La Une « David Nolande », alias Frédéric Diefenthal, nous plonge dans le thriller paranormal : Une série francophone haut de gamme

A l'annonce d'une nouvelle fiction francophone, on se prend parfois à soupirer d'avance. Un nouveau flic ? Un nouveau juge ? Une saga plus ou moins bien ficelée avec les mêmes ingrédients que d'habitude ? Le manque de créativité, d'imagination, est si souvent au rendez-vous... Et c'est là qu'on se prend la claque. Un « David Nolande » de six fois 52 minutes qui vous scotche au fauteuil parce que ça, c'est du jamais vu. Un thriller paranormal - coproduit par la RTBF, qui plus est.

Un bout de pitch pour y voir plus clair. Jeune créatif en vogue, David Nolande tue accidentellement une vieille cartomancienne en perdant le contrôle de son véhicule. Folie, malédiction ? Il est convaincu, en tout cas, par la menace d'un vieux gitan : « Il te faudra sauver beaucoup de vies pour une seule que tu as détruite. Si tu échoues, tu verras mourir un des tiens. » Et il entreprend de sauver d'une mort certaine des inconnus aperçus au gré de visions soudaines.

C'est rythmé, percutant, monté de façon surprenante. « David Nolande » a d'ailleurs reçu à la mi-septembre trois prix au Festival de la fiction TV de Saint-Tropez : meilleure série de prime time, meilleure contribution artistique (photo et effets spéciaux) et meilleure réalisation.

Cette série, qui renouvelle vraiment la fiction francophone, doit beaucoup au comédien qui porte le rôle principal : Frédéric Diefenthal. « C'est un de ces rôles avec lesquels vous entretenez un rapport passionnel », reconnaît-il. Un rôle comme seule la télé peut aujourd'hui en proposer ? « Je vais me faire des ennemis, mais pour moi, il est clair qu'il y a un problème avec le cinéma en France. On en est arrivé à une sorte de dictature, avec juste l'un ou l'autre réalisateur qui arrive à émerger et quelques vétérans qui persistent, genre Chabrol ou Costa Gavras - et ils rament pour faire leurs films. Tout ça parce que certains vieux veulent maintenir un cloisonnement entre le cinéma et la télé, qu'ils méprisent. Il faut qu'on en arrive, comme aux Etats-Unis, à une situation où les producteurs font de tout, avec une égale passion. En attendant, c'est clair, comme la télé produit beaucoup, notamment des fictions, c'est là qu'on trouve aujourd'hui la plus grande liberté de travail. »

Il n'a pas sa langue en poche, Frédéric Diefenthal - rendez-vous dans notre supplément Zap du week-end prochain pour en lire plus. Surfant entre télé, cinéma et théâtre, il est l'exemple type du comédien nouvelle génération. « Une chose est sûre : je n'échangerais pas David Nolande contre un film, même un film que j'adore. »

« David Nolande », la Une, 21 h 25