Ligue des champions - Un penalty sévère élimine les Bruxellois au terme de la première phase Anderlecht quitte la scène la tête haute Hugo Broos : « C'est injuste et cruel » LE MATCH Un penalty, rien de plus ! BAYERN MUNICH 1 ANDERLECHT 0 Mons veut Doll et Ilic

Temps de lecture: 7 min

Ligue des champions - Un penalty sévère élimine les Bruxellois au terme de la première phase

Anderlecht quitte la scène la tête haute

* Comme à Lyon, Anderlecht, irréprochable, a été victime d'un penalty généreux. De plus, Anderlecht rate l'UEFA pour un seul petit but. Râlant !

JEAN-FRANÇOIS LAUWENS

envoyé spécial

MUNICH

Anderlecht a vu son rêve européen brisé mercredi soir à Munich. Bien qu'auteur d'un match irréprochable, Anderlecht est éliminé de la Ligue des champions et n'est pas non plus repêché en Coupe de l'UEFA pour un but, un but de trop encaissé à Glasgow ! Le Sporting est pourtant passé à un fifrelin du gros exploit. En fait, Anderlecht a livré un grand match et il a inspiré le respect en Bavière. Mais il a été victime d'un penalty idiot qui alimentera des regrets éternels.

Tout allait bien en effet jusqu'à la 42e minute. Les Bruxellois tenaient le choc face à un Bayern qui n'avait rien de l'irrésistible rouleau compresseur que l'on attendait. Les Anderlechtois maîtrisaient même plutôt bien leur sujet, jouant avec intelligence et application. Ils étaient presque arrivés à la moitié du chemin, à cette mi-temps au cours de laquelle Ottmar Hitzfeld aurait profité du retour au vestiaire pour sans doute faire monter un peu plus la pression auprès de ses joueurs, pas trop inspirés.

Puis il y eut cette stupide 42e minute quand, comme à Lyon, l'arbitre décidait de jouer un vilain tour à Anderlecht en accordant un penalty on ne peut plus léger à son adversaire. A Gerland, l'arbitre portugais avait vu une faute imaginaire de la part de Zitka sur Govou. A l'Olympiastadion, Kim Milton Nielsen a interprété comme une faute nécessitant une sanction exemplaire une petite poussée de Zewlakow sur Pizarro dans le rectangle. Makaay ne s'est pas privé de convertir ce coup de pied de réparation, la seule façon pour les Munichois de trouver enfin le chemin des filets.

Car, jusque-là, on l'a dit, Anderlecht n'avait pas failli dans sa tâche. Pouvant se contenter d'un nul sur la pelouse bavaroise, le Sporting avait, on le sait, décidé d'aligner un 3-5-2 comme face à Lyon. Le début de match des hommes de Hugo Broos ne ressemblait pas au calvaire qu'on pouvait craindre tant il est vrai que les Munichois éprouvaient des difficultés à mettre sous pression un Anderlecht irréprochable en défense, opiniâtre au milieu et plus mitigé devant (un Mornar présent, un Dindane nettement moins inspiré). Même si, tour à tour, Deschacht et Tihinen avaient dû interrompre en catastrophe des progressions allemandes, même si Zitka avait eu quelques arrêts à accomplir, la soirée n'avait rien pour les Mauves d'un cauchemar. Peu avant la mi-temps, un envoi mal cadré de Baseggio aurait même pu connaître un sort meilleur. Anderlecht avait tenu le premier quart d'heure, les 20 premières minutes, la première demi-heure, les minutes semblaient devoir s'égrener ainsi jusqu'au repos.

Cela, c'était la situation jusqu'à ce maudit penalty qui, d'un coup, changeait toute la donne. Avec un score de 1-0, le Bayern prenait la tête du groupe et Anderlecht descendait à la dernière avec une mission autrement plus difficile encore à accomplir que celle de préserver ce 0-0. Pour se qualifier, le Sporting devrait désormais marquer un but et il lui restait 45 minutes pour le faire. Jouable au vu de la première période, jouable aussi au vu de l'essai de Mornar à la reprise puis, quelques minutes plus tard, de sauvetage à même la ligne de Lizarazu sur une reprise de la tête de Dindane.

Devant un Bayern qui, jamais lors de cette première phase, n'a justifié sa qualification pour le tour suivant, Anderlecht continuait à pratiquer son jeu avec la même détermination. Un essai de Hendrikx capté par Kahn, un gros raté de Dindane le montraient : ce Bayern là était à prendre même si Zitka sauvait devant Sagnol. Mais rien n'y faisait : Anderlecht, dangereux jusqu'à la toute dernière seconde (un arrêt miraculeux de Kahn sur une reprise de Iachtchouk dans les arrêts de jeu), quitte la Ligue des champions et la scène européenne mais la tête haute, très haute !·

Hugo Broos : « C'est injuste et cruel »

Dépités, comme on s'en doute, les Anderlechtois l'étaient évidemment après une telle rencontre.

Je suis évidemment très déçu, disait Hugo Broos. Nous ne méritions jamais de perdre ce match. Nous sommes éliminés ici et à Lyon, sur deux penaltys. C'est un scandale flagrant. J'ai forcément envie de me poser des questions. Nous avons bien joué en première mi-temps, très bien en seconde. Nous avons dominé et obtenu des occasions. Se retrouver sans rien après cela est cruel et injuste. Je n'ai rien à reprocher à personne. Anderlecht rate en effet l'UEFA d'un but.

Mais, rétorque Franky Vercauteren, quand je vois notre match, nous n'avons pas notre place en UEFA mais en Ligue des champions ! Une telle occasion ne se représentera jamais. Kahn a sauvé le Bayern parce qu'il était le seul à son vrai niveau. Je ne veux en revanche pas polémiquer sur le penalty. J'ai vu une poussée fautive de la part de Zewlakow.

Le joueur polonais avouait d'ailleurs :

Je me sens très mal de savoir que nous sommes éliminés à cause de ce fait de jeu. Je me suis positionné pour gagner le duel, j'ai passé ma jambe et Pizarro s'est écroulé soudainement. Je n'ai jamais vu que l'on sifflait un penalty pour cela.

Pour Besnik Hasi, la meilleure équipe a perdu. Nous avons poussé le Bayern une mi-temps entière dans ses 16 mètres. Cela ne doit pas lui arriver très souvent. Cette rencontre indique que nous concrétisons trop peu d'occasions à ce niveau.

Walter Baseggio ne dit pas autre chose.

L'absence d'un buteur s'est fait ressentir durant cette campagne. Deux penaltys nous coûtent 6 points. Mais je suis content car l'équipe a bien grandi au cours de cette campagne européenne.

Comme le dit, en guise de conclusion, Michel Verschueren : L'avenir nous appartient ! Dire que c'était son dernier déplacement comme manager du Sporting d'Anderlecht !·

J.-F. Lws

LE MATCH

Un penalty, rien de plus !

6e mn. Rapide combinaison entre Zé Roberto et Pizarro, mais Deschacht contre in extremis le Péruvien.

7e mn. Sur le corner suivant, c'est la jambe de Zewlakow qui empêche Ballack de conclure de la tête.

21e mn. Bon centre de Salihamidzic, mais la reprise de Pizarro n'inquiète pas Zitka.

22e mn. Belle déviation de la tête de Ballack pour Pizarro, mais Zitka intercepte le ballon.

30e mn. Coup franc parfaitement situé pour Hargreaves, mais l'Anglais ne parvient pas à inquiéter Zitka.

33e mn. Passe profonde de Ballack pour Santa Cruz, qui perd son duel contre Tihinen.

35e mn. Coup franc rentrant de Hargreaves, qui passe juste devant les pieds de Ballack et Pizarro.

39e mn. Baseggio profite d'une approximation de Ballack pour armer une frappe puissante qui passe toutefois largement au-dessus du but.

42e mn. Centre de Salihamidzic vers Pizarro, qui est bousculé par Zewlakow dans le rectangle. Makaay transforme le penalty avec beaucoup de sang-froid : 1-0.

53e mn. Centre de Zé Roberto vers Makaay, dont la frappe est déviée en corner par Deschacht.

54e mn. Belle talonnade d'Aruna pour Mornar, mais la frappe du Croate passe à côté.

62e mn. Corner bien botté par Zetterberg : la reprise de la tête d'Aruna est repoussée à même la ligne par Lizarazu.

65e mn. Belle passe en profondeur de Baseggio pour Aruna, mais l'Ivoirien perd son duel avec Linke.

70e mn. Centre au cordeau précis de Wilhelmsson en direction d'Aruna, qui manque le ballon de quelques centimètres.

78e mn. Service parfait de Ballack pour Sagnol, mais la reprise à bout portant du Français échoue sur Zitka.

83e mn. Coup franc précis de Zetterberg vers le point de penalty, mais Aruna ne peut ajuster sa reprise.

BUT

42e mn : Makaay sur pen. (1-0).

REMPLACEMENTS

Bayern Munich : 66emn : Sagnol pour Zé Roberto ; 78emn : Schweinsteiger pour salihamidzic.

Anderlecht : 63emn : Wilhelmsson pour Zewlakow ; 79emn : Iachtchouk pour Hasi ; 86emn : Kolar pour Hendrikx.

CARTES JAUNES

Bayern Munich : Makaay.

Anderlecht : Tihinen, Zetterberg, Baseggio.

ASSISTANCE

52.000 spectateurs.

Mons veut Doll et Ilic

Doll. Les dirigeants de Mons rencontrent ce jeudi ceux d'Anderlecht afin de solliciter de leur part le prêt pour la seconde partie de la saison de plusieurs joueurs capables d'aider l'Albert à se sauver. Parmi eux figurent essentiellement les noms d'Ilic et de Doll, deux joueurs dont le contrat à Anderlecht expire en juin prochain. Reste à savoir si Mons a les moyens de s'aligner sur les tarifs anderlechtois voire éventuellement de proposer un contrat à plus long terme à des joueurs de ce calibre. Rappelons qu'Ilic a déjà été jugé trop cher par Lokeren et que des négociations avec Vitesse Arnhem existent mais sont actuellement au point mort.

Zane. Le staff médical attend une réponse du médecin australien du joueur quant au type d'opération au genou qui sera tentée sur Zane. Le cartilage de son genou gauche est tellement abîmé que l'on se dirige vers une greffe de cartilage provenant de son genou droit. (J.-F. Lws.)

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