcé son milieu de terrain avec le duo de véritables récupérateurs Diarra-Essien entourant l'explosif Dhorasoo. Juninho était chargé d'alimenter en ballons de but le duo Elber - Govou. Mais la première occasion fut allemande et fut transformée en but. Le Paraguayen Roque Santa Cruz avait remonté le ballon côté droit, Michaël Ballack l'avait prolongé instantanément du plat du pied droit vers la surface où, à l'affût, le Néerlandais Roy Makaay trompait Grégory Coupet : 0-1.

Makaay l'ex-attaquant de La Corogne, successeur d'Elber en pointe de l'attaque du Bayern, marquait un point face au Brésilien désormais aux avant-postes de l'Olympique lyonnais. Sans forcer, le Bayern menait donc au score, alors que Lyon se montrait volontaire mais brouillon.

A la mi-temps, Paul Le Guen faisait entrer Florent Malouda à la place d'Eric Deflandre ce qui permettait à Anthony Réveillère de retrouver le flanc droit de la défense, son poste de prédilection. Les double champions de France semblaient reprendre leurs esprits, en élargissant le jeu sur les deux ailes. Mais sur un contre en surnombre, les Allemands manquaient d'un rien le break: Santa Cruz ajustait tranquillement Coupet, mais sa frappe était renvoyée par la base du montant gauche du gardien lyonnais. Mickaël Essien croyait lui aussi marquer sur un ballon en retrait de Réveillère mais sa frappe était contrée par... Elber. Puis, la situation se débloquait quand sur un décalage côté gauche créé par Juninho et Malouda, Peguy Luyindula parvenait à égaliser.

Dans le groupe B, l'Inter Milan, dirigé par Verdelli en attendant l'arrivée de Zaccheroni ce mercredi - Hector Cuper a été limogé voici trois jours -, a subi un premier revers des oeuvres du Lokomotiv Moscou (3-0). Premier club italien à chuter cette saison, l'Inter est rejoint en tête par Kiev, vainqueur d'un Arsenal (2-1) mal embarqué avec son seul point au compteur.

Le groupe C a enregistré la première défaite de Monaco (1-0 à La Corogne, nouveau leader) et le premier succès du PSV (0-1 à Athènes). Le groupe D, lui, compte dans ses rangs la seule équipe avec le maximum des points (que seul le Real Madrid peut égaler ce mercredi) et la dernière à zéro unité. Il s'agit de la Juventus, qui menait déjà 2-0 après 7 minutes devant la Real Sociedad (4-2) et, pour le bonnet d'âne, de l'Olympiakos, battu sur le plus petit score (1-0) par Galatasaray. (AFP.)·

LE MATCH

Dindane offre un premier succès au Sporting

8e. Sur une passe en retrait de Dindane, Deschacht, monté à l'entrée du rectangle, centre et tire à la fois un ballon qui frappe la transversale.

18e. Une combinaison en un temps entre Sutton et Larsson contraint De Boeck à une délicate intervention de la tête à proximité de Zitka.

26e. De Boeck, déjà averti, retient Hartson par le maillot à la lisière du rectangle : carte rouge.

27e. Sur un corner, Larsson saute plus haut que Deschacht et propulse le ballon juste à côté du poteau gauche de Zitka.

29e. Contrôle en mouvement légèrement trop long de Dindane qui, sentant Varga arriver, se laisse tomber dans le petit rectangle. Sans influencer l'arbitre.

31e. Sur un centre de la gauche, Larsson est à nouveau le meilleur de la tête, mais Zitka dévie le ballon. Hartson a suivi et marque, mais il avait été signalé hors-jeu sur la première phase.

34e. Deschacht entrave l'échappée de Larsson dans le rectangle en se jetant dans ses pieds : pas de penalty décrète l'arbitre.

43e. Wilhelmsson alerte Dindane qui, ballon collé au pied, se retourne dans le petit rectangle, pour tirer du gauche. Dévié le ballon échoue en corner sur lequel Dindane, toujours lui, frappe de la tête dans les mains de Hedman.

50e. Sur un centre venu de la gauche, Varga mystifie son monde et hérite d'un ballon qu'il n'a plus qu'à diriger vers le but. Bien que Zitka soit déjà au sol, Varga, déséquilibré, place à côté du but.

59e. Servi en profondeur, Mornar trompe toute surveillance mais doit risquer le lob car Hedman s'est lancé à sa rencontre. Le ballon échoue à la gauche de la cible.

72e. Un travail de Wilhelmsson qui efface Valgaeren sur le flanc droit de la défense écossaise est exploité par Dindane qui, dans la foulée, place le ballon, lui transmis au point de penalty, hors de portée du gardien de but : 1-0.

78e. Une perte de balle de Kompany permet à Sutton de lancer Larsson dans l'axe. Le Suédois évite l'intervention de Deschacht et enroule une frappe du pied gauche. Zitka avait anticipé la manoeuvre et se couche sur un ballon qu'il doit maîtriser en trois fois.

88e. Dégagement en catastrophe de Zewlakow devant Thompson qui se faisait menaçant. Le ballon fuse dans les tribunes.

89e. Flottement dans la ligne arrière anderlechtoise où le ballon échappe plusieurs fois à ses membres. Il finit par échoir à Hartson dans le rectangle, côté gauche. Il arme un tir qu'il veut placer du pied droit dans le plafond de Zitka qui, bien campé sur ses jambes, repousse l'envoi en coup de coin.

REMPLACEMENTS.

Anderlecht.

88e : Hendrikx pour Wilhelmsson ;

90e : Tihinen pour Kolar.

Celtic Glasgow.

46e : Valgaeren pour McNamara ;

80e : Miller pour Larsson.

CARTES JAUNES

Anderlecht

De Boeck, Hendrikx.

Celtic Glasgow

Petrov, Larsson.

CARTE ROUGE

Anderlecht

De Boeck (2 j., 25e).

ASSISTANCE

21.635 spectateurs.

«Tout se jouera contre Lyon»

De Boeck. Mes deux cartes jaunes sont indiscutables. A l'image du duo Hasi-Baseggio, époustouflant, toute l'équipe a été remarquable.

Dindane. Ne me demandez pas comment nous avons fait pour jouer à ce niveau à 10: je ne sais pas. On a mordu sur notre chique et on s'est battu jusqu'à la délivrance car on savait qu'une défaite nous éliminerait.

Baseggio. Je crois sincèrement que nous sommes en mesure de refaire le coup d'il y a 3 ans. Nous comptons 1 point de plus à mi-parcours qu'à l'époque. Ce groupe est serré et personne ne s'y est encore imposé à l'extérieur. Même si nous perdons au Celtic, qui sera un déplacement très ardu, tout se jouera contre Lyon. En tout cas pour la troisième place, qui reste notre objectif.

Mornar. A l'exclusion de De Boeck, il s'est passé quelque chose en nous qui nous a dit: Maintenant, il faut gagner.

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